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Vendredi 22 juin 2007

Le dividende européen du résultat des législatives

Par Jean Luc Melenchon

C’est une conséquence méconnue du résultat mitigé de l’UMP aux élections législatives. Si la majorité présidentielle disposera effectivement de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, elle ne parvient pas, même étendue à l’ensemble des centristes, à atteindre la majorité des 3/5 des membres du Parlement, indispensable pour réviser la Constitution par voie parlementaire.  

 

 

 

 

 

 

Le choix de Nicolas Sarkozy de se passer de l’avis des Français pour faire adopter sans référendum son traité européen « simplifié » est donc compromis. En effet, sauf coup de théâtre au Conseil constitutionnel, ce projet de traité ne pourra être ratifié par la France que si l’on procède à une nouvelle révision de notre Constitution. Depuis février 2005, l’article 88-1 de la Constitution prévoit en effet explicitement que la France « peut participer à l'Union européenne dans les conditions prévues par le traité établissant une Constitution pour l'Europe signé le 29 octobre 2004 ». Cet article étant obsolète depuis le vote Non des Français le 29 mai 2005, il devra être révisé si un nouveau traité européen voit le jour.   

La majorité présidentielle devra donc obligatoirement composer avec l’opposition de gauche pour réviser la constitution sur la question européenne. Si elle le décide, l’opposition de gauche sera en mesure d’obliger l’exécutif à soumettre cette révision au référendum. Car pendant la campagne présidentielle, toute la gauche s’est retrouvée pour exiger une nouvelle consultation des Français par référendum sur un nouveau traité européen. J’estime qu’en élisant un plus grand nombre de députés de gauche qu’en 2002, les électeurs ont donné à la gauche les moyens d’imposer cette consultation du peuple.   

Depuis le dimanche 17 juin 2007, Nicolas Sarkozy ne peut plus faire croire aux autres pays de l’Union européenne que la ratification de son traité européen simplifié ira de soi en France. Il ne peut pas leur garantir à l’avance la réponse des Français quel que soit le contenu social et démocratique du nouveau traité.   

C’est un élément nouveau qui fait irruption dans les négociations du Conseil européen des 21 et 22 juin. Cela devrait inciter les chefs d’Etats et de gouvernement européens à renoncer au contournement du Non des Français et des Hollandais. Cela devrait aussi les inciter à abandonner pour de bon une méthode qui pense pouvoir se dispenser de l’implication populaire dans la poursuite de la construction européenne. Et à envisager, pour organiser la réforme constitutionnelle de l’Union européenne, des méthodes nouvelles plus respectueuses des traditions démocratiques pourtant en vigueur dans les 27 Etats membres. Il existe pour cela un organe : le Parlement européen. Il peut recevoir un mandat constituant en 2009. Il suffit de le décider sans avoir aucune autre construction baroque à mettre en place comme le fut la prétendue « Convention » présidée par monsieur Giscard d’Estaing. Le périmètre du champ constituant est lui aussi parfaitement délimité d’ores et déjà. Il suffit de le limiter à l’organisation des compétences déjà déléguées par les nations à l’échelon européen. Je ne mentionne ces pistes que pour signaler à quel point le chemin est simplement praticable. D’autres propositions pourraient être faites évidemment.  

 Je sais que le Conseil constitutionnel, passant outre le vote négatif du référendum pourrait arguer que la révision de la Constitution (article 88-1 précité) déjà opérée en février 2005 par le Congrès du Parlement vaudrait encore pour les incompatibilités constitutionnelles que le traité simplifié pourrait présenter. Alors il n’y aurait plus besoin de nouvelle modification constitutionnelle et donc un vote à la majorité simple suffirait pour ratifier le traité européen simplifié comme un traité ordinaire. Mais alors une rupture fondamentale serait opérée. Le peuple français pourrait alors se détacher durablement de la construction européenne elle-même qu’il percevrait comme le résultat d’un coup de force permanent contre son vote du 29 mai 2005.  

 

Tribune parue dans Le Figaro du 22/06/2007


 

 

 

 

par Jean Luc Melenchon publié dans : Editoriaux
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Jeudi 24 mai 2007
Analyse des résultats des élections présidentielles de 2007 en Côte d’Or

  

Les chiffres  

 

 

Premier tour : 22 avril ( 2002 ) National- diff.21.nat. Deuxième tour 1° tour 

 

 

COTE D’OR COTE D’OR -- DIJON BOURGOGNE  

Inscrits  : 349 517 +3 274 903 80 105 1 173 327  

abst : 50 080 14,33 24.48 16,23 16,03 11 290 183 029  

 

 

Blancs /nuls 531 946 1569 450 4,20 702 /1,02% 15 922  

 

 

Votants  : 299 437 +7 757 958 83,97 68 815 990 298  

Sarkosy : 94 875 32,08 % 19,03 31,18 % + 1,10 53.06 56,36 22 139 /32,50 % 297 544 /30,54 %  

Villiers : 6 746 2,28 2.23 1 228 / 1,8 24 971 / 2,56  

Nihous  : 2 694 0.91 221 / 0,32 12 079 1,24  

Total droite 35,27 29,21/34,56 34,62 34,34  

LE PEN : 34 479 11,66 17,96 10,44 + 1,22 5 515 / 8,10 119 041 / 12,22  

TOTAL 46,93 48,41/45 18 983 408 42,72 46,56  

 

