Mardi 6 mai 2008

 

L’Union des Familles Laïques de la Côte d’Or
PRS 21

organisent un débat :

Sur le thème :de l’école laïque
 et républicaine

                         

   VENDREDI 6 JUIN  19 h 00 – 21 h 00

Maison de quartier de Fontaine d’Ouche   2, allée de Grenoble à DIJON

 

      Formation du citoyen

Obtention de qualifications et diplômes pour tous

Barrière au communautarisme et aux inégalités sociales

Problème des classes surchargées
et de rentabilité

Favoriser l’école publique devant l’école confessionnelle

Avec Bernard TEPER, Président National de l’ UFAL

Et la participation de PRS-21

 

 VENEZ PARTICIPER A CETTE CONFERENCE !

-  Entrée gratuite -

 

Nombreux échanges suivis d’un pot de l’amitié républicain !


 

Contacts : ufal21@wanadoo.fr

                   PRS21@wanadoo.fr  

publié dans : Presse
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Samedi 19 avril 2008

Un désastre. La gauche italienne a été écrasée par Berlusconi. A l'heure de notre bouclage, les résultats quasi définitifs donnés par le ministère de l'intérieur sont hélas sans appel. Au Sénat comme à la Chambre des députés, la coalition de droite obtient 47 % des voix contre 38 % à celle du Parti Démocrate. Une avance de 10 points ! Dès lors la droite obtient la majorité absolue dans les deux chambres, ce dont beaucoup doutaient à la veille du vote. Berlusconi, premier chef de gouvernement italien à avoir fait un mandat entier, est placé pour cinq ans à la tête du pays. Avec la xénophobe Ligue du Nord qui double son score au sein de la coalition majoritaire.


Pourtant, c'est peu dire que le premier gouvernement Berlusconi a mobilisé contre lui les profondeurs de la société italienne. Pendant cinq années, ses principaux choix ont été contestés : intervention en Irak, reculs du droit du travail, concentration des médias, mise au pas de la justice… Sur chacun de ces sujets, Berlusconi a vu se dresser face à lui des millions de manifestants, des grèves massives, de très nombreux intellectuels et artistes. Un mouvement finalement impuissant à empêcher son retour, faute d'une gauche capable de proposer une stratégie et un projet victorieux.

Car il faut bien dire l'écrasante responsabilité de la gauche italienne dans cette déroute. On a trop salué de ce côté-ci des Alpes ce "formidable laboratoire politique" pour ne pas tirer les leçons des expériences lamentables qui s'y sont succédées.

D'abord le ralliement de la gauche au démocrate-chrétien Romano Prodi. Après l'enthousiasme des "primaires" si souvent données en exemple, son gouvernement a suscité une lourde déconvenue. L'éditorialiste du Monde le dit à sa manière : "Le gouvernement de centre-gauche mené par Romano Prodi n'a pas démérité. S'il est désavoué par les électeurs, c'est au contraire parce qu'il a su engager des réformes courageuses que l'équipe précédente, justement présidée par M. Berlusconi, avait négligées."

Au-delà des réformes libérales impulsées par Prodi, la gauche paie aussi l'échec d'une formule politique, la "Fabbricca". Celle-ci a accouché d'un attelage sans vrai programme commun. Les primaires ont produit une personnalisation à outrance. Prodi a pensé gérer les contradictions de fond par la distribution de maroquins (100 ministres !). Mais les sujets fondamentaux, comme la réforme des retraites ou la question du maintien des troupes en Afghanistan, sont venus ébranler la cohésion de la majorité. L'alliance au centre s'est révélée un désastre : c'est le retrait de la composante centriste qui a fait chuter Prodi au bout d'à peine un an et demi de gouvernement. La fameuse coalition "arc en ciel", ce grand parti qui va du centre aux trotskistes, où tout le monde gouverne en même temps sur des lignes différentes, a prouvé son inefficacité.

Après la chute de Prodi, le parti social-démocrate, majoritaire dans la coalition, a choisi de poursuivre dans cette voie. Il a fusionné avec le parti chrétien de Prodi pour donner naissance au Parti Démocrate. Investi par de nouvelles primaires, ayant mobilisé officiellement 3,5 millions de citoyens, son leader Veltroni a refusé toute reconstitution d'un parti "traditionnel". Fini les courants, les adhérents, les instances collectives et autres formules prétendument dépassées. Fini même le lien avec la gauche. Le Parti Démocrate a ainsi refusé d'adhérer à l'Internationale Socialiste. Dixit Veltroni : "Nous sommes réformistes, non de gauche.". Seul modèle revendiqué : le parti démocrate américain.

Pendant la campagne, Veltroni a précisé que le PD se situait "à équidistance des travailleurs et des entreprises". Son programme est allé très à droite : baisse des impôts, libéralisation accrue de l'économie, soutien au bradage d'Alitalia… Quant à sa stratégie d'alliance, elle a tenu dans le refus de tout rapprochement avec la gauche radicale, accusée d'avoir affaibli Prodi alors même que c'est le parti centriste qui a fait chuter son gouvernement. Privée à la fois d'alliance électorale, décisive en raison du mode de scrutin italien, et de perspective gouvernementale, la gauche radicale s'est contentée de faire campagne sur le thème "la gauche doit continuer à exister en Italie". Cet appel à la biodiversité politique n'a pas été entendu : l'autre gauche n'atteint pas les seuils de 4 % des voix au Sénat et 8 % à la Chambre des Députés nécessaires pour avoir des élus. La LCR italienne est à 0,5 %. L'appel au vote utile a fonctionné à plein : le Parti Démocrate a siphonné les voix de la gauche radicale. Mais incapable de créer la moindre dynamique en sa faveur, il n'a pas fait davantage que ce qu'avait obtenu ses propres composantes à la dernière élection. Sans les voix de l'autre gauche, la gauche tout entière est minoritaire.

