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Pour la République Sociale, PRS regroupe des femmes et des hommes de gauche impliqués dans des engagements associatifs, syndicaux ou politiques différents. Ils font fonctionner collectivement l'association comme un outil de formation, d'élaboration programmatique et d'action militante pour proposer le projet de la République sociale en France, en Europe et dans le monde. Ils contribuent ainsi à la formation d’une culture commune à gauche et à la construction indispensable d’une nouvelle unité de la gauche ainsi qu’à la rénovation du fonctionnement et du programme des partis qui la constituent.
 




















          Le nouveau traité européen



                                                                          


 
Dernier livre de Jean Luc Mélenchon.
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 12:37

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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 13:08

Meeting front de gauche



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Par PG
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 13:01
Dès sa fondation, le Parti de Gauche n'a pas caché l'importance qu'il accordait au congrès fondateur du NPA. Ce dernier clôturait en effet ce week-end un cycle de congrès susceptibles de dessiner une nouvelle donne dans la gauche française. La crise du système capitaliste, et les périls qu'elle révèle toujours plus crument, n'a fait que renforcer l'importance de ces rendez-vous politiques. Les congrès du PCF en décembre et du PG fin janvier ont joué leur rôle en donnant corps au Front de Gauche pour changer d'Europe. Plusieurs mouvements politiques ont depuis dit leur intérêt pour cette construction. Dans le même temps, NPA, PCF et PG ont, avec sept autres mouvements, tenu à soutenir les mobilisations sociales, à commencer par la grève interprofessionnelle du 29 janvier, en signant un texte comprenant un ensemble de mesures pour l'emploi, les salaires, une autre répartition des richesses et contre les licenciements. Deux cadres unitaires qui illustrent notre conception d'un Front politique permanent contre la droite, à la fois dans la rue et dans les urnes. Acteur évident du Front social tel que l'a dessiné l'appel « Ce n'est pas à la population de payer la crise », le NPA allait-il répondre de la même manière à notre proposition de forger avec nous le Front de Gauche aux Européennes ? Tel était pour nous l'enjeu principal de ce congrès fondateur comme en ont témoigné « l'adresse au Front de Gauche » adoptée lors de notre propre congrès et le message que nous avons envoyé à ses délégués. Premier constat : ceux qui nous disaient depuis des semaines que le NPA allait balayer d'un revers de main cette proposition en sont pour leurs frais. L'unité des forces disponibles pour rompre avec la logique capitaliste aux élections européennes, et plus précisément le Front de Gauche, ont constitué l'enjeu principal des débats de ce congrès. La conclusion n'est pas non plus celle que ces observateurs attendaient... Certes, l'amendement à la résolution européenne la plus proche de la logique dessinée par le Front de Gauche a été rejeté, mais le texte majoritaire s'est finalement infléchi vers une ligne plus unitaire que prévu puisque le NPA se dit prêt à « explorer immédiatement » un accord durable, y compris pour les élections européennes. Il n'y a donc plus d'obstacle à la réunion conjointe que nous allons proposer au NPA avec le PCF dans les jours à venir afin d'étudier les conditions qui rendraient possibles un tel rapprochement. Mais nous voulons poursuivre ce dialogue avec la méthode qui est la nôtre depuis que nous œuvrons à cette alliance : sans mise au pied du mur, fraternellement, mais avec franchise et transparence. C'est pourquoi nous disons qu'à côté des ces points évidemment positifs, ce congrès fondateur a également envoyé des messages plus inquiétants quant à l'issue de notre démarche unitaire. Nous n'avons pas vécu comme de bons signes, même si ils ont été minoritaires, plusieurs interventions très sectaires qui ont fleuri dans la commission Europe du samedi matin, ni la volonté évidente de faire disparaitre plusieurs des animateurs les plus importants de la sensibilité « unitaire » de la première instance de direction pourtant large du NPA. Mais l'essentiel est que l'unité aux Européennes reste à priori envisageable pour le NPA. Nous aborderons donc les discussions avec ce parti avec la ferme volonté de parvenir à un terrain d'entente. Et donc avec l'espoir que certains des points contenus dans la « résolution Européennes » et qui définissent le « cadre » de l'unité pour le NPA soient des propositions pouvant évoluer et non des conditions prétextes placées là pour justifier à l'avance l'échec de la démarche. Il est vrai que la question de la sortie du « nucléaire », seule mesure aussi précise soumise dans ce cadre, interroge : si elle n'est pas du ressort de la politique de l'Union Européenne, on sait par contre qu'elle constitue un des points de divergence le plus évident entre les forces susceptibles d'intégrer le Front. Tout comme le préalable d'un accord durable dépassant le cadre des prochaines élections - une méthode qui n'a jamais été utilisée par la LCR - pour intégrer les échéances des régionales. Nous avons évidemment lu la volonté d'indépendance vis-à-vis du PS qui va avec. Si elle consiste à refuser de participer à un gouvernement ou tout autre exécutif dominé par ce parti et appliquant son programme social-libéral, nous pourrons alors mettre en débat les conditions pratiques qui permettraient d'avancer. S'il s'agit de définir à l'avance cette indépendance comme un principe, quelque soit le cas de figure et quelque soit le rapport de force, cela risque fort d'annihiler toute chance de rassembler un jour une majorité de gauche sur un programme clairement en rupture avec la logique capitaliste. Or, si nous sommes bien sûr convaincus que placés à la tête d'un gouvernement nous ne pourrions appliquer une telle politique de rupture sans mobilisation sociale le soutenant, nous ne connaissons pas d'autre voie que celle du suffrage universel pour y accéder démocratiquement.
Par Parti de Gauche
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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 11:14
I - L'ENJEU DES PROCHAINES ELECTIONS EUROPEENNES I - 1 - La crise du capitalisme mondial est un révélateur impitoyable : l'Union Européenne devrait être la solution, elle est le problème. L'Union Européenne (UE) s'est empêchée par ses propres règles de prendre des mesures à la hauteur de la situation. Bloquée par un budget étriqué, l'interdiction de déficit budgétaire et l'impossibilité d'emprunter, son « plan de relance » n'a été qu'une opération de communication reposant sur des plans de relance nationaux relevant de logiques économiques différentes. En fait, les politiques libérales menées au niveau de l'UE et des Etats sont mises en accusation par la crise actuelle du capitalisme. Les déréglementations, la libre circulation des capitaux, le libre-échange, la concurrence « libre et non faussée », la suraccumulation des profits par la surexploitation du travail, la négation des services publics, l'interdiction de toute solidarité et de toute redistribution, sont les racines de l'effondrement d'un système qui aggrave les inégalités et détruit l'environnement. L'inanité des règles actuelles de l'UE apparaît en pleine lumière. Les Etats eux-mêmes s'exonèrent de leur respect, au moment même où ils prétendent les graver dans le marbre du Traité de Lisbonne : déficit budgétaire, aides publiques aux entreprises, etc. I - 2 - Face à la grave crise écologique, l'impasse libérale de l'Europe produit la même impuissance. L'échec en décembre 2008 des négociations autour du « paquet énergie-climat » est à ce titre édifiant. L'accord trouvé par Nicolas Sarkozy correspond au pire scénario imaginé : les 2/3 des réductions de gaz à effets de serre (GES) pourront se faire hors du territoire européen, par des compensations carbone. Le principe « pollueur payeur », en plus d'être insuffisant, ne s'appliquera quasiment pas, puisque les quotas de « droits à polluer », dont nous contestons le principe même, seront gratuits pour les industries de nombreux pays. Aucun système de sanctions efficace ne sera mis en place pour inciter les pays à tenir leurs engagements. Enfin, l'UE ne soutiendra pas les efforts des pays en développement pour limiter leurs émissions de GES. I - 3 - Les prochaines élections européennes de juin 2009 doivent donc être l'occasion d'affirmer la nécessité et l'urgence d'une réorientation radicale des politiques de l'Union européenne. Nous voulons en faire la base de départ de la refondation d'une « autre Europe », démocratique, laïque, sociale, écologique, solidaire, pacifique. Une Europe qui propose un nouveau projet de développement, un « alterdéveloppement ». Il est vraisemblable que les défenseurs de l'Europe actuelle chercheront à escamoter le débat pour masquer les impasses de leurs orientations. Pour le PG au contraire, ce doit être le moment d'une intervention citoyenne approfondie sur le bilan et de nouvelles perspectives pour la construction européenne. Il s'agit aussi de riposter par le vote populaire au procédé scandaleux, et pourtant légal, utilisé par Nicolas Sarkozy ; celui-ci, en utilisant les mécanismes anti-démocratiques de la Vème République, avec la complicité d'une centaine de parlementaires socialistes, radicaux et verts, et la quasi-totalité des parlementaires UMP, a fait voter par le Parlement le traité de Lisbonne, réplique de la Constitution rejetée par référendum en 2005. A l'heure où 80% des lois votées en France sont des transcriptions de directives européennes, le PG fait de la dénonciation de cette forfaiture un enjeu essentiel. I - 4 - Pour cette campagne, nous avons un mandat du peuple. Lors du référendum du 29 mai 2005, le peuple français a rejeté la constitutionnalisation de ces orientations libérales. Cinq peuples seulement ont été invités à se prononcer par référendum ; trois ont rejeté ce traité : la France, les Pays Bas et l'Irlande. Ces expressions de la souveraineté populaire ont été bafouées. A peine les urnes refermées, les dirigeants des gouvernements et de l'UE n'ont eu de cesse de nier le sens de ce vote et de poursuivre les orientations libérales. Cette élection sera donc l'occasion d'exiger le respect du « NON au TCE » exprimé par le peuple français en 2005, de faire le référendum dont nous avons été privés en disant « NON au Traité de Lisbonne » , et de développer nos propositions alternatives. I - 5 - Nous devons assumer le sens du Non de gauche. En rejetant la constitutionnalisation des politiques libérales, nous avons dit Non à une Europe qui n'est ni sociale ni démocratique. Le rejet du TCE n'était pas, majoritairement, un rejet de l'idée européenne comme l'ont prétendu les gouvernements ou la Commission européenne et leurs relais. C'était un rejet des politiques néo-libérales mises en œuvre dans le cadre de l'UE : « concurrence libre et non faussée », libéralisation et mise en concurrence des services publics, opacité des prises de décisions, refus de la directive de libéralisation des services (Bolkenstein)... C'est bien parce que le Non français avait la portée subversive d'une exigence de construction d'une autre Europe qu'il fût tant dénigré, qualifié de nationaliste et populiste ; alors que ce sont bien les questions sociales et démocratiques portées par la gauche du Non qui avaient été au cœur du débat référendaire dans notre pays. I- 6 - Dans la même perspective, les Français voient de plus en plus le lien étroit entre les politiques nationales et les politiques européennes. La contre-révolution menée en France par Nicolas Sarkozy et le patronat vise à rattraper le « retard » pris par notre pays vis-à-vis des autres pays de l'UE dans la libéralisation du système économique et social. Les luttes de résistances et les particularités de « l'exception française » avaient permis de freiner