 

Bayrou : 56 946 19,25 7,56 18,57 + 0.68 13 412 / 19,69 175 213 / 17,98  

Royale  : 71 385 24,14 15,29 25,87 - 1,73 46,94 43,64 19 268 / 28,29 241 094 / 24,74  

Voynet  : 4 693 1,59 1,57 1 290 / 1,89 13 690 / 1,41  

GAUCHE 25,73 30,18 23,25  

Buffet : 3823 1,29 1,93 911 / 1,34 18 154 / 1,86  

 

 

27,02 31,52 28,01  

Olivier : 11 427 3,86 4,08 - 0.22 2 391 / 3,51 42 246 / 4,34  

Bové : 3 626 1,23 1,32 820 / 1,20 12 296 / 1,26  

Gauche A.Libérale 6,38 6,05 5,60  

32,11 32,72 33,61  

Arlette : 4 005 1,35 1,33 717 / 1,05 14 440 / 1,48  

PT : 1 057 0,36 201 / 0,30 3 608 / 0,37  

TOTAL 33,82 42,89/35,12 16 790 611 37,58 35,46

 

- 2 192 797 voix

 CONSTATS  

La participation record sur le plan national ne se dément pas en Bourgogne, elle est même supérieure en Côte d’or : 85,67 % au 1° tour, 86, 47 % au second tour.

Il y a eu 5 536 nouveaux inscrits et 10 % de votants supplémentaires sur 2002 ( + 36 994 ).  

 

Sarkosy comme Bayrou ont mieux fait que sur le plan national, Ségolène 1,73 % de moins.  

Le Pen a fortement reculé, plus de 6 points, même si lui aussi a fait mieux que sur le plan national. Il a obtenu moins de voix qu’en 2002 sauf sur Dijon 2.  

Il n’est pas étonnant que Bayrou est fait son meilleur résultat sur les terres de François Sauvadet dans le canton de Vitteaux avec 26,85 %.  

 

 

Comme au plan national, le vote blanc et nul a progressé de 3,14 % entre les deux tours atteignant 4,37 %, moins cependant qu’en 2002 où il atteignait 6,10 %. C’est chez Michel Neugnot , premier secrétaire fédéral du PS et maire de Semur que le vote blanc est le plus élevé du département avec 5,63 %. La Gauche n’obtient que 45, 02 % sur son canton.  

 

 

Sarkosy est en tête dans 40 cantons sur 43...alors que la gauche en détient 20 depuis les élections cantonales de 2004. Ne lui échappent que Dijon 3 (Colette Popard, PS)52,59 %, Dijon 4 (Roland Ponsaa, PS)55,6 % ; Venarey (Molinoz, PRG)50,13 %. ; Dijon 5 avec 29,65 % au 1° tour ( Rebsamen, PS est pratiquement à égalité à 10 voix près en faveur de la droite), Fleurey, Lantenay et la Fontaine d’Ouche ayant voté à gauche.  

Il a gagné 11 131 voix sur Chirac en 2002  

Au deuxième tour, avec 56 , 36 % il gagne 9,43 % sur le total des voix de droite Un renfort qui provient en partie des voix centristes pour la moitié et aussi du FN. Avec 70,73 %, il gagne 31.55 points à Aignay le Duc, renfort centriste étonnant et avec 61,02 %, 27,11 % à St Jean de Losne avec le renfort des voix FN... Il progresse le plus là où Bayrou et Le Pen étaient les plus forts...  

Ségolène à fait ses meilleurs résultats du 1 ° tour sur :

 

Dijon 7 : 27,02 % ; Dijon 3 : 30,98 % ; Dijon 2 : 29,68 % ; Dijon 4 : 33 ,64 % ; Chenove : 38,48 %. Montbard :27,65 %.

 

Là aussi les cités des quartiers populaires ont voté à gauche : au second tour cela se confirme avec :  

 

 

Chenove : 65,17 % ; Venarey : 58,51 % ; Quetigny : 58,12 %, Chenove : 54,36 %, Selongey : 50,11 %. Genlis est passée à droite avec 48,46 %.  

 

 

Elle a gagné 11 % sur Jospin : 9580 voix  

La gauche ( PS + MRC + PRG ) obtient 24.14 % ; elle représentait 27,26 % en 2002.  

 

 

Bayrou avec 19,25 % a gagné aussi 9 000 voix sur 2002, soit 7,9 %. Il faut cependant se rappeler qu’il avait fait 20 % en Côte d’or aux régionales ; il n’a donc pas réellement progressé. Il perd sur la 2° circonscription face à son ex-compère de l’UDF, Rémi Delatte. 

 Le Pen n’a recueilli que 11,66 % au lieu de 17,96 % en 2002....Il a perdu 8 912 voix  

L’autre gauche : 8,09 %, dont 6,38 % pour l’antilibérale ( PCF, LCR, Collectif Bové) ; 9,68 % avec les Verts.  

 

 

Il est à noter que le collectif Bové fait pratiquement autant que le PCF : 1,23 pour 1,26. Il serait délicat de dire aussi bien... La LCR s’en tire mieux avec 3,86 %  

 

 

Le Total des voix de gauche représente 33,82 % pour 35,27 % à la droite dite républicaine ( UMP+MPF+ CNPT). 