Ségolène Royal ne s'est pas cachée de chercher son inspiration dans la gauche italienne. Au lendemain de la présidentielle, elle avait rencontré Veltroni pour évoquer la création d'un groupe d'une "vingtaine de personnalités" attachées à "moderniser la politique" afin de "construire de nouveaux points de référence idéologiques pour la gauche européenne". Qu'en est-il aujourd'hui ? Souhaitons que ce débat ait lieu. Car sinon la tragédie italienne pourrait devenir française.

par François Delapierre

par François Delapierre publié dans : Editoriaux
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Lundi 31 mars 2008

 

RESOLUTION DU CONSEIL NATIONAL DE PRS
29 ET 30 MARS 2008

Les élections municipales et cantonales ont été dominées par trois phénomènes : abstention,sanction, radicalisation.

L'abstention atteint en effet un niveau record pour ce type d'élections sous la Cinquième
République. Pour la première fois, elle progresse même entre les deux tours. Un total faramineux de huit millions d'électeurs de la présidentielle sont restés chez eux. Cette hémorragie frappe davantage la droite mais n'épargne pas la gauche.

La sanction est claire quoi qu'en dise la droite au pouvoir. Le résultat des élections cantonales est le plus significatif car les étiquettes politiques y sont plus lisibles. Au second tour, la gauche obtient 51% des voix contre 44% pour la droite. Neuf mois seulement après la victoire de Nicolas Sarkozy aux présidentielles et législatives, la majorité des Français a brutalement rejeté sa politique.

La radicalisation se manifeste par l'effondrement du Modem et les succès de nombreuses listes de l'autre gauche. Les deux vont souvent de pair. Là où s'est mise en place une alliance PS-Modem, l'abstention bondit et les listes de l'autre gauche réalisent des scores inédits. Elles progressent parfois significativement entre les deux tours.
Ces trois phénomènes signalent que la France est à nouveau entrée en état d'urgence politique.

Notre peuple ne se reconnaît pas dans la politique libérale menée par le pouvoir. Il n'est pas non plus entraîné et mobilisé par la gauche dans la forme confuse où celle-ci se présente à lui. D'autres signaux d'alerte doivent être notés. Le déroulement de plusieurs élections a montré que le désistement automatique à gauche était lui-même menacé. Il s'agit pourtant d'un principe fondateur de l'identité et de l'unité de la gauche. Les « primaires » se sont multipliées. Bien que distancées des listes se sont parfois maintenues au deuxième tour. D'autres ont refusé de se désister clairement au second. Au total, de nombreuses villes ont été perdues en raison de mauvais reports de voix à gauche. En outre, la multiplication des stratégies locales, des alliances à la carte, des dissidences de toutes sortes a aggravé la crise des partis comme forme cohérente, lisible, organisée de l'action collective.

La réponse du pouvoir au verdict des urnes aggrave cet état d'urgence. Il s'est pour l'heure contenté d'annoncer divers remaniements visant à renforcer la mainmise de Sarkozy sur l'UMP et le gouvernement, la réforme de la cellule de communication de l'Elysée ainsi que la poursuite de ses réformes dont atteste une session parlementaire particulièrement chargée en remises en cause de nos acquis sociaux et républicains. Il n'est tenu aucun compte du vote des Français. C'est au contraire une accélération des politiques rejetées par eux qui est à l'ordre du jour. Dès lors une confrontation s'annonce dont on ne peut prédire l'issue.

Quelles seront les réponses du côté de la gauche ?

 Les partis de gauche vont-ils se contenter d'engranger leurs victoires locales en estimant que leurs stratégies ont été confortées ? Le PS va-t-il poursuivre sa mutation vers un parti de centre-gauche calqué sur ses homologues européens qui souvent gouvernent avec la droite ? Le PCF va-t-il s'engager dans une démarche de rassemblement débouchant sur la construction d'un acteur politique nouveau ? La LCR va-t-elle conclure du résultat des listes ouvertes auxquelles elle a participé qu'elle seule peut incarner l'autre gauche ?

Les Congrès des partis de gauche qui se tiendront cette année auront à en décider. Association autonome, PRS respecte les choix des adhérents de ces partis. Elle encourage ceux de ses militants qui en sont membres à prendre part activement à ce débat. Comment sinon construire la réponse de gauche qui fait aujourd'hui cruellement défaut ?

Cette urgence est renforcée par l'évolution de la situation économique mondiale.