ces évolutions. Nicolas Sarkozy utilise la crise économique pour justifier la poursuite de ces politiques qui sont responsables du désastre. Cette élection sera donc aussi l'occasion de dire « NON à Nicolas Sarkozy et à sa politique » et de dire « OUI à une politique de gauche ». I - 7 - Notre refus du TCE s'est appuyé sur la conviction qu'une autre Europe est nécessaire et possible. En ces temps de crise économique profonde, instruits par l'histoire du XXème siècle des dangers et des tensions qu'elle peut créer au sein des pays et dans les relations internationales, nous voulons construire une Europe à laquelle les peuples puissent adhérer car elle disposera des outils politiques pour répondre à leurs attentes. II - RASSEMBLÉE, LA GAUCHE DE TRANSFORMATION PEUT GAGNER EN FRANCE II - 1 - En proposant la stratégie du Front de Gauche pour les élections européennes, le PG veut le rassemblement de toutes les énergies de la gauche du Non qui ont permis la victoire lors du référendum sur le TCE et toutes celles et ceux qui depuis ont décidé de s'opposer à la vision libérale de l'Europe. L'objectif est de battre tous les partisans de l'Europe libérale du Traité de Lisbonne. De cette façon il s'agit à la fois de battre la droite et de bouleverser la donne à gauche. II - 2 - Cette campagne sera l'occasion en France et en Europe de réfuter deux postures politiques : - d'une part, la résignation voire le soutien actif de la social-démocratie à la construction libérale de l'Europe, illustrée par son adhésion au Manifeste européen du Parti Socialiste européen (PSE), le « Manifesto », qui accepte et vante les mérites du Traité de Lisbonne. En plaçant ses propositions sous le slogan « Les citoyens d'abord », et en ne remettant pas en cause un traité anti-démocratique, le PSE prolonge de fait ses pratiques de double langage, de compromissions, voire de cogestion, avec la droite du Parlement européen et de la Commission. - d'autre part, l'environnementalisme, qui se dit ni de droite, ni de gauche, et veut faire croire qu'on peut répondre à la crise écologique sans rompre avec les logiques de profit et de concurrence du capitalisme et du productivisme, et qu'on peut faire l'économie d'un changement de système et de modes de consommation. II - 3 - Pour s'inspirer de la dynamique victorieuse de 2005, il faut combiner une double dimension : un accord national entre les différentes forces politiques sur un programme et sur une stratégie, et des structures de mobilisation et de soutien permettant l'engagement de dizaines de milliers de militants syndicalistes, associatifs, citoyens... Des appels convergents existent déjà en ce sens. C'est le sens du « Front de Gauche ». Le Parti de Gauche en a fait sa première proposition politique dès sa création. Le Parti Communiste a confirmé en congrès cette orientation adoptée par son conseil national. Les Alternatifs ont exprimé la même volonté. D'autres forces de gauche, que nous espérons les plus nombreuses possibles, devraient pouvoir les rejoindre prochainement. Le MRC, le NPA, le POI notamment discutent de cette proposition. Enfin l'appel lancé par le journal Politis confirme l'aspiration à cette unité de la Gauche du Non pour ces élections européennes. Le PG ne ménagera pas ses efforts pour y parvenir. Le Front de Gauche établira son propre programme, à partir des discussions des forces qui le constituent. Le PG ne met que deux conditions à la participation au Front : le rejet public du Traité de Lisbonne la participation des députés du Front de Gauche au même groupe, indépendant de la droite et du PSE au Parlement européen III - FACE A LA MONDIALISATION CAPITALISTE, NOUS AVONS BESOIN D'UNE AUTRE EUROPE : III - 1 - La construction d'une autre Europe est pour nous, un enjeu particulièrement décisif. Face à la mondialisation capitaliste, face à la puissance agressive des Etats-Unis, nous avons besoin d'une Europe politique capable de nous donner prise sur les affaires du monde, de reconquérir des capacités d'action publique à une échelle efficace. La réorientation des politiques européennes peut être un atout pour épauler des politiques progressistes élaborées à l'échelon national et pour promouvoir un « alterdéveloppement », qui dépasse le système capitaliste et remette l'intérêt général au premier plan. Nous devrons mettre en avant à l'échelle européenne de nouveaux indicateurs de richesse qui permettent de mesurer les contours d'une société fraternelle, laïque, juste, sociale, équitable et écologique. Ce nouveau modèle induira des choix, avec nécessairement la diminution voire l'arrêt de certains secteurs d'activité (notamment les plus polluants ou les plus discutables pour l'intérêt général comme l'armement) et l'augmentation de nouveaux secteurs (permettant de répondre aux besoins actuellement non satisfaits). III - 2 S'il est un domaine où s'imposent une pensée et une action qui ne s'arrêtent à aucune frontière, c'est bien celui de la mise en œuvre des politiques écologistes pour éviter la catastrophe qui s'avance. Nous avons donc besoin d'une autre Europe pour mettre en œuvre des politiques écologistes coordonnées et pour peser dans le débat mondial, face aux Etats Unis et aux blocages des multinationales. Pour cela, il faudra en finir avec les logiques productivistes de profit et de concurrence, et éviter les pièges du « business vert ». Nous voulons une Europe en pointe sur la définition et la mise en œuvre d'une planification écologique européenne. Une planification écologique européenne sera le moyen d'organiser la transition de notre mode actuel de développement vers l'« alterdéveloppement ». Elle permet à la fois de mener la bataille culturelle contre la société du tout consommation et d'organiser la réorientation des activités de production et de notre mode de développement. La création d'un pôle public européen de l'énergie sera un outil central. Nous nous engagerons à tenir un objectif de réduction des émissions domestiques de GES de l'UE d'au moins 30% d'ici 2020. Cette ambition passera notamment par la mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone, l'augmentation massive des investissements en recherche et développement dans le secteur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, des mesures en faveur de la sobriété en matière de consommation énergétique, la réorientation des aides de la PAC en faveur d'une agriculture génératrice de produits de qualité et respectueuse de l'environnement, tournée vers la satisfaction du marché intérieur dans le cadre d'un nécessaire processus de relocalisation de la production, tout en agissant pour une sortie réfléchie et progressive des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre et du nucléaire. III - 3 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour développer un modèle social façonné par les luttes ouvrières et démocratiques et renforcé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : réglementations du travail, protections sociales, services publics, Etat social redistributeur. Pour cela, il faudra tourner la page des orientations libérales des traités européens qui refusent une harmonisation vers le haut des règles sociales par la loi européenne et choisissent un alignement vers le bas par la concurrence « libre et non faussée ». L'Europe sociale que nous voulons intègrera les conventions démocratiques et sociales internationales existantes. Elle énoncera et concrétisera des droits sociaux fondamentaux, instituera un droit social européen contre les logiques de concurrence et de dumping. Elle respectera le principe de non-régression : aucune mesure européenne ne pourra remettre en cause les droits sociaux reconnus par telle ou telle législation nationale. Elle fixera des normes sociales minimales et organisera leur convergence par le haut pour renforcer les protections juridiques accordées aux travailleurs. Un budget communautaire significatif permettant de réduire véritablement les inégalités entre Etats membres sera mis en place. Faute de cela, les nouveaux membres n'ont que le faible coût de leur main d'œuvre et leur fiscalité attractive pour le capital pour assurer leur insertion compétitive dans l'UE et attirer les investissements. Le dumping social et les délocalisations fournissent au patronat les armes de la régression sociale pour faire baisser le « coût du travail » et augmenter encore ses profits. Le dumping fiscal pousse les Etats à réduire l'imposition sur les entreprises pour lutter contre les délocalisations diminuant ainsi leurs recettes fiscales, appauvrissant les budgets publics et conduisant à la réduction des dépenses publiques. C'est l'Etat social qui continue à être démantelé. La logique d'un « marché unique où la concurrence est libre et non faussée » interdit de construire vraiment l'Europe. III - 4 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour mettre en œuvre une politique coordonnée de lutte contre le chômage et la précarité et une politique industrielle tournée vers l'avenir. Pour cela, il faudra s'extraire des orientations libérales : politique monétaire restrictive conduite par une Banque Centrale Européenne indépendante de tout contrôle politique, dont les statuts, obnubilés par l'inflation, oublient la lutte contre le chômage, politique budgétaire étouffée par les critères de Maastricht et l'actuel Pacte de stabilité, incitation à une flexibilité accrue du marché du travail. Il faudra aussi en finir avec les règles qui interdisent systématiquement les subventions publiques aux entreprises et les rapprochements et coopérations entre entreprises, sous prétexte qu'elles conduiraient à un abus de position dominante faussant la concurrence dans tout ou partie du marché intérieur ! L'Europe de l'emploi que nous voulons favorisera une relance de l'activité économique par l'augmentation des salaires et des investissements publics pour une croissance socialement utile, écologiquement responsable, créatrice d'emplois. À cet effet, le Pacte de stabilité sera dénoncé et il sera mis fin à l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, dont les statuts et les missions seront révisés. Une réduction simultanée du temps de travail permettra de créer des emplois, tandis que des dispositifs seront instaurés contre les licenciements collectifs et les délocalisations. Un développement de l'économie sociale et solidaire sera favorisé. Une politique de grands travaux sera mise en œuvre en matière de réseaux transeuropéens de transport et d'énergie, de recherche et développement des technologies nouvelles, de logement, de rénovation urbaine, de transports collectifs. Une politique industrielle coordonnée permettra de mettre en œuvre les projets d'avenir qui requièrent des investissements de dimension européenne. Une nouvelle politique agricole permettra de rompre avec la course au productivisme et favorisera une agriculture paysanne créatrice d'emplois. III - 5 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour des services publics nationaux de qualité et pour construire de grands services publics européens de réseaux permettant notamment de maintenir le principe de péréquation tarifaire. Pour cela, il faudra tourner la page des orientations libérales qui soumettent les « services d'intérêts économiques généraux » à la concurrence et conduisent à leur démantèlement. L'Europe des services publics que nous voulons stoppera les libéralisations en cours, engagera une évaluation publique des conséquences sociales des libéralisations passées et effectuera les réorientations nécessaires au renouveau des services publics. La coopération permettra l'émergence de services publics européens dans les transports, l'énergie, les télécommunications, l'eau... Les politiques d'aménagement du territoire devront être cohérentes à tous les niveaux : européen, national et local, pour préserver des services publics de proximité (poste, éducation, santé...). Ces services doivent trouver une place centrale dans le droit fondamental de l'Union et être placés hors du champ de la concurrence. Cela suppose de les exclure des négociations commerciales