 

  

A Dijon  

Sarkosy l’emporte de 3 000 voix avec 52,57 % au 2° tour.  

Si Ségolène a rassemblé 9 580 voix de plus que Jospin au 1° tour (+ 11 %), les Verts et le PCF, alliés du PS à la municipalité n’obtiennent que 2 201 voix au lieu de 3 402 pour les seuls Verts...* La majorité municipale a obtenu 31,52 %, 37,58 avec l’appoint de l’autre gauche... 

 

 

Le Pen a perdu 2 517 voix et n’obtient que 8,10 %.  

Ségolène fait aussi mieux que Jospin au 2°tour, avec 47, 43 % au lieu de 45, 81 %.  

Le total droite du 1° tour était de 34,62 %, 42, 72 avec Le Pen , 62,41 avec Bayrou. 

 

 

Il est de 52, 57 % au 2° , soit 10 % de plus sur le premier tour, environ la moitié du vote Bayrou.  

Bayrou a aussi augmenté son score de 9 000 suffrages.  

Les progressions en voix correspondent au nombre des nouveaux inscrits et votants. 

 

 

*sur 16 adjoints , 3 sont Verts et deux sont communistes...  

Circonscriptions  

Dans La 3°, la seule détenue par le PS ( Claude Darciaux, maire de Longvic), Sarkosy l’emporte avec 51,47 % au 2° tour.   

 

 

REGION  

La gauche unie l’avait emporté avec 52, 49 % (37 sièges) pour 32,14 % à l’UMP (14 sièges) et 15,37 au FN (6 sièges)  

La Droite progresse de 2,20 %.  

La Gauche régionale n’obtient que 28 %, 35,46 % au total pour toute la Gauche.  

On ne peut pas comparer les différents types d’élections mais on peut constater l’évolution du vote.  

Conclusions :  

·         En Bourgogne, comme en Côte d’Or ou à Dijon, la Gauche antilibérale est en miettes, PCF inclu.  

·         Les voix de Bayrou, dont le représentant local, Sauvadet s’est empressé de regagner son camp de Droite, se sont reportées assez fortement sur le candidat de l’UMP, en particulier dans les cantons ruraux où elles provenaient moins qu’en ville des voix de la gauche bobo.  

François Rebsamen, maire de Dijon, directeur de la campagne de Ségolène Royale et deuxième homme du PS, en tire la conclusion qu’il faut que le PS se rapproche du centre !  

«Après les législatives, nous attend un immense chantier de rénovation à ouvrir au PS. Une rénovation idéologique pour prendre le tournant d’une sociale démocratie moderne, une rénovations stratégique pour se tourner vers d’autres forces que celles de la Gauche -sans pour autant l’oublier- et une rénovation organisationnelle pour que le PS devienne le grand parti d’une gauche moderne dont le pays a besoin.» (Le Bien Public 8 mai 07).  

Rebsamen, initiateur des cotisations à 20 € au PS, pour noyer et contourner le vote idéologique des militants, afin de faire désigner sa favorite, persiste malgré l’échec flagrant de sa tactique comme de sa stratégie :  

·         un PS aussi divisé que l’autre gauche ;  

·         une stratégie de rapprochement avec un centre qui en réalité est à droite.  

·         alors que le vote majoritaire de gauche est celui des cités ancrées à gauche et que c’est dans le renforcement de l’Union et d’un programme véritablement à gauche que réside l’avenir de l’alternative au pouvoir de la Droite libérale UMP comme UDF ou FN, dont les programmes économique ne diffèrent pas sur le fond.  

Rebsamen essaiera certainement à Dijon de constituer une nouvelle majorité avec le MoDem de Bayrou, pour remplacer les Verts qui ont déjà quitté la majorité au Conseil régional, et pallier à la défaillance du PCF.    

La Gauche antilibérale n’a pas réussi davantage à s’unir pour les législatives que pour la présidentielle. C’est suicidaire pour le PCF, allié avec le sympathique mais groupusculaire collectif Solidarité 21 issu d’une scission de la LCR. Il a snobé le Collectif unitaire qui a soutenu José Bové. Il avait pourtant obtenu quasiment le même résultat électoral. Le PCF de Côte d’Or pense peut-être recueillir ses voix et passer de 1,26 % à 2, 50 % ...par élimination d’un rival. Dérisoire!  

La LCR préfère se compter, gargarisée par son meilleur résultat que les autres ex-partenaires, elle espère sans doute devenir calife à la place du calife...Tout aussi dérisoire !  

Pour PRS, l’avenir qui n’est pas qu’un simple désir est plus que jamais dans :  

·         l’éducation populaire et l’action auprès des salariés victimes de l’exploitation du capitalisme financier, en particulier dans les quartiers populaires, en collaboration avec leurs associations et les forces syndicales.  

·         la convergence de la résistance et des luttes vers l’Union des Forces de la Gauche antilibérale, plus nécessaire que jamais.  

·         Ne pas céder un seul pouce de terrain.  

·         Regagner la bataille des idées car c’est dans les têtes que la victoire se construit à Gauche.  