 En quelques mois, la crise des subprimes est devenue une crise de tout le système financier international puis une crise économique d'ensemble. La diffusion de créances douteuses dans toute l'économie et le gonflement artificiel de leur valeur menace le système bancaire de défaillances en série. Les nationalisations plus ou moins déguisées de banques en faillite se multiplient. Les vertus du marché autorégulateur ont été une fois de plus démenties. L'ordre politique du monde vacille. Les Etats-Unis font face à une crise de confiance sans précédent quant au dollar, dont le statut de monnaie de réserve et d'échange internationale commence à être ébranlé.
 Or la consommation des ménages financée par l'endettement et les bulles immobilières ou boursières ainsi que le financement des déséquilibres extérieurs par l'achat massif de dollars par ses partenaires commerciaux, notamment la Chine et les pays pétroliers, sont les deux piliers du dynamisme économique des Etats-Unis. Leur effondrement provoquerait une récession d'une gravité sans précédent. Elle se diffuserait à l'ensemble du monde.
Ses conséquences seraient extrêmement douloureuses et déstabilisatrices pour nos sociétés.
L'heure est donc plus que jamais à des réponses de gauche face au règne sans partage du capital financier qui désarticule les sociétés humaines, à la résurgence galopante de la pauvreté, à l'accélération de la crise écologique. L'heure est plus que jamais à des réponses républicaines et laïques face aux tenants du choc des civilisations. PRS est disponible pour y contribuer avec tous ceux qui en partagent la nécessité.

 

 

par Pour la république sociale publié dans : Déclaration et textes
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Jeudi 13 mars 2008
MUNICIPALES 2008 : des choix de con… fusion !
 
Un constat s’impose : quelques soient les efforts des médias officiels ( France inter et la TV publique) pour relativiser le succès de la Gauche, celui-ci est incontestable.
Elle recueille 47, 94 % contre 45,49 % à la droite et 4,4 % au Modem.
En 2001 : l’ensemble de la gauche ( PS+Verts+DVG+ Ext.G) recueillait 46,98 %. Le gain de n’est pas considérable, mais la droite obtenait : 46,81 % + 1,8 % (CNPT) = 48,6 % et 3,58 % pour l’extrême-droite. Ce n’était pas non plus la bérézina et pourtant la gauche avait perdu 41 villes de plus de 20 000 hab. tout en gagnant Paris, Lyon, Dijon , Auxerre..
La différence, c’est que la droite au pouvoir perd des points et des villes dès le premier tour, alors que les écarts entre 2001 et 2008 ne sont effectivement pas très importants. En fait, il semble que les électeurs de la majorité présidentielle se soient davantage abstenus que le peuple de gauche, l’abstention ayant globalement progressée de 2,9 %.
Cependant cette hirondelle socialiste ne fait pas le printemps de la Gauche, pas plus aujourd’hui qu’elle ne l’a fait après les régionales gagnées en 2004. Car on observe que dans les quartiers, le jeune électorat populaire qui s’était mobilisé pour les présidentielles, quand l’enjeu était de battre Sarkozy, n’a pas considéré l’enjeu municipal suffisamment important pour se déplacer.
Dans ce type de scrutin, là où le maire est bien implanté, n’a pas déçu par son bilan, qu’il soit de droite ou de gauche, il est très souvent reconduit. Le succès des édiles de droite ou de gauche s’explique par leur forte implantation locale.. La poussée de la gauche s’explique par l’abstention des déçus du sarkozisme, car les électeurs, surtout en milieu urbain, ne sont pas indifférents au contexte politique national : le contraste entre la vie chère, les franchises médicales, les retraites insuffisantes d’un côté et les profits fabuleux du Cac 40, d’un Medef arrogant et mafieux, de l’autre.
Le succès de la gauche par rapport à la droite est plus marqué aux cantonales, où avec
48,17 % elle distance une droite qui n’obtient que 41,35 %. La gauche était déjà majoritaire dans les départements avec 51 présidences de conseils généraux sur 101. Au lendemain du deuxième tour, elle devrait améliorer cette domination territoriale. C’est un fait nouveau en France qui ne sera pas sans conséquence pour les prochaines élections sénatoriales.
Nous pouvons observer que la poussée de la gauche s’exerce d’autant plus quand elle est rassemblée et que le relatif succès du PCF est identique sur ses terres. Ce qui indique qu’il serait vain de le traiter en quantité négligeable même s’il n’est plus, justement, qu’un communisme municipal.
Les Verts retrouvent de la vigueur sauf à Paris où leur stratégie autonomiste, et peut-être l‘intrusion du Modem, a réduit leur résultat de moitié.
La confusion des alliances et les choix
Au PS, les bons résultats des alliances avec le centre donnent des ailes à ceux qui s’imaginent gagner à droite plus que ce qu’ils perdront à gauche. Le calcul est que les « gauchistes » voteront utile pour battre la droite au second tour. C’est une illusion d’optique électorale, car comme le disait François Mitterrand : « il faut d’abord rassembler son camp ». C’est la stratégie de Delanoë à Paris, pas celle de Rebsamen à Dijon où en s’alliant avec le Modem dès le premier tour, il a certes gagné mais en brisant la gauche. On voit là se dessiner deux orientations différentes et concurrentes pour l’avenir du PS et de la gauche.
De l’ouverture sarkozienne vers la droite sociale libérale du PS, à celle du PS vers les libéraux sociaux du Modem qui hier encore gouvernaient avec l’UMP, il est des convergences qui les mènent conjointement vers le néo-libéralisme à l’œuvre dans toute l’Union européenne.
Cette évolution à l’œuvre partout produira les mêmes effets : l’abstention par manque de choix politique clairement identifié, le danger de la remontée du nationalisme, la libération d’un espace à gauche.
Le renoncement à l’Union de la gauche pour s’allier à un Modem aux contours et aux choix incertains, entre le camp du progrès possible et celui du déclin certain, est une stratégie qui libérera inéluctablement un espace à la gauche du PS. La LCR s’y engouffre déjà, toujours en progrès avec son jeune leader charismatique, alors que LO depuis qu’elle a renoncé à Arlette, avec ses refus et variations unitaires devient incompréhensible pour son électorat.
Cependant le rassemblement à gauche, sans exclusive, serait plus crédible et possible si les engagements de la LCR étaient aussi plus clairs. Les fusions techniques avec la Gauche plurielle, sans solidarité budgétaire, sans participation aux équipes de direction ne peut que la confiner dans les limites d’un rôle de contestation, minoritaire et sans avenir autre que marginal. Pour la LCR, avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, il s’agit plus de prendre la place d’un PCF profondément divisé entre archaïsme, renouvellement et dépassement, que de définir les contours d’un véritable regroupement original de toute la gauche. Sa stratégie consiste toujours à se différencier absolument d’un PS condamné globalement, sans nuance entre les dirigeants et les militants, à condamner toute possibilité unitaire sur le modèle du Linke allemand* prôné par Jean Luc Mélenchon, le président de PRS.
Face à l’évolution socialiste vers un parti démocrate clintonien (comme de fût le cas en Italie), la nécessité du rassemblement à gauche s’impose entre tous ceux qui refusent le choix de la société libérale globalisée, entre tous ceux qui choisissent une autre France possible dans une autre Europe et un autre monde possible fait de solidarité et de coopération et pas celui d’un monde de concurrence à outrance, de compétition généralisée, d’individualisme renforcé, qui mène droit aux conflits entre les gens et les peuples. Ce monde là, c’est celui de la guerre face à celui de la paix.
 