internationales du ressort de l'OMC, comme l'AGCS « Accord Général sur le Commerce des Services ». III- 6 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour stopper la montée des communautarismes, la multiplication des références à des « origines » ou à des racines indépassables et la doctrine néfaste du « choc des civilisations ». L'Europe laïque que nous voulons sera soucieuse de séparer le politique et le religieux. Nous considérons que les religions n'ont pas à réglementer la sphère publique, que la foi n'a pas à fonder la loi. La loi, qui doit valoir pour tous les citoyens, ne saurait se réclamer d'une croyance, pas plus qu'elle ne saurait se réclamer d'un particularisme quelconque. Une Europe laïque ne saurait donc instituer les religions comme référence et leurs représentants comme interlocuteurs privilégiés. D'une façon plus générale, une Europe laïque est résolument opposée à toutes les formes de communautarisme : elle ne reconnaît que les citoyens et leurs représentants élus. Fonder l'Union européenne sur le principe de laïcité revient, par conséquent, à la considérer exclusivement comme une association politique également respectueuse des femmes et des hommes qui la composent. Considérer l'Union européenne comme un espace culturel, géographique, historique ou religieux est une façon de la communautariser et de porter atteinte au principe de laïcité. Il n'est pas concevable de fonder l'UE sur autre chose que des principes politiques communs. III - 7 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour faire prévaloir de nouvelles règles du jeu dans l'économie mondiale. La crise en souligne l'urgence pour encadrer la finance et le commerce mondial. Pour cela, il faudra rompre avec l'interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux, des marchandises et des services. L'Europe de la solidarité que nous voulons s'opposera à l'inégalité croissante qui résulte de la libéralisation effrénée. Cela suppose de contredire partout les normes édictées par les multinationales, le G8 et les institutions financières internationales. Cela implique, entre autres : de remettre en cause la logique et le mode de fonctionnement de l'OMC ; de subordonner les normes commerciales aux normes sociales, sanitaires et environnementales ; de lutter contre les paradis fiscaux et judiciaires ; de mettre en place une taxe de type « Taxe Tobin » d'empêcher la confiscation des biens naturels et la marchandisation du vivant par les multinationales ; d'établir les relations Nord-Sud sur la logique du co-développement, ce qui implique en premier lieu que les peuples et les nations redeviennent maîtres de leurs richesses naturelles et que leur droit à la souveraineté alimentaire soit garanti ; d'annuler la dette des pays du Sud et d'augmenter de façon quantitative et qualitative l'aide au développement et mettre en place son contrôle par une institution démocratique; de refonder les institutions internationales ; d'abonder le fonds de développement culturel à destination des pays du Sud prévu dans la Convention pour la diversité culturelle de l'UNESCO. III - 8 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour construire une alternative pacifique à la mondialisation capitaliste, injuste et belliciste. Pour cela, il faudra rompre avec les orientations actuelles. Celles-ci mettent en concurrence les peuples au détriment de l'émergence des solidarités et d'une conscience collective européenne ; elles tournent le dos à l'indépendance politique de l'Europe en soumettant sa politique de défense à l'Otan dominée par les Etats-Unis ! L'Europe de la paix que nous voulons agira partout pour la résolution juste et pacifique des conflits, particulièrement au Moyen Orient aujourd'hui. Elle bannira tout soutien et toute intervention militaire au profit de régimes dictatoriaux et autoritaires ; elle coopérera avec les sociétés civiles. Elle agira partout en faveur du désarmement et de la paix, de l'abaissement des budgets militaires et d'un processus de dénucléarisation, en s'opposant à la dissémination et à la banalisation des armes nucléaires et de destruction massive conformément aux engagements internationaux (TNP, AIEA). Elle rompra avec la politique agressive développée notamment par les États-Unis, et s'émancipera du cadre de l'OTAN, qui ne doit en aucun cas être tenue pour une institution européenne. Les troupes de pays membres de l'UE intervenant dans ce cadre sur divers théâtres d'opération (Afghanistan, Irak...) doivent être retirées. Notre engagement sur ce point signifie clairement que nous nous prononçons pour le retrait des troupes françaises hors d'Afghanistan. III - 9 - Nous avons besoin d'une autre Europe dans laquelle les peuples puissent se reconnaître. Ces derniers ne s'inscriront pas dans un projet - centré sur le marché et la concurrence généralisée - élaboré dans l'opacité de négociations et de tractations incapables de dégager un intérêt général européen répondant à leurs attentes. La refondation démocratique et institutionnelle doit accompagner les réorientations économiques et sociales. L'Europe démocratique que nous voulons sera celle de la réappropriation par les peuples de leur avenir. III - 10 -Changer l'Europe doit être l'enjeu de luttes politiques et de mobilisations sociales et altermondialistes. Les propositions et orientations ci-dessus constituent le cadre possible d'une autre Europe. Elles peuvent être autant d'axes de lutte dans l'Europe telle qu'elle est. Les mouvements sociaux, les forces antilibérales et anticapitalistes européennes doivent continuer de lutter pour bloquer les offensives libérales et défendre une série d'exigences, de droits immédiats, face aux gouvernements et à l'Union Européenne actuels. Ces propositions et orientations ébauchent aussi une cohérence radicalement différente de celle suivie jusqu'à présent. Elles fournissent les éléments d'une refondation de l'Union européenne sur de nouvelles bases. Elles sont à nos yeux la seule chance pour que l'Europe devienne franchement l'affaire de tous les Européens. Notre internationalisme s'incarne dans l'exigence d'une Europe progressiste ! IV- POUR UNE REPONSE EUROPEENNE IMMEDIATE ET FORTE FACE A LA CRISE. Le changement politique profond nécessaire en Europe sera la résultante de luttes politiques et sociales et d'une évolution des rapports de forces. En effet, comme nos propositions visent à s'émanciper du capitalisme, elles se heurtent donc frontalement aux intérêts des classes dominantes en Europe. Il faudra donc combiner des ruptures en France avec les règles de l'Union et des mobilisations en Europe et à l'international autour d'objectifs communs. Il y a donc une forte complémentarité entre les luttes politiques menées à l'échelon national et celles qui le seront au niveau européen. Nous allons au Parlement européen pour engager des ruptures. Si nous gagnons ces élections, il paraît possible de revendiquer les ruptures immédiates dont les européens ont besoin pour faire face à la crise, et que les traités actuels et a fortiori le traité de Lisbonne ne permettent pas : D'abord parce que les gouvernements européens se sont déjà affranchis des règles qu'ils se sont fixées dans leurs traités. Nous pouvons réclamer la même démarche pour des ruptures partielles. Ensuite parce que notre victoire en France et en Europe serait la conséquence d'un important mouvement populaire impossible à ignorer. Nos députés européens agiront simultanément au sein du Parlement de l'UE, mais aussi en faisant pression sur le Gouvernement français pour qu'il fasse évoluer ses positions politiques. Enfin parce que nous nous appuierons sur des mobilisations menées dans plusieurs pays européens qui obligeront les gouvernements nationaux à les prendre en compte. Dans ce combat, nous lutterons aux côtés d'autres partis de la gauche européenne et notamment Die Linke. Nous rechercherons aussi les convergences et coopérations avec les mouvements sociaux et altermondialistes en Europe. Cette méthode est impossible à assumer pour ceux, en particulier les membres du PSE, qui s'abritent déjà derrière la variété des configurations politiques et des institutions inadaptées pour dire que rien ne peut changer qu'à la marge. Nous porterons les premières ruptures qui permettront de répondre aux multiples crises. Pour répondre à la crise sociale Socle minimal européen de protection contre les licenciements collectifs: l'obligation sera affirmée de négocier, sur des propositions alternatives, avec les représentantes et représentants des travailleurs qui disposeront d'un droit de veto suspensif Instauration de l'obligation d'un salaire minimum interprofessionnel dans chaque pays de l'UE en fonction du niveau de richesse par habitant. Une procédure de convergence vers le haut sera établie. Reconnaissance du droit de grève européen et interdiction de la confiscation par les patrons des moyens de production, ou «lock-out». Lancement d'un plan de grands travaux pour les modes de transports les moins polluants, dont le train pour les voyageurs et les marchandises, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique des bâtiments Retrait de la directive Bolkenstein, qui institutionnalise et développe le dumping social avec le principe du «pays d'origine»et abandon définitif dela proposition de la Commission visant à autoriser la semaine de 65 heures. Soutien à l'économie sociale et solidaire. Pour répondre à la crise économique et financière Abandon de l'actuel Pacte de stabilité et assujettissement de la BCE à une politique économique de relance. Augmentation du budget européen et autorisation d'emprunts pour assurer des interventions publiques conséquentes et garantir la solidarité entre pays. Lancement d'un plan d'investissement dans la recherche à l'échelle européenne, à la fois dans la recherche fondamentale, scientifique, universitaire et académique, et dans la recherche appliquée et le développement des technologies nouvelles. Mise en place d'un bouclier douanier européen, permettant de réguler les échanges commerciaux avec les pays extérieurs à l'UE en fonction d'exigences sociales et environnementales et dans l'intérêt mutuel de tous les peuples. Il ne s'agit pas d'empêcher les importations et de s'opposer au développement des pays pauvres mais de lutter contre les pratiques de dumping et de délocalisation des multinationales Suspension des directives imposant la mise en concurrence des services publics et arrêt des privatisations. Lutte contre les paradis fiscaux, abrogation des clauses interdisant toute restriction aux mouvements des capitaux et mise en place d'un dispositif d'harmonisation fiscale et d'une taxe de type «Tobin» sur les mouvements de capitaux spéculatifs Pour répondre à la crise environnementale Augmentation massive des investissements en recherche et développement dans le secteur des énergies renouvelables. Arrêt des cultures destinées aux agrocarburants. Création du pôle public européen de l'énergie. Planification d'une sortie progressive et réfléchie des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre et du nucléaire. Mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone. Moratoire sur la commercialisation et la mise en culture des OGM. Réorientation des aides de la PAC vers une agriculture locale, paysanne et vivrière respectueuse de l'environnement. Pour répondre à la crise démocratique Abandon du processus de ratification du traité de Lisbonne Arrêt du processus d'élargissement tant que les institutions n'auront pas été démocratisées et que les droits sociaux n'auront pas été garantis Pas de nouveau traité européen sans référendum dans tous les pays de l'Union Pour répondre à la crise géopolitique Suppression du dumping que représentent les aides de l'Union européenne à ses exportations agricoles, et promotion du droit à la souveraineté alimentaire des pays dans les négociations internationales et dans les accords commerciaux bilatéraux. Rupture avec les politiques européennes de fermeture des frontières et leur arsenal de mesures relevant du "tout répressif" au mépris du droit et de la dignité de la