Pour donner des réponses qui s’insèrent dans une perspective de changement où la République est au centre des réformes correspondant à une autre logique, démocratique, économique et sociale, où sont prise en compte les évolutions du monde, des nécessités écologiques, d’un autre type de développement et de la nécessaire reconnaissance des évolutions et des migrations humaines 

le 22 mai 2007                              

Allain GRAUX

PRS 21

 

par Allain Graux publié dans : Editoriaux
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Mercredi 23 mai 2007

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANCAISES DE 2007

 

I- LES CHIFFRES  

Inscrits et votants :  

Il y a non seulement 3 274 903 inscrits supplémentaires sur 2002, mais aussi 7 757 958 votants de plus, soit 4 483 055 votes supplémentaires sur les inscrits de 2002. Mais pour la première fois, on obtient un moins grand nombre de suffrages exprimés au second tour.   

Votes nuls : il est remarquable qu’ils progressent de + d’un million de voix entre le 1° et le 2° tour. Ils proviennent de l’extrême gauche mais aussi du vote Bayrou. Ce million de voix qui manquent à la Gauche n’auraient cependant pas permis à Ségolène Royale de l’emporter.  

La mobilisation Tout Sauf Sarkosy n’a pas été suffisante, mais surtout il n’y a pas eu de vote d’adhésion pour le pacte présidentielle de la candidate du PS.   

Sarkosy

Il améliore le score des candidats de la Droite de plus de 3 millions de voix sur le résultat de Chirac en 95, mais il obtient 2,2 millions de voix de moins que Mitterrand en 1988 alors que le nombre de votants est bien supérieur.  

 Il est majoritaire dans 76 départements et 17 régions ; on peut observer sa progression dans les départements semi-ruraux comme la Somme , l’Aisne et les régions soumises à la désindustrialisation. Il obtient 36,2 % en Alsace, 33,8 % en Ile de France, 37 % en Corse.  

·         66 % des ouvriers ont voté à droite ; c’est une percée populaire comme sous le gaullisme.   

A Paris cependant il ne distance que de 3 000 voix la candidate socialiste, soit 10 % de moins que Chirac en 95...Par contre il améliore sa performance sur les terres ouvrières du Nord et devient majoritaire (51,75 % avec 50 000 voix d’avance).   

L’électorat du premier tour

Il est plutôt âgé : 41 % des + de 60 ans et 46 % des + de 70 ans. Il recueille cependant 25 à 26 % des jeunes de 18 à 34 ans.   

 

Il mobilise 82 % des agriculteurs, artisans et commerçants. Ce sont à 32 % des salariés du privé contre 18 % du public...54 % d’entre eux privilégient les aspects sécuritaires de son programme. Il ne convainc pas les exclus et les pauvres pour résoudre leurs préoccupations quotidiennes (11 %) et à 38 % pour le chômage. Ce ne sont évidement pas les préoccupations essentielles de son électorat principal   

69 % des électeurs de Nicolas S. avaient voté Chirac en 2002, 21 % J.M. Le Pen, 18 % Bayrou, 12 % Chevènement, 8 % Jospin et 11 % Arlette...Il a asséché le vote du Front National qui a perdu près d’un million de voix en cinq ans.   

Ségolène Royale

Les régions traditionnellement de gauche : Limousin (30,4%), Midi-Pyrénées (31,1 %), Bretagne, Ouest Poitou, ont voté à Gauche.   

 

L’électorat de l’extrême gauche et des antilibéraux a voté utile pour la candidate du PS dès le premier tour, (57 % de l’électorat de la gauche), mais s’il s’est reporté massivement sur elle au second ( 90 %), cela n’a pas été suffisant pour convaincre la totalité de ces électeurs. L’électorat centriste s’est reporté à 40 % sur Sarkosy, 20 % s’est abstenu.   

Alors que 60 % des électeurs de Sarkosy adhérent à ses propositions, 34 % seulement ont voté pour le projet de Ségolène.   

·         50 % de ses électeurs lui ont fait confiance pour l’éducation, le plus fort pourcentage de tous les candidats dans ce domaine, ainsi que 45 % pour résoudre les problèmes d’exclusion et de pauvreté, 47 % pour le chômage. Ce sont d’ailleurs les motivations principales des électeurs des candidats de la gauche : chômage, pauvreté, pouvoir d’achat. A noter que 9 % seulement des électeurs de Ségo lui ont fait confiance sur le problème des retraites...   

Ce n’est pas un vote d’adhésion, mais un vote de rejet pour 46 % des électeurs.

Il n’y a pas eu de véritable mobilisation populaire en sa faveur, même si elle recueille ses meilleurs résultats dans les cités  Dans le Nord, l’abstention est importante dans les villes socialistes ( 20 %). Dans le Sud, c’est aussi l’écroulement dans les bastions socialistes et communistes de la Provence qui s’explique par un important report populaire du vote type FN. C’est l’échec du clientélisme socialiste propre aux traditions et pratiques des Bouches du Rhône.   

 

Là où le tissu politique et associatif est fort, où les mobilisations populaires ont été actives et nombreuses, la Gauche obtient ses meilleurs résultats : là où elle s’est le plus mobilisée, comme à Toulouse, dans l’Aveyron où elle progresse de  

 

6 % sur 95 (la droite perd 3 % - 70 % pour Ségo à Firmi...bastion de PRS ).  

L’électorat du premier tour

Il est plutôt équilibré avec le meilleur résultat chez les moins de 24 ans et la tranche 45 à 59 ans pour 29 % de ses voix.   

 

Les catégories sociales intermédiaires, les cadres et professions libérales lui apportent 31 % de ses voix.   