Allain GRAUX        P3012899.JPG
le 12 mars 2008
 
* Die Linke est le nouveau Parti créé à la gauche du SPD. Il rassemble la gauche socialiste d’Oscar Lafontaine, les communistes, des syndicalistes, des altermondialistes, des écologistes, des féministes. Il fait une percée remarquée dans les lands allemands et est bien représenté au Bundestag. Il oblige le SPD a une orientation politique plus à gauche.
 
par Allain Graux publié dans : Déclaration et textes
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Vendredi 1 février 2008

Vous trouverez ci-joint  un lien pour prendre connaissance d'un texte d'analyse et de réplique de Jean-Luc Mélenchon ,président de PRS.
Analyse approfondie et pertinente qui fait suite
au discours de Latran de Nicolas Sarkozy contre la laïcité.
Laîcité qui malheureusement subit et continuera de subir d'importantes modifications dans un futur proche .
Le président Sarkosy envisage de revenir sur la loi dite de 1905,un des piliers de notre république.

Pour prendre connaissance de ce texte cliquez sur le lien.

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par Jean_Luc Mélenchon publié dans : Editoriaux
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Vendredi 11 janvier 2008

Tous à Versailles le jour du congrès pour la ratification du nouveau traité européen .

Le peuple français ne doit pas être privé d'un référendum :nous assistons à un véritable déni de démocratie .

 Aucune décision d'une telle importance ne doit se faire sans la consultation des citoyens !

Les conséquences démocratiques seront importantes et profondes

La déclaration de Jean-Marc Ayrault a été un tel choc que nous avons choisi de réécrire en dernière minute l’éditorial de A Gauche (journal de PRS ) pour ne pas la laisser sans réaction. Mardi 8 janvier au matin, le président du Groupe socialiste à l’Assemblée Nationale a déclaré dans ses vœux à la presse que les députés socialistes n’iraient pas au Congrès de Versailles par attachement à une procédure référendaire et non parlementaire.