personne humaine". Retrait de la « directive de la honte » et harmonisation vers le haut des droits des migrants ; droit de vote aux élections locales accordé aux résidents permanents étrangers dans les mêmes conditions que celles des résidents européens Retrait de tous les services publics et d'intérêt général, notamment éducatifs, ainsi que des biens culturels, du champ des négociations de l'Accord Général sur le Commerce des Services Initiative européenne pour l'annulation de la dette des pays pauvres Abandon du grand marché transatlantique prévu entre l'Europe et les Etats-Unis Sortie de l'OTAN Consolidation juridique du Code de conduite européen de 1998 en matière de contrôle des exportations d'armement pour le rendre contraignant à l'égard des membres Action européenne sur une réforme démocratique et multipolaire des institutions internationales. V - COMMENT CHANGER RADICALEMENT LE COURS DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE ? A/ QUE VOULONS NOUS ? V - 1 - Le cadre actuel de la construction européenne interdit la satisfaction durable des besoins sociaux et de l'exigence démocratique. Si l'on veut réorienter l'Union, il est nécessaire de mener de pair les ruptures économico-sociales et celles qui concernent les institutions. Les traités existants devront être remplacés pour permettre le libre déploiement d'autres orientations que celles imposées par la logique libérale aujourd'hui dominante. Car la logique libérale actuelle ne construit pas l'Europe. En mettant les peuples en concurrence, elle suscite au contraire les rejets et les replis nationalistes. L'orientation que nous proposons vise à construire vraiment l'Europe en faisant en sorte qu'elle soit l'affaire des Européens, qu'ils puissent définir ses finalités, et agir sur les mécanismes de sa construction. Dans ces conditions, une démarche de refondation démocratique est nécessaire. V -2. En effet, les politiques appliquées doivent traduire une volonté populaire majoritaire exprimée lors d'élections européennes. Avec un exécutif représentant et chargé de mettre en œuvre cette volonté populaire sous le contrôle du parlement européen, dans des domaines clairement définis par rapport aux Etats nations. Les institutions doivent reposer sur une citoyenneté européenne élargie, sur des droits d'initiative citoyenne renforcés, sur un renforcement des pouvoirs du Parlement européen pour réduire les prérogatives de la Commission, et sur une coopération plus solide avec les Parlements nationaux. Les députés européens s'engagent à une obligation d'assiduité et à rendre compte au cours de leur mandat de leurs actions et de leurs votes devant les citoyens de leur circonscription. V-3. Sur l'architecture des nouvelles institutions, nous sommes attachés au fait que, pour combiner la double réalité de l'Union et des Etats, il faut s'appuyer sur un double principe : La souveraineté populaire; elle suppose qu'en toute circonstance les citoyens interviennent sur les choix politiques, économiques et sociaux en élisant et contrôlant leurs représentants ou, de plus en plus, par leur participation directe aux procédures d'évaluation, de délibération et de choix. Une redéfinition politique des domaines de souveraineté (ceux qui sont propres à l'Union, ceux qui relèvent de la souveraineté nationale et ceux qui sont partagés) en fonction de nouveaux objectifs du projet européen et de la reconnaissance d'un intérêt général européen. L'Union ne se substitue pas aux Etats, mais joue d'abord un rôle de coordination, d'impulsion et d'harmonisation pour éviter le jeu désastreux de la concurrence, de l'inégalité et de l'impuissance et pour porter les nouvelles politiques dont nous avons dressé les contours. V- 4. Nous voulons que cette Europe démocratique dispose de tous les instruments d'intervention nécessaires à l'accomplissement des missions qui relèvent de sa compétence. En particulier, une nouvelle Charte des droits fondamentaux, se substituant à l'actuelle, de convergence par le haut des normes et intégrant la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (Ce que fait la Cour Européenne des Droits de l'Homme et pas la Cour de Justice de l'UE) sera élaborée démocratiquement et son application sera impérative pour tous les États de l'Union. Le principe de non-régression sociale, la coopération, la solidarité et la définition démocratique des besoins et des droits sociaux doivent, seuls, être des objectifs et des normes supérieures de l'Union. Le Parti de Gauche agira pour obtenir la parité dans toutes les instances de l'Union européenne et à tous les niveaux de responsabilité. B PAR QUEL PROCESSUS Y PARVENIR ? V -5- Le changement radical d'orientation dont nous sommes porteurs se heurtera inévitablement à la volonté des forces dominantes de poursuivre leur politique au service des multinationales et des marchés financiers. Nous savons qu'elles doivent être portées par des mobilisations capables de modifier le rapport de force. Elles doivent donc constituer des axes et des objectifs de mobilisation. Elles n'ont pas été et ne seront pas prises en charge par les gouvernements libéraux. Elles ne le seront pas non plus par les gouvernements dominés par les sociaux-libéraux. L'intervention des citoyens, des mouvements sociaux, du mouvement altermondialiste, de la gauche antilibérale et anticapitaliste créeront les conditions d'une nouvelle politique répondant aux besoins du plus grand nombre. Sur la base de ces propositions répondant aux intérêts des peuples, nous devons viser à construire un mouvement populaire européen susceptible de bousculer les résistances prévisibles et d'imposer une autre perspective. Les luttes politiques, syndicales, associatives à l'échelle européenne, le processus du Forum social européen sont des leviers de cette dynamique. Mais cela non plus ne saurait suffire. A l'objectif de rupture avec la construction libérale doit correspondre un processus de refondation démocratique marchant de pair. V-6. Selon les configurations et les rapports de forces que nous saurons créer, cette nécessaire refondation démocratique pourra prendre plusieurs formes : Nouveau Traité Fondateur ou Constitution. Ainsi que plusieurs formes d'élaboration : nouveau traité préparé par les gouvernements et nourri par des propositions du parlement européen et des parlements nationaux ; ou désignation au suffrage universel, après un large débat populaire dans chaque pays, d'une assemblée constituante. Une chose est certaine : un processus constituant, sans lequel aucune souveraineté populaire ne s'imposera à l'échelle européenne, ne pourra pas s'élaborer sans les peuples. Quelle que soit la formule finalement retenue, le résultat des travaux devra donc ensuite être soumis à référendum populaire dans tous les pays de l'Union. Nous savons que l'avenir institutionnel de l'Europe est une question que l'impasse du système actuel mettra de nouveau à l'ordre du jour. Il faut sortir du cadre des traités existants. La gauche tout entière devra y faire face et proposer des solutions concrètes et praticables. Evidemment, nos députés travailleront en lien avec toutes les forces politiques de gauche disponibles en Europe en vue de cet objectif. V-7. Chacune des hypothèses que nous avons avancées nécessite des conditions politiques initiales qui ne sont pas réunies à cette heure. Pour autant, nous les assumons pour désigner un horizon et une méthode : La République et la Souveraineté Populaire dans tous les domaines. V-8. Toute possibilité de mettre en œuvre une politique de transformation dans notre pays et d'agir pour commencer à changer l'Europe est-elle interdite sans la refondation globale préalable des Traités ? Poser ainsi la question risque de déboucher sur deux impasses : d'une part, réclamer cette refondation globale et, en attendant de l'avoir obtenue, se soumettre aux règles en vigueur ; d'autre part, faute d'espérer obtenir une telle refondation à un horizon prévisible, considérer qu'il n'est d'autre issue que de sortir de l'Union Européenne. Dans le premier cas, c'est la politique de transformation sociale dans notre pays qui serait sacrifiée ; dans le second, c'est un message de repli national dangereux qui serait envoyé dans un contexte de crise globale propice aux tensions internationales. Pour dépasser cette alternative binaire improductive, un gouvernement de gauche digne de ce nom combinera bataille politique pour une refondation globale fondée sur de nouveaux traités et ruptures partielles sur des questions jugées vitales pour la transformation sociale. Le gouvernement britannique a bien décidé de ne pas appliquer certaines directives sociales et a bénéficié de l'accord des autres partenaires pour cela. Un gouvernement de gauche devra mener bataille pour bénéficier de telles « exceptions » et refuser d'appliquer certaines directives libérales en choisissant des thèmes d'affrontement partiel (la mise hors concurrence de ses services publics par exemple) qui prolongent des mobilisations sociales nationales et européennes et qui puissent ainsi bénéficier d'une compréhension et d'un soutien populaire en France et en Europe. Ce serait alors aux autres gouvernements de dire si ces « exceptions françaises » justifient « l'exclusion » de la France. S'agissant d'un des principaux pays membre, on peut penser qu'ils hésiteraient à franchir ce pas et rechercheraient des aménagements comme ils le firent pour la Grande Bretagne... VII - LE PLAN D'ACTION DU PARTI DE GAUCHE POUR CES ELECTIONS EUROPÉENNES. VII - 1 -Le Parti de Gauche prépare une campagne active pour assumer le mandat que nous donne le vote du 29 mai 2005, permettre la montée en puissance et faire connaître le Front de Gauche, débattre de manière approfondie avec les citoyens pour convaincre de la pertinence de nos propositions et de l'utilité du vote en faveur de nos propositions. Pour cela, il faut entrer en campagne au plus tôt. Le Parti de Gauche doit tout à la fois poursuivre sa campagne sur les « réponses à la crise » et engager sa propre campagne « pour une autre Europe ». VII - 2 - Le Parti de Gauche prend tous les contacts nécessaires pour la constitution du Front de Gauche le plus large possible à tous les niveaux (du national au local) et pour le faire vivre avec des premières initiatives publiques : meetings, forum sur l'Europe, etc. VII - 3- Le Parti de Gauche a engagé rapidement avec ses partenaires les discussions sur la plateforme programmatique commune, la stratégie de campagne, la répartition des candidats dans les différentes circonscriptions entre les différents partis. VII - 4 - Le Parti de Gauche accentue sa présence dans les luttes européennes, combat les directives libérales et autres mesures inadaptées, dénonce les manœuvres en cours pour faire adopter le traité de Lisbonne de manière anti-démocratiques. Il se mettra en capacité de réagir publiquement à l'actualité européenne. VII - 5 - Avec le Front, des contacts sont pris avec les autres forces dont les élus se retrouvent au sein du groupe GUE/GNV pour envisager des initiatives communes, symboliquement fortes, pour donner corps à notre internationalisme et montrer les convergences possibles avec des forces politiques d'autres pays. VII - 6 - Des contacts sont noués avec le mouvement syndical européen, le mouvement altermondialiste et les réseaux de lutte et de solidarité européens pour échanger sur les convergences et complémentarités de nos actions respectives et illustrer les convergences possibles entre citoyennetés nationales et citoyenneté européenne. VII - 7 - Sur fond de crise économique, sociale et peut être politique, nous devons construire avec les forces de gauche politiques, syndicales, associatives une dynamique globale qui mobilise toute la société et motive les citoyens, pour susciter une nouvelle « insurrection civique » de même ampleur. Soyons à la hauteur de ce mouvement populaire qui commence à naître pour faire de ces élections une échéance historique en France et en Europe.
Par Parti de gauche - Publié dans : Déclaration et textes
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 16:25