Seulement 25 % de votes ouvriers et 21 % d’employés pour la candidate socialiste ; entre 54 et 57 % au second tour alors qu’il était de 75 % en 81 et encore de 65 % en 95 ...Ce sont des salariés du secteur public à 34 %, des chômeurs et des étudiants à 32 %.  

 

Provenance politique des votants.   

Si Sarkosy et Ségolène se partagent équitablement l’électorat modeste et moyen, le niveau de revenu le plus élevé vote largement pour N.Sarkosy.   

- 66 % du vote Jospin, 34 % des électeurs du vote Besancenot en 2002 qui ont voté Ségolène dès le 1° tour, 29 % des électeurs d’Arlette et de R.Hue, 35 % de Chevènementistes et 48 % des Verts, 5 % des Chiraquiens.   

Les nouveaux inscrits ont voté un peu plus pour Sego à 29 % et 27 % pour les jeunes de 18/19 ans, que pour Sarko : 26 et 24 %, Bayrou pour 22 et 23 %  

Olivier est le quatrième bénéficiaire avec 9 et 11 %, devant Le Pen 6 et seulement 3 % chez les Jeunes.  

Le vote Bayrou  

Il a dépassé 20 % dans les quatre régions du centrisme chrétien traditionnel : Bretagne, Alsace, Aquitaine, Loire, là où Barre et Balladur avaient obtenu 18,5 %.  

 

C’était un vote attrape-tout dont 14 % sont revenus à gauche au second tour ; il se solde par le poids habituel, entre 6 et   

8 %, d’un électorat plutôt classé à droite... Donc pas vraiment nouveau. Ce qui invalide la motivation des sociaux-libéraux sur la nécessité de «moderniser » le PS, c’est à dire en se « droitisant » davantage...   

·         71 % sont des électeurs de Bayrou, mais ce qui est remarquable c’est que 37 % du vote Chevènement de 2002 s’est reporté sur Bayrou, 21 % du vote Mamère et 17 % du vote Jospin.  

 

Sociologie

 

Entre 21 et 22 % d’hommes et de femmes de moins de 35 ans, plutôt des cades supérieurs et prof. libérales ( 29 %), des artisans et commerçants (24 %), d’un statut équilibré entre les catégories professionnelles   

L’autre Gauche   

Elle représentait 60 % du vote de la gauche en 2002. Il n’est plus que de 27 % en 2007...mais cela ne reflète pas l’influence réelle de ces courants.   

L’électorat de José Bové : 3 % des jeunes, étudiants, 2 % des femmes, il fait ses meilleurs scores chez les agriculteurs et les professions intermédiaires.  

 

·         Son électorat le plus important provient pour 8 % du vote Mamère de 2002 et 3 % du vote d’Olivier. Ce qui est en rapport avec la principale motivation des 88 % de ses électeurs qui pensent à 52 % qu’il a de bonnes idées pour résoudre les questions de l’exclusion ( les Sans !).

 Olivier Besancenot : 8 % des hommes de moins de 35 ans et 5 % des femmes jusqu’à 59 ans. Ce sont des ouvriers pour 8 %, 5 % d’employés et des intermédiaires pour 6 %. Ils sont chômeurs et étudiants pour 9 % et les salariés s’équilibrent entre le public et le privé.   

 

 

·         38 % seulement de ses électeurs de 2002 l’ont choisi en 2007, 8 % viennent du vote d’Arlette et 6 % de Chevènement. Ce qui indique un électorat peu fidèle et peu stable, sensible au vote utile et à l’unité de la gauche pour près de la moitié. Il a siphonné l’électorat d’Arlette et il dépasse les 5 % dans les anciens bastions départementaux communistes.   

Marie Georges Buffet : C’est un vote de 3 % des femmes à partir de 35 ans et 2 % des hommes de 35 à 59 ans. Les agriculteurs pour 3 % d’entre-eux votent autant pour la candidate communiste que pour José Bové, et les ouvriers et employés seulement pour 2 %, bien moins que pour Olivier (8 %) ...Il sont chômeurs (6 %) ou retraités (3%). Le vote MGB provient très majoritairement de l’électorat communiste (63 %) et un peu de celui de la LCR (4 %) de 2002.

Le PCF a perdu sur les deux tableaux en ne choisissant pas clairement entre les Collectifs antilibéraux et la Gauche plurielle. Ses militants, certains de ses dirigeants et ses électeurs se sont partagés entre MGB et José Bové, voire Olivier Besancenot. Il ne dépasse les 5 % dans aucun département. Le PCF a perdu 250 000 voix par rapport à Robert Hue en 2002, mais c’est une baisse moins importante que celle des Verts

 Les Verts   

 

 

Les Verts qui ont constitué la part principale du vote Bové, ne s’est reporté que pour 70 % sur Ségolène.

 

Son électorat est constitué de jeunes femmes de moins de 35 ans pour 3 %, de professions intermédiaires (4 %) de cadres (2 %) et d’agriculteurs (2 %). Ils sont salariés du public (3 %), indépendants (2 %) et étudiants (2 %) : 16 % seulement des électeurs de Mamère ont voté pour Dominique, la moitié ayant opté pour le vote utile envers Ségolène..    