Cette « décision » est un sommet de manipulation et d’hypocrisie. D’abord une manipulation sur la forme. Elle n’a été discutée nulle part. Pas dans la moindre instance du PS, alors que depuis la fondation d’un parti socialiste en France, le parti dirige le groupe parlementaire et non l’inverse. Mais pas davantage au sein du groupe parlementaire lui-même. Ayrault a inventé cela tout seul et l’a présenté comme une décision des députés socialistes. Pire encore, lorsque Jean-Luc Mélenchon a demandé au Bureau national du PS le soir même que la position des parlementaires socialistes soit enfin débattue, il n’a tout bonnement obtenu aucune réponse de François Hollande. Si on les suivait, ce serait sans doute le premier texte soumis au vote des parlementaires socialistes sur lequel leur parti n’aurait défini aucune position. Malgré l’importance cruciale d’un vote qui révise la Constitution et permettrait l’adoption d’un traité européen que les mêmes présentent comme un rendez-vous avec l’histoire. A ce compte, pourrait-on encore parler du PS comme un parti politique et non comme une simple addition d’élus locaux sans conviction bien définie ?
Il s’agit ensuite d’une consternante hypocrisie sur le fond. La désertion du champ de bataille du Congrès aurait un unique effet : permettre à Nicolas Sarkozy de modifier la constitution à sa guise. Et donc de ratifier dans un second temps le nouveau traité par un vote parlementaire à la majorité simple. Versailles est le seul lieu où les députés de gauche ont une chance de contraindre le président au référendum, grâce à la majorité requise des 3/5e des suffrages exprimés. C’est la seule bataille qui ne soit pas purement symbolique. C’est la seule qu’Ayrault ait décidé de ne pas soutenir (en revanche il votera une motion réclamant le référendum déposé par le groupe PCF/Verts, qui sera rejetée).
Bien entendu, tous les Français un peu informés des enjeux en tireraient le sentiment que les socialistes les prennent pour des imbéciles. Non seulement ces derniers soutiendraient l’adoption du nouveau traité par la voie parlementaire au mépris de leurs engagements répétés (Congrès du Mans, projet socialiste et celui de Ségolène Royal). Ils choisiraient de prendre une véritable revanche contre le vote populaire du 29 mai 2005 qui ne s’est pas déroulé conformément à leurs consignes. Mais en plus, ils n’assumeraient pas ce choix et tenteraient de le dissimuler derrière des ruses grossières.
On pouvait espérer autre chose d’un responsable qui faisait il y a peu, avec Ségolène Royal, de la crise démocratique un enjeu central pour le pays. De tels reniements ne pourraient que l’aggraver. Que vaudrait la parole des socialistes ainsi piétinée ? Et quelle serait demain la légitimité d’un traité adopté contre le vote du peuple français, au terme d’une mascarade ridicule dans laquelle les élus socialistes se montreraient dignes d’une opposition de complaisance dans une république bananière. Ce n’est pas la moindre des conséquences de la décision d’Ayrault. Si elle était suivie, ce soutien honteux à Sarkozy, à son traité et à la méthode qu’il a choisi pour l’adopter, achèverait de déconsidérer le Parti socialiste comme opposition à la droite. Et cela à la veille des élections municipales et cantonales qui nous donnent pourtant la première occasion de sanctionner le gouvernement. L’argument récurrent selon lequel la question de la procédure de ratification a été tranchée par l’élection présidentielle et que dès lors il faut « l’acter » ne fait qu’aggraver les choses. Dans ce cas, les socialistes qui gouvernent avec la droite n’ont-ils pas raison de mettre en œuvre la politique que les Français ont choisi ?
Pour une construction européenne fondée sur l’adhésion des citoyens, pour la forme républicaine de la France menacée par la remise en cause de la souveraineté populaire, pour la gauche qui risque d’y perdre tout restant de crédibilité, il faut empêcher qu’une telle stratégie l’emporte. Il reste un mois pour y parvenir. Par une action à tous les niveaux. Dans le Parti socialiste, ses sections et fédérations, qui doivent être saisies de ce débat. Dans le pays, à l’occasion de l’interpellation des parlementaires menée par le CNR. Nous nous y investissons sans état d’âmes. Mieux vaut affronter le problème que d’espérer qu’il disparaisse par la grâce d’une quelconque ruse à Versailles. La tentation du pas-vu-pas-pris de ceux qui pensent enfumer nos citoyens est non seulement misérable, mais elle est de toutes façons vouée à l’échec.
par Pour la République Sociale publié dans : Déclaration et textes
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Jeudi 10 janvier 2008
Il faut empêcher cela !



La déclaration de Jean-Marc Ayrault a été un tel choc que nous avons choisi de réécrire en dernière minute l’éditorial de A Gauche pour ne pas la laisser sans réaction. Mardi 8 janvier au matin, le président du Groupe socialiste à l’Assemblée Nationale a déclaré dans ses vœux à la presse que les députés socialistes n’iraient pas au Congrès de Versailles par attachement à une procédure référendaire et non parlementaire.