entretien

Jean luc Mélenchon

Front de gauche contre eurolibéralisme

Pour Jean-Luc Mélenchon, dont le Parti de gauche tient son congrès la semaine prochaine, « un projet de rupture avec le capitalisme n’est pas compatible avec les traités européens en vigueur ».

L’année 2009 est pour vous celle de tous les dangers ?

Jean-Luc Mélenchon. Ce sera à coup

sûr une année terrible pour la France et pour le reste de l’Europe. Nous nous dirigeons à la fois vers une situation de tension sociale et économique sans précédent et vers une situation d’impuissance politique des gouvernements également sans précédent. Mais cette dernière résulte aussi de l’incapacité de la gauche à proposer une alternative.

Quel devrait être le rôle des partis politiques dans les mouvements sociaux tels que la journée du 29 janvier, qui semble une date déterminante pour la riposte ?

Jean-Luc Mélenchon. Il ne faut pas considérer le mouvement social comme un supplétif de l’action politique. Les partis doivent offrir une perspective politique aux actions. On entre plus difficilement dans la lutte quand celle-ci ne semble pas avoir de débouché politique. Le paysage est en train de bouger dans la mesure où les communistes et le Parti de gauche commencent à proposer une alternative qu’est le front de gauche, en rupture avec l’Europe libérale.

Mais au-delà du front uni pour les européennes, quel projet entendez-vous construire Die Linke à la française ?

Jean-Luc Mélenchon. Vous allez trop fort. Le front de gauche est inscrit dans une réalité politique, électorale, marquée par des rendez-vous. Un projet formulé dans le vide, sans tenir compte des étapes et des réalités politiques, serait sans issue. Quelle est la clé de la situation pour des gens qui croient à une transition démocratique ? Il faut d’abord vouloir une transition, si l’on se contente uniquement de la réformer à la marge…

Vous n’êtes pas un réformiste alors ?

Jean-Luc Mélenchon. Je n’accepte pas l’opposition révolutionnaire-réformiste. Se disent réformistes ceux qui veulent laisser entendre qu’ils ne toucheront à aucune des règles de base du capitalisme. Mais est-ce cela le réformisme ? Il existe des réformes radicales, comme, par exemple, constituer un pôle financier public en nationalisant toutes les banques. Il faut être en rupture avec le capitalisme. Pour que ce projet commence à prendre corps, il faut trouver les forces pour le porter. Ce projet-là n’est pas compatible avec les traités européens en vigueur. 80 % de nos lois sont transposées de directives européennes et 100 % de nos lois doivent être en accord avec les traités européens. Qui accepte ces derniers en accepte les conséquences nationales. C’est pourquoi ce n’est pas un acte artificiel que de dire que la constitution d’un front de gauche proposant une alternative à la situation actuelle en France commence par le refus du traité de Lisbonne. La domination sociale-libérale sur la gauche est un empêchement à la victoire de la gauche.

Comment entendez-vous renverser la domination sociale-libérale ?

Jean-Luc Mélenchon. Tout simplement en la battant sur le plan électoral. Le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste, appelé à succéder à la LCR) répond qu’il n’y a pas d’urgence à l’élection européenne et qu’il n’est pas envisageable de gouverner avec les socialistes. Or, il n’est pas question de gouverner sous la domination des sociaux-libéraux. Donc, pour cela, l’opinion, les citoyens doivent intervenir. Et ils peuvent le faire dans le cadre des élections européennes. Nous ne connaissons pas d’autres manières de renverser la tendance que le suffrage universel. Le front de gauche a pour vocation de battre la droite et de passer en tête de toute la gauche. Pour y arriver, il n’y a pas mieux que le rassemblement de toute l’autre gauche. Un rassemblement le plus large possible inclut tous ceux qui ont refusé clairement le traité de Lisbonne. Je suis opposé à tout accord avec le PS aux européennes, puisqu’il réclame la ratification du traité de Lisbonne dans son programme.

Die Linke, parti de la gauche allemande né de la fusion entre le PDS, de tradition communiste, et des sociaux-démocrates de gauche, est une formule politique à laquelle vous vous référez souvent. Est-elle un modèle pour vous ?

Jean-Luc Mélenchon. Il faut s’en inspirer, en effet. Pas le recopier, car c’est impossible. S’en inspirer sur ce qui est transposable : la rupture avec la social-démocratie et la constitution d’un front. Die Linke a commencé par être un front et il n’est devenu un parti fusionné que parce que la loi électorale allemande lui en a fait obligation. Donc rompons pour notre part, affirmons notre indépendance à l’égard de la social-démocratie et formons un front qui soit une alternative gouvernementale, je dis bien gouvernementale. Le projet politique du front à terme doit être de constituer une majorité pour gouverner le pays.

L’élection de Martine Aubry au poste de première secrétaire du PS ne marque-t-elle pas, du moins dans la volonté des militants, une volonté d’ancrer le parti à gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Le PS est traversé de toutes sortes de courants et de tentations, avouées ou cachées. Mais je n’oublie pas qu’il est un parti de gauche. Et il n’y a pas une majorité de gauche possible dans ce pays sans le Parti socialiste. La question est de savoir sur quelle orientation. Or, celle qui l’a emporté actuellement est celle de l’alignement de sa politique et de son programme gouvernemental sur les orientations de la social-démocratie européenne, laquelle repose tout entière sur l’acceptation du traité de Lisbonne. Le courant de Martine Aubry est classiquement social-démocrate de centre gauche. J’en veux pour preuve sa première déclaration disant que le PS se situe à gauche, mais demeure réformiste et que, pour elle, l’Europe est un projet en soi. Le mot réformiste est utilisé pour signifier que l’on ne touchera pas au capitalisme et le mot Europe est un signal pour dire qu’elle reste dans le camp du « oui », avec la droite, au traité de Lisbonne.

Vous souhaitez construire une majorité de gauche qui inclut le Parti socialiste, mais comment, dans ce cas, ne plus subir la domination sociale-démocrate ?

Jean-Luc Mélenchon. Il n’y a que deux manières de déplacer le centre de gravité : par l’intérieur du PS en essayant de le faire évoluer, j’y ai consacré vingt ans de ma vie, pour quel résultat ! J’en tire la leçon. La seconde possibilité est de passer par le débat public et par l’arbitrage des électeurs. C’est au peuple français et aux électeurs de gauche de régler le problème. Si l’autre gauche part éparpillée sans un minimum de plate-forme commune, je comprends que, comme à la présidentielle, les électeurs de gauche lui tournent le dos. Mais à présent le front de gauche n’est plus un projet mais une réalité : c’est le PCF plus le PG. Une réalité insuffisante certes, mais on ne peut reprocher ni aux communistes ni à nous-mêmes de vouloir rester en tête-à-tête. Ceux qui formulent ce reproche peuvent nous rejoindre ! Mais on ne doit pas minorer que le front existe. C’est un point d’appui essentiel !

Au-delà du front, comment envisagez-vous vos rapports avec le PCF. À terme, ne rêvez-vous pas d’une OPA sur ce parti ?

Jean-Luc Mélenchon. Non. Les relations sont d’autant plus faciles que le Parti communiste choisit d’être le Parti communiste. Chacun reste dans son identité. Le PCF se réclame de l’histoire du communisme et la prolongation de cette histoire dans l’avenir. Nous, nous sommes dans une logique de république sociale et de parti creuset, qui se donne comme objectif de reformuler l’idéal de gauche. Nous ne sommes pas en compétition avec le PCF, pas plus qu’avec le NPA. Il faut savoir combiner identité et unité. Il ne faut lâcher ni l’un ni l’autre terme. On se comprend bien avec le PCF à ce sujet aussi.

Comment expliquez-vous que le NPA veuille jouer cavalier seul pour les européennes ?

Jean-Luc Mélenchon. La discussion n’est pas terminée entre eux sur cette question. Les camarades du NPA disent qu’ils veulent créer un parti révolutionnaire. Ce n’est pas notre problème. Nous, nous proposons un front, constitué forcément de militants et d’opinions différents. Souvent le NPA met en avant ce qui nous distingue et parfois nous oppose. Il ne fait là que constater une évidence, sinon nous serions tous dans le même parti. J’espère que la rencontre que nous avons eue avec le NPA aura contribué à dissiper les malentendus. Je suis certain que nous pouvons aboutir dans le respect de chacun.

Entretien réalisé par Mina Kaci et Rosa Moussaoui

 

 

Par PG 21 - Publié dans : Presse
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 15:41
Communiqué du Parti de Gauche
Le Parti de Gauche, qui a manifesté samedi dernier contre les bombardements israéliens à Gaza, s'oppose fortement à toute exploitation de ce conflit visant à le transformer en affrontement communautaire dans notre pays et ailleurs. Il condamne avec la plus grande fermeté les actions antisémites qui ont augmenté depuis le début de l'offensive israélienne notamment l'attaque subie par une synagogue à St Denis
Par parti de gauche - Publié dans : Déclaration et textes
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 12:58

CONGRES DE FONDATION DU PARTI DE GAUCHE

 

PROJET DE TEXTE D’ORIENTATION

(soumis au débat des adhérents et aux amendements des comités du PG)

 

 

Le Congrès fondateur du Parti de Gauche doit répondre à un état d’urgence. La crise écologique n’est plus seulement un pronostic visionnaire, elle produit ses premiers effets. La crise du capitalisme n’est pas uniquement annoncée dans les livres, elle se déroule sous nos yeux. La guerre n’est pas une menace rendue lointaine par la mondialisation, elle fait au contraire son grand retour. Le vieux cadre de pensée, de production et de consommation tourné vers le profit capitaliste qui mène le monde le conduit à des désastres imminents. Pourtant d’autres choix sont possibles. Une autre histoire peut être écrite. Une bifurcation se présente à nous. Le changement est possible. C’est une question de volonté et d’action. En fondant le Parti de Gauche, nous avons cette  volonté d’agir pour un autre avenir. Pas dans cent ans, pas dans dix ans, pas dans cinq ans. Certes le chantier est immense et tout ne sera pas fait tout de suite. Mais nous n’avons pas le temps d’attendre. C’est tout de suite qu’il faut dessiner un nouvel horizon et enclencher les premières ruptures.