Le Pen

Le candidat du FN est aussi la victime du vote utile, pour Sarkosy, avec 10,44 % il perd plus de 6 % sur 2002. Il perd sur ses terres de prédilection en Rhône-Alpes, en Alsace. Dans le Sud, à Marseille, il est tombé de 28 % à 13 %, notamment dans les quartiers les plus populaires où la candidate socialiste recueille de très bons scores (56 % à la Savine et 60 % à la Busserie ). C’est dans les noyaux villageois que le transfert vers Sarkosy s’est opéré, de 36 % à 16 % alors que Sarkosy est passé à 35 % là où Chirac en atteignait 15. C’est un milieu social composé de salariés et retraités, propriétaires de leur logement et où le chômage sévit moins que dans les quartiers. C’est l’exemple du vote « petit blanc » qui est passé de Le Pen à Sarko. Il résiste mieux dans les départements semi ruraux du « gaucho le pénisme » de Picardie, Champagne, Pas de Calais, où la classe ouvrière à tendance à s’abstenir et où Sarkosy a néanmoins progressé.  

 

Ses électeurs sont majoritairement des hommes entre 25 et 59 ans, 23 % d’ouvriers, 19 % d’agriculteurs, 15 % d’artisans et commerçants, 14 % d’employés. Il sont majoritairement peu diplômés, 15 % sont des ruraux, 12 % de petites villes, 10 % de villes moyennes et 10 % de grandes villes. Ils adhèrent à 69 % à son projet et 64 % à sa principale motivation : l’immigration, 62 % pour l’insécurité, 29 % pour le chômage et 39 % pour le pouvoir d’achat..   

- 3% avaient voté Chirac et Chevènement, 2 % Jospin et Besancenot, et 21 % des électeurs de Le Pen en 2002 ont voté pour Sarkosy.  

LES ENJEUX LEGISLATIFS  

Ségolène l’a emporté dans 203 circonscriptions dont 60 détenues par la Droite , 35 par l’UMP. Sondages : IFOP SOFRES  

- UMP 37 % 336 à 390 sièges 40 % 365 à 415  

- PS 28 % 149 à 190 28 % 137 à 153  

- Modem 14 % 0 à 8 15 % 2 à 10  

- FN 7 %  

Le PS a 141 députés sortants. Le MRC a négocié 10 circonscriptions en se ralliant à la candidature de Ségolène et le PRG disposera de 32 circonscriptions s’il renonce à se rapprocher du parti radical de Borloo comme le souhaitait son Président Jean Michel Baylet Cependant il n’y a aucun accord entre le PS, Les Verts et le PCF, ses alliés de 2002 aux législatives. Le PCF a 20 députés sortants (+2 apparentés), ; 10 députés ne se représentent pas. Il lui sera difficile d’en conserver entre 8 et 10. Les 3 députés Verts devraient conserver leur siège car le PS ne leur oppose pas de candidat. Le reflux du FN ne permettra pas au PS de gagner des circonscriptions à la faveur de triangulaires, à moins que le Modem se maintienne ; ce qui n’est pas le cas dans de nombreuses circonscriptions ou un accord a déjà été passé avec les sortants de l’UDF...  

* chiffres du sondage Ipsos et du Cevipof

2- ANALYSE DE LA SITUATION POLITIQUE APRES L’ELECTION PRESIDENTIELLE

 

 

 

 

Luttes idéologiques et luttes sociales entre le capital et le travail.  

 

Depuis 1990, l’offensive libérale qui s’est ouverte avec Reagan et Thatcher est vivement contestée sans pour autant que le rapport de force en faveur du capital soit inversé. Elle s’aggrave en Europe et en France avec les privatisations, la remise en cause des droits sociaux, des services publics, dans un contexte de fort chômage et de crise économique et politique.  

 

Des résistances s’organisent, soutenues par les opinions publiques, sans pour autant que les idées de la gauche antilibérale qui sont le ferment de ces résistances soient déterminantes, même si parfois elles parviennent à faire reculer le pouvoir comme dans la lutte contre le CPE ou contre le TCE grâce à l’union des forces de gauche. Mais les mouvements sociaux sont uniquement défensifs, des coups d’arrêts ou des victoires d’idées comme pour les retraites qui s’est soldée par une défaite sur le terrain.  

 

Cependant les Français restent attachés à leur contrat CDI, leur sécurité sociale, leur système de santé et leurs services publics. Pour les victimes les plus défavorisées du capitalisme financier globalisé, le futur apparaît incertain pour eux comme pour leurs enfants, les insécurités sociales nourrissent la xénophobie à l’égard des travailleurs d’origine étrangère, des exclus au chômage, des « assistés » comme on dit.  

 

En l’absence de réponses claires, crédibles, d’un véritable projet alternatif porté par une Gauche offensive et conquérante, qui défend ses valeurs, les plus faibles ne se reconnaissent plus dans l’identité de leur propre classe ; la majorité des ouvriers et employés déclarent appartenir aux couches moyennes. En toute bonne foi, la conscience sociale aveuglée par les mirages de l’idéologie dominante, les pauvres votent comme s’ils étaient riches ! ( JLMélenchon)*  

 

La situation d’urgence politique et sociale s’est traduite par une contradiction entre le rejet du libéralisme et la demande de rétablissement d’ordre. Sarkosy a su mieux traduire la volonté de changement. Il a pu apparaître comme le protagoniste de la rupture alors qu’il participé à tous les gouvernements précédents dont les résultats ont été par ailleurs condamnés lors des élections européennes et locales. Le slogan « d’ordre juste » de la candidate socialiste voulait exprimer cette demande, mais elle n’a pas su apporter les réponses globales et cohérentes d’un véritable projet.  