Cette « décision » est un sommet de manipulation et d’hypocrisie. D’abord une manipulation sur la forme. Elle n’a été discutée nulle part. Pas dans la moindre instance du PS, alors que depuis la fondation d’un parti socialiste en France, le parti dirige le groupe parlementaire et non l’inverse. Mais pas davantage au sein du groupe parlementaire lui-même. Ayrault a inventé cela tout seul et l’a présenté comme une décision des députés socialistes. Pire encore, lorsque Jean-Luc Mélenchon a demandé au Bureau national du PS le soir même que la position des parlementaires socialistes soit enfin débattue, il n’a tout bonnement obtenu aucune réponse de François Hollande. Si on les suivait, ce serait sans doute le premier texte soumis au vote des parlementaires socialistes sur lequel leur parti n’aurait défini aucune position. Malgré l’importance cruciale d’un vote qui révise la Constitution et permettrait l’adoption d’un traité européen que les mêmes présentent comme un rendez-vous avec l’histoire. A ce compte, pourrait-on encore parler du PS comme un parti politique et non comme une simple addition d’élus locaux sans conviction bien définie ?
Il s’agit ensuite d’une consternante hypocrisie sur le fond. La désertion du champ de bataille du Congrès aurait un unique effet : permettre à Nicolas Sarkozy de modifier la constitution à sa guise. Et donc de ratifier dans un second temps le nouveau traité par un vote parlementaire à la majorité simple. Versailles est le seul lieu où les députés de gauche ont une chance de contraindre le président au référendum, grâce à la majorité requise des 3/5e des suffrages exprimés. C’est la seule bataille qui ne soit pas purement symbolique. C’est la seule qu’Ayrault ait décidé de ne pas soutenir (en revanche il votera une motion réclamant le référendum déposé par le groupe PCF/Verts, qui sera rejetée).
Bien entendu, tous les Français un peu informés des enjeux en tireraient le sentiment que les socialistes les prennent pour des imbéciles. Non seulement ces derniers soutiendraient l’adoption du nouveau traité par la voie parlementaire au mépris de leurs engagements répétés (Congrès du Mans, projet socialiste et celui de Ségolène Royal). Ils choisiraient de prendre une véritable revanche contre le vote populaire du 29 mai 2005 qui ne s’est pas déroulé conformément à leurs consignes. Mais en plus, ils n’assumeraient pas ce choix et tenteraient de le dissimuler derrière des ruses grossières.
On pouvait espérer autre chose d’un responsable qui faisait il y a peu, avec Ségolène Royal, de la crise démocratique un enjeu central pour le pays. De tels reniements ne pourraient que l’aggraver. Que vaudrait la parole des socialistes ainsi piétinée ? Et quelle serait demain la légitimité d’un traité adopté contre le vote du peuple français, au terme d’une mascarade ridicule dans laquelle les élus socialistes se montreraient dignes d’une opposition de complaisance dans une république bananière. Ce n’est pas la moindre des conséquences de la décision d’Ayrault. Si elle était suivie, ce soutien honteux à Sarkozy, à son traité et à la méthode qu’il a choisi pour l’adopter, achèverait de déconsidérer le Parti socialiste comme opposition à la droite. Et cela à la veille des élections municipales et cantonales qui nous donnent pourtant la première occasion de sanctionner le gouvernement. L’argument récurrent selon lequel la question de la procédure de ratification a été tranchée par l’élection présidentielle et que dès lors il faut « l’acter » ne fait qu’aggraver les choses. Dans ce cas, les socialistes qui gouvernent avec la droite n’ont-ils pas raison de mettre en œuvre la politique que les Français ont choisi ?
Pour une construction européenne fondée sur l’adhésion des citoyens, pour la forme républicaine de la France menacée par la remise en cause de la souveraineté populaire, pour la gauche qui risque d’y perdre tout restant de crédibilité, il faut empêcher qu’une telle stratégie l’emporte. Il reste un mois pour y parvenir. Par une action à tous les niveaux. Dans le Parti socialiste, ses sections et fédérations, qui doivent être saisies de ce débat. Dans le pays, à l’occasion de l’interpellation des parlementaires menée par le CNR. Nous nous y investissons sans état d’âmes. Mieux vaut affronter le problème que d’espérer qu’il disparaisse par la grâce d’une quelconque ruse à Versailles. La tentation du pas-vu-pas-pris de ceux qui pensent enfumer nos citoyens est non seulement misérable, mais elle est de toutes façons vouée à l’échec.



par Pour la République Sociale publié dans : Déclaration et textes
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Dimanche 23 décembre 2007
L'Europe, monastère des peuples ?


Ainsi la communauté internationale envisage de reconnaître l’indépendance du Kosovo. On devine les conséquences dans une région où beaucoup réclament un redécoupage des frontières sur des bases ethniques et se sont massacrés réciproquement dans ce but. Elles iraient même au-delà des Balkans et plusieurs pays européens dont Chypre, la Grèce et l’Espagne (mais pas la France), s’opposent encore à une déclaration d’indépendance unilatérale qui donnerait des arguments aux séparatistes de leurs propres pays.