I Crise : c’est le capitalisme qui est en cause

L’humanité vit au rythme des évolutions continuelles du capitalisme. Les partisans du système en tirent même fierté. Pour eux ce capitalisme en bouleversement permanent est le symbole même de la modernité. Or il apparaît aujourd’hui clairement que le capitalisme de notre époque n’a en rien surmonté les travers que dénonçait déjà le mouvement socialiste du 19e siècle. Il les a aggravés, plongeant l’humanité dans une crise sans précédent.

 

Un capitalisme aggravé

Après l’épuisement des Trente Glorieuses et la crise qu’il a rencontré à la fin des années 60 et au début des années 70, le capitalisme a pris un nouveau cours, marqué par la domination de la finance et la transnationalisation du capital. La cohorte flagorneuse des beaux esprits toujours prêts à encenser les puissants lui a ouvert la route. Ils prétendaient que ce nouveau capitalisme serait celui de l’émancipation des individus, d’un développement plus équilibré de l’économie mondiale, d’une paix durable. Certains ajoutent désormais qu’il pourrait être un « capitalisme vert »… Or c’est l’inverse qui s’est produit. Le capitalisme a aggravé ses tendances profondes à l’inégalité, l’instabilité, l’impérialisme et a précipité une terrible catastrophe écologique.

 

Les inégalités ont explosé. Elles sont plus fortes que dans le capitalisme sauvage du 19e siècle. En 1820, les 10% les plus riches de la planète concentraient 42% des revenus mondiaux, ils en détiennent aujourd’hui 55%. A l'inverse les 20% les plus pauvres percevaient en moyenne 5% des revenus mondiaux contre environ 2% aujourd'hui. En conséquence la pauvreté de masse s’est répandue partout. Les Etats-Unis, pays le plus riche du monde, comptaient ainsi, avant même la crise dite des subprimes, 3,5 millions de sans-abri, parmi lesquels 1,4 million d'enfants. L'Union européenne n'est pas épargnée puisque la pauvreté y touche 72 millions de personnes (sur 450 millions). Cette répartition inégale des richesses, en plus d’être un scandale moral et une atteinte à l’émancipation humaine, a provoqué la crise financière actuelle. Parce qu’il a comprimé les salaires, le capitalisme actuel a dû asseoir la hausse effrénée de la consommation qu’il réclame sur une immense pyramide d’endettement. La chaîne a fini par craquer en son maillon le plus faible, les prêts subprimes, emportant le mirage d’une « société de propriétaires » sans redistribution des richesses. Depuis, la crise financière est devenue économique. Et l’humanité fait face à une urgence sociale aggravée.

 

L’instabilité s’est déchaînée. Les premiers socialistes dénonçaient déjà l’absurdité d’un système économique caractérisé par une crise tous les huit ans de 1816 à 1929. Avec la crise actuelle, « sans précédent depuis un siècle » selon Alan Greenspan, l’ancien président de la Banque centrale américaine, nous y sommes à nouveau. Des défaillances dans un segment du marché immobilier américain déclenchent une crise économique générale et mondiale. Le capitalisme dérégulé de notre époque en diffuse les effets à une vitesse inédite dans tous les compartiments de la vie humaine. Aussi « moderne » soit-il, il n’a pas fait vieillir d’une ride la phrase du Manifeste rédigé par Marx pour la Première Internationale notant que les « ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise, un article de commerce comme un autre; ils sont exposés, par conséquent, à toutes les vicissitudes de la concurrence, à toutes les fluctuations du marché. » Il y a en revanche ajouté de nouvelles aberrations : droits à la retraite volatilisés par l’effondrement des fonds de pension, villes fantômes provoquées par l’abandon soudain de programmes immobiliers, biens publics pillés en quelques heures pour renflouer les pertes du privé. Une fois de plus l’intérêt général est piétiné. Le temps long doit s’effacer devant la dictature des actionnaires qui exigent la rentabilité à court terme. Le droit de la collectivité à soumettre l’activité économique à des normes décidées librement pas les citoyens est remis en cause au nom de la concurrence « libre et non faussée ». Les souhaits des actionnaires seraient devenus plus légitimes que la volonté des citoyens. Celle-ci ne parvient plus à se faire entendre. Il en résulte partout une profonde crise démocratique. L’humanité affronte désormais une urgence démocratique aggravée.

 

L’impérialisme menace le monde. Le capitalisme a toujours été un système hiérarchisé, avec un « centre » dominant une « périphérie ». Le capitalisme actuel n’échappe pas à cette règle. Il est assis sur la domination des Etats-Unis d’Amérique. Or celle-ci est devenue vacillante. Après des vagues incessantes de délocalisation, les Etats-Unis ne sont plus une puissance industrielle de premier plan. Leur économie repose sur un endettement pharamineux. Son financement dépend désormais de ses principaux concurrents, notamment la Chine, qui rachètent des quantités toujours plus élevées de sa dette. En revanche, les Etats-Unis dépensent autant pour leur budget militaire que tous les autres pays du monde réunis. Dès lors on comprend mieux l’attitude agressive des Etats-Unis sur la scène internationale. Les déclarations violentes de Bush ont souvent paru surprenantes aux oreilles françaises. Mais elles ne sont pas le signe d’un cerveau agité. Une stratégie raisonnée est à l’œuvre. La multiplication des foyers de confrontation violente au plan international permet aux Etats-Unis de faire valoir leur puissance militaire. La théorie du choc des civilisations et celle de la guerre contre le terrorisme fournissent des habits nouveaux à la vieille momie de l’impérialisme que l’on nous promettait morte à jamais. Elles créent les conditions de collisions toujours plus violentes. L’humanité fait face désormais à l’urgence de la paix.

 

La crise écologique met en danger la survie même de l’humanité. La soumission des modes de production et de consommation dominants aux exigences du profit privé débouche sur un mode de développement qui dégrade irrémédiablement les écosystèmes. Au nom du libre échange on a encouragé la délocalisation des productions et refusé de mettre en place des normes environnementales contraignantes. Dès lors la crise écologique a pu s’approfondir sans entrave. D’abord locale et environnementale, elle s’étend désormais mondialement au climat et à l’énergie, ainsi qu’à la biodiversité. Elle a des conséquences fortes sur l’agriculture et sur la santé humaine Elle se traduit par de nombreux conflits géopolitiques liés à l’accès aux ressources (gaz, pétrole et eau principalement) et par l’apparition de nouvelles migrations de « réfugiés climatiques ». C’est donc une crise majeure aux conséquences globales sur l’économie et la société. Déjà les dégradations portées actuellement à l’écosystème sont en partie irréversibles. A terme, elles menacent l’avenir même de l’humanité comme le montre le dernier rapport du GIEC (Groupe International d’Etude sur le Climat). Nous sommes face à l’urgence écologique.

 

Un renversement politique est nécessaire

Il n’existe pas d’exception dans l’histoire. Les grandes crises du capitalisme conduisent à chaque fois à des bouleversements politiques majeurs. Le continent sud-américain en a fourni la démonstration récemment. La crise qui s’y est abattue n’a pu être affrontée que par une révolution démocratique d’ensemble : apparition de nouvelles forces politiques, convocation d’assemblées constituantes, politiques d’inclusion sociale des plus pauvres, rétablissement de la souveraineté populaire sur les ressources naturelles.

 

Mais les citoyens peuvent prendre d’autres chemins : la Grande crise de 1929 a accouché du New Deal, du Front Populaire mais aussi du nazisme. En Europe c’est pour l’heure une nouvelle droite, libérale et sécuritaire, qui émerge et emporte les élections nationales. Une course de vitesse est engagée avec elle. En France, qui va la gagner ? De quel côté vont se tourner les citoyens pour faire face à la crise ?

 

La droite tente de prendre appui sur la crise pour faire avancer ses objectifs politiques. Elle s’efforce de capter l’exaspération qui traverse des couches toujours plus nombreuses de la population au profit d’un discours d’ordre. Chaque problème social est désormais réinterprété en termes de déficit d’autorité. La crise financière n’a pas fait exception. Elle a immédiatement été présentée comme la conséquence de comportements individuels « pervers ». Sarkozy a affiché sa détermination à « sanctionner les coupables » pour « moraliser le capitalisme » et donc à faire respecter les règles du jeu plutôt que de les changer. Ce faisant, la droite travaille à construire un paysage mental dans lequel les crimes du système sont déguisés en crimes contre le système. Elle veut ainsi légitimer une conception purement policière du rôle de l’Etat, qui justifierait la présence d’un homme fort à sa tête et donc le renforcement du pouvoir personnel du président de la République. Elle organise dans le même temps la criminalisation des mouvements de contestation.

 

De même la droite s’évertue à évacuer toute revendication du partage et de la redistribution des richesses en expliquant que la crise doit conduire les salariés à de nouveaux efforts. Au nom du mérite, chaque individu est sommé de se prendre en charge sans attendre le soutien de la collectivité. Alors qu’il est toujours prompt à un volontarisme purement verbal, Sarkozy a ainsi publiquement déclaré que l’Etat ne ferait rien contre les licenciements. Il n’a renoncé à aucun de ses projets de remise en cause des droits du travail. Au contraire, il a immédiatement dégainé sa proposition visant à étendre le travail du dimanche, symbole des efforts supplémentaires à accomplir par les travailleurs. Les chômeurs et les précaires sont eux aussi peu à peu dépouillés de leurs droits.

 

Inégalité, dérégulation, atlantisme… la politique menée par la droite aggrave la crise en renforçant ses causes.