 

Le flou des propositions s’est ajouté à la division et la dispersion des forces de gauche. La candidate a été d’abord affaiblie par les attaques au sein de sa propre formation lors de sa désignation, en voulant contourner ses fondements idéologiques. Elle a plus été désignée par les sondages - qui pour les cent mille nouveaux adhérents du PS optimisaient les chances de victoire - que par son programme sans ligne idéologique de gauche. Quand elle ne défend pas sérieusement la protection sociale (retraites, SMIC, 35 heures), les services publics, se place sur le terrain de la Droite (délinquance des jeunes, immigration), elle ne mobilise ni son camp, ni les milieux populaires qui veulent être rassurés.  

 

Le PS, en ne créant pas les conditions de l’Union et du rassemblement de toute la Gauche , pour obtenir un vote utile dès le premier tour, a favorisé la campagne anti-système et protestataire de Bayrou qui, utilisé par d’habiles sondages, a pu apparaître comme pouvant battre Sarkosy.  

 

L’existence d’une Gauche antilibérale crédible aurait pu offrir un choix alternatif par un bon programme d’une logique économique et sociale différente qu’elle n’a pas pu mettre en valeur du fait de ses divisions. Ses candidats rassemblaient 20 % des votes en 2002, ils n’ont obtenu que 9 % en 2007. Son éclatement a favorisé le glissement vers le centre d’un PS qui penchait déjà dangereusement de ce côté...

 Le frénétique rapprochement esquissé avec le Modem de Bayrou entre les deux tours, n’a eu pour conséquence que de renforcer le manque de crédibilité de sa candidate et de favoriser l’abstention ou le vote nul d’une partie de la gauche antilibérale et de la droite centriste.  

 

 

 

L’instrument de la conquête du pouvoir  

 

A l’inverse Sarkosy a d’abord rassemblé et unifié la Droite dans l’UMP dont il est devenu le chef incontesté de toutes ses tendances, des plus extrêmes proches du Front National, aux centristes venant de l’UDF, intégrant le gaullisme social et populaire, marginalisant ses derniers bastions. Il a constitué un parti de combat, armé idéologiquement, avec de nouveaux cadres formés pour gagner la bataille des idées. Il a compris que comme l’affirmait le penseur communiste italien Gramsci : la majorité idéologique est plus importante que la majorité parlementaire. Il détourné ainsi le discours classique de la Gauche pour mieux camoufler son dessein libéral, défenseur de la valeur travail alors que sa politique sert les intérêts du grand capital. Il n’hésite pas à critiquer l’Union européenne, proposant (avec raison sur le plan économique) de protéger ses frontières, alors qu’il en est un promoteur et que son premier geste de président a été de s’entendre avec la Chancelière allemande pour contourner le Non des français à l’Europe libérale.  

 

Il a brouillé les pistes en habillant de références de gauche un discours populiste d’extrême droite, mêlant immigration et identité nationale, favorisant ainsi l’opposition entre les communautés face à la nation. Il a conquis le vote populaire du FN tout en s’assurant le soutien des classes dominantes.  

 

Lorsqu’une crise politique et sociale est aussi profonde et que la réponse de la gauche n’est pas adaptée, c’est souvent très à droite qu’elle se dénoue. Le clivage gauche-droite n’opère plus quand la démarque ne se produit que sur les personnalités, dans le déni des politiques qu’elles ont conduites ou qu’elles annoncent. Surtout lorsque l’on s’attache à mobiliser les commentateurs plus que les électeurs. Les sujets de société défendus le sont moins pour eux-mêmes que pour le bruit médiatique qu’ils vont déclencher et par lequel se fera la différence. ...( Le Monde Diplo)  

 

Que faire ?  

 

Avec l’aggravation des mesures libérales que ne manquera pas de mettre en oeuvre le gouvernement Sarkosy dans la continuité du quinquennat précédent, il sera nécessaire d’organiser la résistance et les ripostes, d’apporter des réponses claires, non seulement aux questions économiques et sociales, mais aussi à celles de l’immigration, de la sécurité. Il nous faudra unir dans le même combat les salariés que le sarkosisme oppose entre eux. En collaboration avec les associations et les syndicats, nous devrons démontrer que leur identité repose sur le respect de leur dignité, dans les valeurs républicaines de solidarité, dans la fraternité et l’égalité sans lesquelles la liberté ne signifie rien.  

 

La gauche d’adaptation au libéralisme, qui sous prétexte de modernisation propose d’en revenir à la troisième force de la IV ° république, que ce soit avec Ségolène Royale ou Strauss-Kahn, alliés à Bayrou, est une impasse qui, de renoncement en renoncement, à conduit à la défaite en France comme en Europe, pour répondre aux défis du néolibéralisme auxquels s’affrontent les peuples. « Comment le navrant naufrage de la social-démocratie européenne, suivant de près celui du communisme d’Etat, pourrait-il encore servir de modèle ? Au Royaume –Uni ou en Allemagne, seule ou en alliance avec la droite elle démantèle l’Etat social qu’elle avait construit.*(J.L.Mélenchon). Cette dérive favorise la droite, et son extrême en n’offrant pas de véritable solution alternative.  