Maintenant six mois sans gouvernement : la crise de la Belgique s’approfondit. Les milieux économiques disent leurs intérêts vitaux dorénavant menacés. Yves Leterme, le nationaliste flamand vainement chargé de former un gouvernement après sa victoire électorale, vient de qualifier la radio-télévision publique de « Radio mille collines », en référence au génocide rwandais. Ici, personne encore n’ose imaginer les conséquences qu’aurait l’explosion du pays, au cœur même de l’Europe, entre France et Allemagne.
La Yougoslavie avait 74 ans lorsqu’elle éclata. La Belgique en a 177. A l’échelle du monde, c’est déjà une vieille Nation. On en déduit la solidité des Etats fondés il y a moins de 50 ans. Que dire alors de l’Union européenne ? L’Europe fêta seulement cette année son cinquantenaire. Et 12 membres de l’Union sur 27 l’ont rejoint il y a moins de quatre ans… Comment assurer dans ce contexte la cohésion d’un ensemble aussi jeune ?
L’unité des Etats Nations au 19e et 20e siècle se construisit de diverses manières. Certaines furent sanglantes : la guerre, le fascisme. D’autres furent un pas en avant : la souveraineté populaire, le progrès social. L’Europe a été le lieu où toutes ces formes s’inventèrent, les meilleures comme les pires. Elle pourrait continuer dans la voie du meilleur. Elle peut aussi basculer dans le pire. Car le capitalisme de notre époque s’oppose radicalement à la construction d’espaces socialement et démocratiquement intégrés. Pour l’heure l’Union a choisi de se plier à cet impératif. Elle s’apprête à adopter un traité qui renonce à l’harmonisation sociale avec une clause non écrite qui interdit toute consultation du peuple. Que lui resterait-il alors pour susciter l’adhésion des populations ?
Beaucoup de dirigeants européens se sont posée cette question dans leur propre pays. La Pologne post-communiste a pensé se fonder sur la religion. L’Angleterre de Tony Blair a tenté de recréer le « lien social » par la famille et les communautés. Les droites italiennes et françaises ont intégré dans un nouveau discours le nationalisme de leurs ailes extrêmes. Ceci donne un avant-goût de ce qu’ils veulent faire pour l’Europe elle-même. Ainsi le nouveau traité se réfère aux héritages religieux de l’Europe. Et il sera signé cette semaine dans un monastère. Et sur la politique étrangère, il prévoit que les Etats-membres s’engagent à augmenter leurs dépenses d’armement.
Cette évolution du projet européen est d’autant plus préoccupante qu’elle se produit dans un contexte de complicité des médias avec tous les formes d’obscurantisme. Et de silence des politiques. Pourquoi l’absence de réactions au soutien régulier de Sarkozy aux religions ? Déjà son discours aux ambassadeurs qui faisait du choc entre l’Islam et l’Occident le défi majeur de la diplomatie française a été largement occulté. Mais pas un mot n’a filtré sur ses propos en Algérie, à l’Université de Mentouri. Il y annonce pourtant être venu à Constantine « qui porte le nom du premier empereur romain converti au christianisme » parce que « tout homme qui vient à elle ne peut s’empêcher quelles que soient ses croyances d’éprouver à son contact ce sentiment religieux d’être dans un de ces lieux sacrés où le Ciel paraît si proche et la foi si naturelle ». Nul ne s’est étonné qu’il s’adresse aux « jeunes d’Algérie » en leur demandant d’être « fiers d‘être des jeunes musulmans parce que la civilisation musulmane est une grande civilisation ». Nul n’a dénoncé l’exclusion des non croyants dans ses phrases qui commencent de manière récurrente par « si chacun d‘entre nous, Chrétiens, Musulmans, Juifs »… Et nul ne lui a demandé de préciser sa pensée lorsqu’il a déclaré que « la France et l‘Algérie ont besoin l‘une et l‘autre d‘une politique de civilisation qui ne produise pas seulement des progrès matériels mais qui produise aussi des valeurs, qui produise aussi de l‘identité, qui produise aussi une espérance ».
Quant à la visite de Kadhafi, elle est largement commentée, mais jamais pour la mise en scène du « dialogue des civilisations » à laquelle se prêtent à la fois le dirigeant lybien et Sarkozy qui n’a pas hésité à déclarer « au nom de la France » que « le partage du nucléaire civil sera l'un des fondements du pacte de confiance que l'Occident doit passer avec le monde musulman ». Ce mélange systématique du national et du religieux, du politique et de l’identitaire n’est pas fortuit : il est ce qui reste pour fonder la Nation lorsque l’intérêt général n’est plus aux commandes. Ce projet doit être dévoilé et combattu. Car l’Europe n’y résisterait pas. Et la France républicaine pas davantage.

 

Signez la pétition pour demander un référendum

Plus de 50 000 signatures reçues au Comité National pour un Référendum.

 

Signez la pétition ,

et faites la signer .

 


 

Il reste maintenant quelques semaines

et le temps nous est compté !




par Pour la République Sociale publié dans : Editoriaux
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Dimanche 16 décembre 2007
Meeting à Montpellier pour exiger un réferendum sur le nouveau traité européen


Jeudi 6 décembre se tenait à Montpellier un grand meeting unitaire pour exiger un referendum sur le nouveau traité européen avec Jean Jacques BOISLAROUSSIE (Alternatifs), José BOVE, Denis BROUILLET (MARS Gauche Républicaine), Jean DESESSARD (les Verts), Jean Claude GAYSSOT(PCF), Pierre KHALFA (Sud Solidaires), Jean Luc MELENCHON (PS/PRS), Béatrice NEGRIER (MRC), Yves SALESSE (Cuals), Aurélie TROUVE (Attac), Roselyne VACHETTA (LCR). Organisations signataires : Attac Montpellier, Coordination des Cuals de l’Hérault, LCR, Mars, MRC, PCF, PRS, Sud Solidaires.



Retrouvez l'intervention de Jean-Luc Mélenchon ,président de PRS :


par Pour la République Sociale 21 publié dans : Déclaration et textes
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Dimanche 16 décembre 2007


Le nouveau traité de l’Union européenne :
c’est non !


Claude DEBONS ex-animateur du Collectif du 29 mai, Pierre KHALFA secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, Roger MARTELLI coprésident de la fondation Copernic,Yves SALESSE initiateur de l’appel des 200 contre le TCE, Aurélie TROUVÉ coprésidente d’Attac.