 

Dans ce contexte, la gauche peut donc incarner une alternative. Car la conscience que le système capitaliste ne conduit pas au bonheur est sans doute devenue majoritaire dans la population. La volonté de soumettre l’activité économique au contrôle démocratique peut trouver de nouveaux soutiens. La bataille culturelle contre ce système qui frappe des femmes et des hommes au motif que le marché l’aurait décidé peut être gagnée. Pour cela, il faut proposer une alternative au capitalisme. Partout où des forces de gauche ont fait de celui-ci un horizon indépassable, elles ont fini soit par gouverner avec la droite, à l’image des partis membres du PSE (Parti des socialistes européens) en Allemagne, aux Pays-Bas, en Hongrie notamment, soit par fusionner avec une partie de celle-ci, comme l’ont fait les Démocrates en Italie, soit par la remplacer purement et simplement comme le font les travaillistes en Grande-Bretagne. Ces orientations rendent les forces de gauche impuissantes et leur ôtent toute crédibilité face à la crise. Elles créent un dramatique vide politique à gauche. C’est pour aider à le combler qu’est né le Parti de Gauche. Pour notre part, nous savons que la crise que nous vivons n’aura pas d’issue sans rupture avec le système actuel. Le rôle de la gauche est donc de proposer un autre horizon, de préciser les transitions qui y conduisent, et de proposer au pays les ruptures franches qui permettront de s’y engager.

 

II Une autre voie est possible

La recherche d’une alternative politique au capitalisme répondant à l’urgence sociale, démocratique et écologique bénéficie de solides points d’appui. La richesse produite à l’échelle mondiale permet de répondre aux besoins vitaux de l’humanité et d’étendre les droits sociaux construits dans les pays du Nord. De même, on peut sans peine repérer les fondements concrets et culturels d’une nouvelle culture civique permettant la réappropriation de la souveraineté populaire. Enfin, la prise de conscience écologique est propice à l’invention d’un alter-développement.

 

Le monde est riche

Economiquement, le monde n’a jamais été aussi riche de toute son histoire. La production de l’industrie et des services atteint des sommets inédits. Nos capacités scientifiques et technologiques sont sans précédent. Le niveau de qualification des travailleurs également. La productivité du travail n’a jamais été aussi élevée. En France, elle atteint même un record mondial. Les malheurs de l’humanité ne proviennent donc pas du fait que les caisses seraient vides. Elles n’ont jamais été aussi pleines. Il réside tout entier dans le fait que cette richesse n’est pas partagée. Et qu’elle l’est même moins que jamais.

 

Donnons quelques chiffres pour fixer les idées. Un modeste prélèvement d’1% seulement sur les comptes bancaires des 100 000 personnes les plus riches du monde, représenterait 140 milliards de dollars, soit près de deux fois les ressources du Programme Alimentaire Mondial qui sert à lutter contre la faim dans le monde. La part des salaires qui a basculé vers les profits depuis 20 ans, se monte en France à plus de 150 milliards d’euros par an, soit 35 fois le déficit de l’assurance maladie et 40 fois celui de l’assurance vieillesse. Il est donc possible de sauver des vies en menant agissant contre la faim dans le monde. Il est possible de protéger et développer nos systèmes de protection sociale. Ces revendications essentielles d’un programme de gauche répondant à l’urgence sociale sont crédibles. Elles peuvent être financées. Mais ce financement repose sur un préalable : le partage et la redistribution des richesses.

 

Nous devons donc nous préparer à une confrontation inévitable avec le capital financier. La gauche ne le convaincra pas de rendre ce qu’il a accaparé au terme d’une aimable discussion entre gens de bonne compagnie. Elle doit se donner les moyens de créer les rapports de force et s’appuyer sur mobilisation de toutes celles et ceux qui vivent de leur travail et voient le fruit de leurs efforts alimenter le casino de la finance globalisée tandis que s’aggrave l’urgence sociale.

 

La souveraineté populaire, une aspiration croissante

On entend souvent dire que l’exercice de la souveraineté populaire est devenu plus difficile que jamais, voire quasiment impossible, dans le cadre de sociétés complexes et de la mondialisation. A l’inverse de ce discours dominant, nous estimons que les moyens d’une souveraineté populaire sont plus étendus que jamais.

 

La souveraineté populaire repose en effet sur la capacité des citoyens à fixer l’intérêt général et donc à déterminer par la confrontation raisonnée des arguments ce qui correspond à l’intérêt de tous. Elle implique un développement important de l’éducation. Elle implique la conscience par les individus de participer à une même communauté de destin. Le développement du salariat et de l’urbanisation ont créé une interdépendance nouvelle entre les individus qui constitue un terreau propice à cette conscience civique. Dans le monde urbain, comme sur la planète unifiée par l’urgence écologique, il n’existe pas de réponse aux problèmes individuels qui n’ait pas une dimension collective. Pour que le paysan bolivien de l’Altiplano puisse disposer d’eau, il lui aura fallu provoquer un bouleversement complet de la politique de son pays. De même, l’habitant de la Creuse ne pourra être soigné convenablement que s’il obtient un renversement des politiques de libéralisation des services publics encouragées au niveau de l’Union européenne. L’appel à rechercher les solutions « en soi-même » est une illusion encouragée par l’idéologie dominante. Il n’y a pas d’émancipation individuelle sans exercice collectif de la souveraineté. Il n’y a pas de satisfaction des besoins de chacun sans que soient déclarés des biens communs. Ensuite il faut fixer les objectifs, critères et procédures de décision auxquels soumettre leur gestion. La question sociale et les questions institutionnelles ne peuvent être dissociées. De puissants facteurs contribuent ainsi à l’établissement des bases culturelles de la souveraineté populaire.

 

Bien sûr encore faut-il faire de celle-ci un objectif et s’en donner les moyens. A commencer par l’inversion de la logique à l’œuvre depuis plusieurs années de dessaisissement de la puissance publique : banques centrales indépendantes, autorités administratives indépendantes, dépolitisation des échéances électorales réduites à des combats de personne, non respect du vote populaire en matière européenne… L’exigence républicaine se dresse contre cette évolution. Elle appelle au rétablissement des moyens publics de faire prévaloir l’intérêt général, notamment par la mise en place de la planification écologique. En même temps, elle veut des institutions véritablement soumises à la volonté populaire. Elle s’efforce de créer les conditions d’une société mobilisée et de citoyens motivés, dotés de nouveaux moyens d’intervention citoyenne et de démocratie participative, du droit à l’information. Face à la logique et à la puissance du capital, elle cherche aussi à construire des rapports de force nouveaux à tous les niveaux en s’appuyant sur la mobilisation du mouvement social dans toutes ses composantes et en mettant en place une véritable démocratie sociale : définition de règles enfin démocratiques pour le dialogue social, reconnaissance et soutien de ses acteurs et en premier lieu des organisations syndicales, institutionnalisation de leur intervention dans le débat collectif, approfondissement des droits des salariés dans l’entreprise. Cette refondation républicaine qui est à notre portée rend possible une réponse de gauche à l’urgence démocratique.

 

Le temps de l’alterdéveloppement est venu

Parce que chacun en subit les effets dans son quotidien, la crise écologique est l’objet d’une prise de conscience croissante de nos concitoyens. Celle-ci permet de faire partager plus facilement la nécessité d’un changement profond de nos modes de consommation, de production et d’échange.

 

Chacun sait que le système capitaliste organise la mise en concurrence mondiale par le libre-échange généralisé et la libéralisation des mouvements de capitaux ; c’est lui encore qui encourage l’exploitation sans frein des ressources naturelles partout dans le monde, la marchandisation progressive du vivant et, même, l’utilisation des catastrophes naturelles pour étendre son emprise. La crise écologique trouve donc clairement son origine dans le système capitaliste et le modèle productiviste qui le sous-tend. La nécessité d’organiser le dépassement du système capitaliste et celui du modèle productiviste en inventant un alterdéveloppement jouit dès lors d’une légitimité inédite.

 

La crise écologique est par exemple une justification extrêmement puissante de la mise en place de biens publics mondiaux préservés des intérêts privés. La raréfaction de l’eau et de l’énergie renforcent la nécessité d’en faire des biens publics fondamentaux dont l’accès à tous doit être garanti. Leur production et leur gestion doivent être réorganisées dans le cadre d’un service public de l’eau et d’un pôle public de l’énergie, seuls à même de mettre en place une tarification incitant à la sobriété, par exemple en rendant gratuites les premières tranches d’eau et d’énergie pour l’ensemble des ménages et en surfacturant les consommations abusives. De même la mise en place de la planification écologique implique une modification en profondeur de notre système productif. La lutte contre le changement climatique appelle une forte relocalisation des productions et la remise en cause du libre échange. L’encouragement nécessaire des investissements écologiquement responsables est également un argument essentiel en fonction d’un secteur financier public reconnaissant d’autres normes que la rentabilité. La remise en question de nos modes d’hyper-consommation occidentaux, qui ne sont ni généralisables à l’ensemble des habitants de la planète, ni soutenables à long terme, est enfin un élément clé de la bataille culturelle que doit mener la gauche pour l’émancipation des esprits de l’idéologie marchande et publicitaire.

 

La gauche peut donc trouver une nouvelle raison d’être et une opportunité sans précédent d’avancer ses propositions dans le combat pour répondre à l’urgence écologique.

 

III Les tâches du Parti de Gauche

Le Parti de Gauche est un parti en chantiers. Un seul Congrès ne suffira pas à fixer définitivement son orientation, ses programmes, son fonctionnement. Un second Congrès se tiendra à l’automne 2009 autour notamment de l’élaboration de notre programme. Mais devant l’urgence politique, nous devons faire du PG un parti utile dès à présent.

 

Faire face à la droite

La droite est en train de mettre en œuvre ses principaux objectifs historiques, y compris ceux auxquels elle avait dû renoncer depuis plusieurs années : destruction du code du travail, remise en cause de la laïcité, privatisation des services publics, retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, suppression de fait de l’ISF avec le bouclier fiscal, ruine des principes de solidarité de la Sécu avec les franchises médicales, coupes sans précédent dans les effectifs de la fonction publique… Cette politique représente non seulement une dégradation inouïe de la condition des salariés mais aussi une rupture assumée avec les fondements républicains de la Nation française.

 

Nombre de nos concitoyens ne s’y résignent pas. En témoignent la multiplication des grèves ouvrières, le succès des mobilisations de défense de l’Education nationale, l’unité syndicale réalisée pour la première fois depuis le CPE autour de la journée du 29 janvier 2009. Ces luttes sont essentielles. Jusqu’où la droite irait-elle si elle ne rencontrait aucune résistance ? C’est pourquoi le Parti de Gauche tâchera d’être utile à tous ceux qui résistent à la droite, pour rompre l’isolement, encourager les mobilisations, mener un travail d’éducation populaire afin de dévoiler le fondement des réformes gouvernementales et diffuser les arguments qui aident à s’y opposer. Il agira comme un parti trait d’union, facilitateur d’une union des gauches sans exclusives face à la droite.