 

La résistance du mouvement social n’est pas en soi suffisante pour convaincre les citoyens qu’un autre monde est possible. Pour mener la bataille idéologique, offrir la perspective d’une alternative crédible, la Gauche authentique de transformation sociale a besoin d’un instrument politique qui rassemble les républicains de progrès, des socialistes, des communistes, des écologistes, des altermondialistes pour proposer une politique qui réponde aux défis de l’évolution d’un monde globalisé, tout l’héritage de ses valeurs au sein du cadre de la République qui est le fondement de la société française. C’est vers la construction de cette Force Nouvelle que doivent converger les luttes du mouvement social.  

 

La gauche va-t-elle s’organiser et s’unir pour devenir une gauche de conquête, s’ouvrir aux forces diffuses de la société civile qui agissent sans débouché politique ? Ou comme pour la candidature à la présidentielle va-t-elle maintenir une désespérante division ? L’avenir d’une autre voie à gauche est dans le dépassement des structures obsolètes, celui d’une alternative prête à la conquête et à l’exercice des pouvoirs plutôt qu’à l’adjuration, à l’alliance des forces émiettés et fragmentées plutôt qu’à l’ostracisation du voisin de gauche.  

 

Ce sera sans doute long , mais il est urgent de ne pas attendre car la droite ne nous laissera pas de répit.  

 

le 22 mai 2007            

 Allain GRAUX                          

 

 

PRS 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Allain Grauc publié dans : Editoriaux
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Jeudi 17 mai 2007

Résolution du CN de PRS des 12 et 13 mai 2007

 

 

PRS réunissait son Conseil national au lendemain de la défaite des élections présidentielles.

 

 

 

 

Ce texte est un premier regard collectif de PRS huit jours après le vote du deuxième tour de l’élection présidentielle. Il participe au travail de préparation de la prochaine Convention Nationale de PRS qui se tiendra les 30 juin et 1er juillet.

 
I.
Admettre
  

 

La présidentielle est l'élection centrale sous la Cinquième République. Elle domine le calendrier politique et institutionnel. Mais l'importance du scrutin qui vient d'avoir lieu va encore au-delà. Le scrutin présidentiel de 2007 s’inscrivait dans un cycle d’état d’urgence social et politique. Il ouvre une nouvelle période politique.  

 

Cette élection se place dans un contexte de confrontation sociale aiguë. 

 

C'est la première présidentielle après le coup de tonnerre de 2002 qui avait vu la qualification de l'extrême-droite pour le second tour aux dépens de la gauche. Elle clôt cinq années de pouvoir de droite marquées par des confrontations sur le terrain social et électoral qui ont pris des formes et une ampleur largement inédites, constituant souvent de véritables phénomènes d’insurrection citoyenne fondés sur l’implication populaire. Cette élection débouche sur une nouvelle donne politique.  

 

C'est la première fois depuis trente ans qu'un pouvoir sortant a été renouvelé par les urnes. C'est la première fois depuis trente ans qu'un candidat de droite obtient un score aussi élevé au premier tour, avec près d'un suffrage sur trois. C’est la première fois depuis plus de trente ans que la droite en France assume son identité libérale-sécuritaire et la propose sans fard au pays comme issue à la crise sociale qui le ronge et à la crise de sa représentation politique collective.  

 

Rien d'utile ne peut être entrepris à gauche qui ne parte d'une analyse lucide de la défaite et de ses causes. Avant de se relever, il faut admettre que l'on est à terre. Avant de se remettre en marche, il faut comprendre ce qui vous a fait chuter. L'analyse des résultats n’est pas tournée vers le passé : elle dessine les lignes d'action pour l'avenir. 

II.
Comprendre
  

 

A. La France en 2007 : un pays exaspéré, une attente politique immense  

 

Quel est l'état de la France au moment où débute la campagne présidentielle ? Certains estiment que le pays était alors en train de glisser à droite – l’issue de l’élection était dès lors écrite-, d'autres que le balancier faisait au contraire mouvement vers la gauche – l’élection était dès lors imperdable. Aucune de ces approches n'est réellement convaincante. Car la thèse du glissement à droite ne rend pas compte des mouvements de la période passée (victoire historique de la gauche aux élections de 2004, référendum de 2005, mouvements sociaux de 2003 et 2006) tandis que celle de la poussée à gauche n’explique pas le résultat du vote de 2007 (le candidat de droite obtient tout de même deux millions de voix d’avance !).

 Il serait plus juste de dire que la France de 2007 est en plein état d'urgence politique. Ce qui caractérise le mieux notre peuple est son exaspération. Les principes censés produire le consentement à l'autorité ne sont soient plus perçus, soient plus admis. Cette crise de légitimité se constate dans toutes les catégories sociales, des émeutes urbaines dans les quartiers à l'incivisme fiscal revendiqué comme un comportement légitime par les plus riches.Ce qui nous avait d’ailleurs frappé au début de la campagne, ce n'était ni une dynamique à gauche ni un glissement à droite. C'était l'existence d'une grande masse de désemparés ne sachant pas de quel côté se tourner. Cela nous avait conduit à dire que la campagne présidentielle de la gauche ne devait pas chercher à agglomérer des cheptels électoraux largement fictifs mais devait viser un travail d'éducation populaire en direction du plus grand nombre. 

 

Le déroulement de la campagne a confirm&eacut