Un nouveau traité de l’Union européenne, dit «modificatif», vient d’être adopté par le Conseil européen. Comprenant plusieurs centaines de pages, avec protocoles et projets de déclarations, il n’a rien du «traité simplifié» promis par Nicolas Sarkozy. Il n’est pas plus un «mini-traité» limité aux questions institutionnelles. Comme l’a dit crûment Valéry Giscard d’Estaing devant la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, le 17 juillet, «les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler». Sans surprise donc, ce nouveau traité ne fait que transférer dans les traités actuels le contenu du traité constitutionnel européen (TCE). Bien entendu, les raisons qui ont justifié le refus des citoyens demeurent.
Le droit de la concurrence reste le droit organisateur de l’Union qui réduit la plupart du temps les autres textes européens à des déclarations d’intention sans portée opérationnelle pratique, et ce malgré le fait que Nicolas Sarkozy ait obtenu que l’expression «concurrence libre et non faussée» n’apparaisse pas comme un objectif de l’Union. En effet, le principe de concurrence reste présent dans nombre d’articles des traités. Citons par exemple l’article 105 du projet de traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui affirme «le principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre». De plus, pour éviter toute fausse interprétation, et sur exigence du Royaume-Uni, le protocole n° 6 indique : «Le marché intérieur tel qu’il est défini à l’article [I-3] du traité sur l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée.» C’est ainsi que la concurrence non faussée est réintroduite.
Statut et missions de la Banque centrale européenne (BCE) inchangés, services publics toujours soumis aux règles de la concurrence, libre-échange généralisé comme seul objectif de la politique commerciale, politique industrielle réduite à l’application du droit de la concurrence, etc. On pourrait allonger la liste. Ce nouveau traité est marqué de bout en bout par le néolibéralisme.
La charte des droits fondamentaux sera «juridiquement contraignante». Tout le problème est de savoir jusqu’à quel point. En effet, les droits sociaux qui y sont contenus sont de très faible portée. Par exemple, le droit au travail et à l’emploi n’existe pas, et seul apparaît le «droit de travailler». Mais surtout, pour l’essentiel, l’application des droits contenus dans cette charte est renvoyée aux «pratiques et législations nationales». Cette charte ne crée donc pas fondamentalement de droit social européen susceptible de rééquilibrer le droit de la concurrence, qui restera dominant à l’échelle européenne. Malgré toutes ces précautions, ce texte est encore de trop pour certains gouvernements. Le Royaume-Uni et la Pologne ont obtenu d’en être dispensés. Ainsi les droits sociaux au niveau européen, même réduits à la portion congrue, ne sont pas obligatoires au même titre que les règles du marché intérieur. Le social est en option, et la concurrence obligatoire. C’est l’officialisation du dumping social. Le nouveau traité subordonne la défense européenne à l’Otan et promeut le militarisme puisque «les Etats membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires». Ce doit être d’ailleurs le seul endroit où le traité encourage les Etats à augmenter leurs dépenses publiques ! Enfin, le fonctionnement de l’Union, profondément non démocratique, fondé sur l’opacité des négociations institutionnelles, subsiste, et la BCE reste indépendante de tout contrôle du politique. Ainsi donc, le contenu du traité est inacceptable. Mais la méthode l’est tout autant. Le Conseil européen de juin dernier a donné un mandat pour la rédaction d’un nouveau traité, achevé un mois plus tard. Il a été approuvé deux mois après sans aucun débat public. L’élaboration du traité s’est donc faite avec un calendrier extrêmement serré et à huis clos entre représentants des gouvernements. Quant à la ratification, elle doit être effectuée par voie parlementaire dans la plupart des pays. Nicolas Sarkozy a même indiqué qu’elle aurait lieu en France au mois de décembre, c’est-à-dire tout de suite après le Conseil européen du 13 décembre qui doit voir le traité signé.
De cette façon, il s’agit d’empêcher toute possibilité de débat public, en particulier à l’occasion des élections européennes de 2009, qui auraient pu être un grand moment de débat sur l’avenir de l’Union et être ainsi une étape clé dans l’élaboration d’un nouveau traité. Le double non français et néerlandais au TCE a à ce point effrayé les dirigeants européens qu’ils ne veulent plus prendre le moindre risque : tout devait être fait pour prendre de vitesse une éventuelle réaction citoyenne. Karel de Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, résume bien leur état d’esprit : «Le but du traité constitutionnel était d’être plus lisible… Le but de ce traité est d’être illisible… La Constitution voulait être claire, alors que ce traité devait être obscur. C’est un succès» (Flandre info, 23 juin 2007). Les gouvernements et les institutions de l’Union semblent avoir fait leur deuil d’une adhésion populaire à la construction européenne.
Nous pensons au contraire que l’avenir de l’Europe exige le débat public le plus large pour impliquer les citoyens. C’est parce que nous sommes favorables à une Europe démocratique, garantissant des droits sociaux de haut niveau pour tous ses habitants, une Europe solidaire des peuples du monde, que la méthode employée pour imposer ce nouveau traité nous paraît détestable.
C’est pourquoi il est nécessaire que la ratification soit soumise à référendum dans tous les pays, renforçant par là même la constitution d’un espace public européen. En France, le peuple s’est prononcé contre le TCE. La ratification du nouveau traité, qui reprend l’essentiel de celui-ci, ne saurait se dispenser d’un nouveau vote des citoyens. Tous les démocrates, quelle que soit leur opinion sur ce nouveau traité, doivent l’exiger.

Article du journal  LIBERATION 13/12/2007

 

 

 


Signez la pétition pour demander un référendum


 

 

 

 

 

 

par Claude DEBONS ex-animateur du Collectif du 29 mai, Pierre KHALFA secrétaire national de l’Union synd publié dans : Presse
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