 

Face à la crise, nous opposerons nos mesures d’urgence aux réformes menées par la droite afin que nos concitoyens sachent que d’autres choix sont possibles et puissent dès lors forger leur propre opinion sur la politique gouvernementale. De même, parti d’éducation populaire, le PG contribuera activement à la bataille culturelle contre la droite. Pour qu’il devienne une réalité concrète, c’est d’abord dans les têtes et dans les cœurs de nos concitoyens que doit vivre le modèle de civilisation fondé sur l’égalité et la laïcité auquel nous adhérons.

 

 

 

Un front de gauche pour gagner les européennes

Une opportunité historique se présente avec les prochaines élections européennes.

 

Lors de ces élections, les Français pourront d’abord exiger le respect de la souveraineté populaire. Leur vote du 29 mai 2005 a été piétiné. Le candidat Sarkozy avait promis l’enterrement du projet de Constitution au profit d’un mini traité simplifié et consensuel. En réalité, c’est le même texte qui a été repris dans le Traité de Lisbonne puis adopté par le Parlement français, après qu’ait été refusé au peuple le recours au référendum avec la complicité de la majorité des parlementaires du PS. Depuis les Irlandais ont rejeté à une large majorité le traité de Lisbonne. Qu’ont fait les dirigeants européens ? Tous, y compris les partis membres du PSE, ont encore choisi de piétiner la souveraineté populaire en appelant à ratifier le traité de Lisbonne et en contraignant les Irlandais à un nouveau référendum. Le traité de Lisbonne s’impose dorénavant comme la négation de la volonté des peuples en général. Ce modèle étouffant de construction autoritaire de l’Europe appelle une cinglante réplique populaire.

 

Ensuite, ces élections européennes permettront aux électeurs de se prononcer sur les orientations principales qui cadenassent la politique du pays. Les lois votées en France sont en effet à 80% des transcriptions de directives européennes et on ne compte plus les mesures réclamées par notre peuple qui se heurtent aux décisions de l’Union. Pour ouvrir la voie à une autre politique pour notre pays, il est indispensable de faire sauter le verrou de la construction antisociale et antidémocratique de l’Europe.

 

Enfin, ces élections surviennent dans un contexte qui rend vitale l’émergence d’une alternative progressiste en Europe. L’action au Parlement européen d’un groupe de gauche qui ne soit pas compromis dans la cogestion du Parlement et de la Commission avec la droite est indispensable pour qu’émerge d’une issue internationaliste et démocratique à la crise globale du système actuel.

 

Pour toutes ces raisons nous voulons rendre possible un rassemblement qui se donne l’objectif d’arriver en tête de toutes les listes aux élections européennes. C’est la raison de notre appel à un front de gauche ouvert à toutes les forces politiques de gauche qui refusent le traité de Lisbonne et défendent la construction d’une autre Europe sociale, écologique et démocratique. A cette heure, nous savons déjà que ce front rassemblera notamment le Parti de Gauche et le PCF, dont le Congrès a confirmé son engagement dans cette démarche. C’est une nouvelle qui peut tout changer. Nous contribuerons à faire vivre le front sans tarder pour permettre aux citoyens de s’y impliquer dès maintenant. Et nous maintiendrons le front ouvert aux autres forces politiques du « non » de gauche qui continuent actuellement de débattre de cette perspective, notamment les Alternatifs, le NPA, le MRC, le POI.

 

Un parti pour réinventer la gauche

Nous avons l’ambition de contribuer à la réinvention de la gauche en élaborant un programme qui synthétise le meilleur des histoires des gauches et qui sache aussi tirer les leçons de leurs échecs passés. A notre niveau, nous voulons être un creuset où se mêlent les cultures politiques issues du socialisme historique, de l’histoire des luttes ouvrières et syndicales et des révoltes populaires, de l’apport des combats féministes, antiracistes, écologistes, laïques et altermondialistes. Et nous voulons faire de cet alliage nouveau le cœur d’une majorité alternative et d’un projet de gouvernement, appuyé sur l’intervention et la mobilisation des citoyens, afin de changer radicalement de société et de changer la vie vraiment. C’est pourquoi nous décidons que notre Congrès de l’automne 2009 sera le Congrès du programme et nous invitons tous ceux qui se reconnaissent dans cette ambition à nous rejoindre pour y travailler ensemble.

 

Nous proposons d’organiser ce travail programmatique autour de quatre axes.

 

Premièrement, face à l’urgence sociale, inverser l'ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes : salaires, fiscalité, sécurité sociale, service public... Car c’est la condition d’une société où le droit au bonheur n'est pas un slogan de supermarché ouvert le dimanche, où la vie douce n'est pas réservée à quelques-uns, d’un monde où le travail encore et toujours n'est pas la frontière entre la vie et la mort sociale, bref, de l’invention d’un futur tout simplement humain.

 

Deuxièmement, face à l’urgence environnementale, installer la planification écologique tout de suite, car elle est nécessaire pour engager la transition entre le modèle actuel de production, de consommation, de vie et d'échange et le modèle d’alter-développement qu'il est urgent d’inventer.

 

Troisièmement, face à l’urgence démocratique réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société française. Pour ce faire, il faudra notamment passer à la sixième République parlementaire, rétablir le contrôle politique de la monnaie et de la finance, garantir le droit de citoyenneté des travailleurs dans l'entreprise afin d’inventer la société de ce que Jaurès appelait « la démocratie jusqu’au bout ».

 

Quatrièmement, face à l’urgence européenne, tourner la page du modèle de construction libérale de l'Europe dont le Traité de Lisbonne est la règle du jeu antidémocratique et antisociale. Nous devons laisser respirer la puissance des peuples, la force de la démocratie, afin que les Européens puissent inventer leur intérêt général, s'aimer et vivre ensemble, et inventer un nouvel internationalisme.

Par Parti de Gauche
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 12:01

Pascale Le Neouannic et Eric Cocquerel, membres du bureau national provisoire du Parti de Gauche rendent compte de la réunion qui a eu lieu entre le PG et le NPA le 9/01/08, à propos du front de gauche en vue des élections européennes.
Pour visionner la vidéo ,il vous suffit simplement de cliquer sur le lien    
La rencontre  du Parti de Gauche avec le NPA a été positive , encourageante et prometteuse dans la construction du front de gauche que nous souhaitons mettre en place et surtout en oeuvre pour les très prochaines élections européennes dans un premier temps.

Par Laurent Parisot - Publié dans : Editoriaux
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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /Jan /2009 11:32
Communiqué du Parti de Gauche


Le Parti de Gauche condamne avec force l'offensive militaire meurtrière du gouvernement de l'Etat d'Israël et son refus de répondre à la demande de cessez-le-feu formulé par la communauté internationale.
Déjà plus de 400 morts et un millier de blessés, dont de nombreux civils, des femmes, des enfants. Ce bilan pourrait dramatiquement s'aggraver avec l'offensive terrestre qui menace. Il faut stopper cette sanglante escalade qui éloigne toute perspective de paix dans la région. Le Parti de Gauche demande l'arrêt immédiat de l'offensive militaire de l'armée israélienne et de tous les actes de violence contre toutes les populations civiles, la levée du blocus de Gaza et une aide humanitaire internationale d'urgence. Il faut sortir au plus tôt de la spirale de la terreur. Une paix juste et durable implique la reconnaissance du droit de chaque peuple - palestinien et israélien - à vivre en sécurité dans son propre Etat. Des négociations immédiates avec l'Autorité palestinienne doivent permettre la mise en œuvre des résolutions de l'ONU pour la création d'un Etat palestinien et la mise en place des garanties internationales nécessaires. L'Union Européenne qui a récemment renforcé le statut des relations Europe-Israël doit clairement subordonner cette évolution au respect du droit international et des droits de l'Homme et peser de tout son poids pour une solution politique dans la région.
 C'est sur ces bases que le Parti de Gauche  a participé  aux manifestations à Paris et en régions et souhaite activement la création d'un état palestinien. 


GAZA : Halte aux massacres !

 

Comme dans beaucoup de villes françaises, Samedi à Dijon, plus de 1500 personnes se sont rassemblés devant la préfecture et sont partis en cortège devant le Palais des Ducs et ont défilé  rue de la Liberté devant des passants ébahis devant l’importance de cette manifestation qui a mobilisé bien au-delà des militants des partis de la gauche et des associations qui s’étaient réunis la veille pour préparer ce mouvement de protestation contre le massacre des innocents à Gaza. Car ce sont des femmes et des enfants qui meurent chaque jour à Gaza, qui paient au prix fort les ambitions électorales de Tipi Livni et d’Ehud Barak. Les Français et les immigrés d’origine du Maghreb sont venus en masse pour soutenir les Palestiniens.

Le Parti de Gauche 21 était évidement présent et a été remarqué par la jeunesse et mes classes populaires venus des quartiers et villes ouvrières de la périphérie de Dijon, réclamant des drapeaux et des autocollants.

Exigeons des Etats – Unis et de l’U.Européenne :

- un cessez-le-feu immédiat !

- le règlement de ce conflit qui met en danger la paix mondiale depuis si longtemps, par le respect imposé à Israël des résolutions votées par l’ONU !

- un Etat indépendant pour les Palestiniens, le retrait des colons de leur territoire - tous illégaux, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est !

- la démolition du mur de la honte !

 

Allain GRAUX

Secrétaire de la coordination départementale provisoire du PG21

 

Par PG - Publié dans : Editoriaux
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 16:18


Réunion  publique du Parti de Gauche
  

Le Parti de Gauche 21
 organise sa prochaine réunion
le lundi 5 janvier 2009 à 20H 45
(bar l' annexe ,47 rue Devosge à Dijon)



Pour celles et ceux qui sont interessés par ce nouveau parti politique ,vous pouvez vous joindre à nous.


 En participant à cette réunion, vous pourrez également vous renseigner sur cette nouvelle formation politique

En adhérant ,vous pouvez participer,agir avec vos idées ,vos attentes et vos convictions à la construction
du Parti de Gauche
et renforcer les milliers de nouveaux adhérents .



Pourquoi un nouveau parti politique ?
Quels sont les projets ?
Comment constituer un front de gauche ?
Une autre gauche est elle possible ?
Une autre gauche decomplexée ?
Un horizon nouveau sans suprématie
de la sociale-démocratie ?
Quelles actions concrètes face à la droite ?
Comment réinventer une autre façon
de faire de la politique ?


Comment s'unir pour les européennes pour proposer une veritable alternative face à une construction libérale ?

Le Parti de Gauche est conscient de la nécessité et de l'urgence de construire ce front de gauche .




Pour nous contacter :lepartidegauche21@orange.fr




Par Laurent Parisot
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