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Jeudi 5 avril 2007

Pour information

Réunion publique avec José Bové ,candidat à la présidentielle

           Le 11 avril à 18h30 àDijon salle Devosge 

un autre monde est en marche

 

 

 

  

Meeting.Débats.Rencontres.Quelles propositions pour la gauche ?

 

 

 Soirée avec animations,musique,buvette  

 

 

   Un autre monde est en marche

                   Un autre monde est possible

 

par Pour la République Sociale 21 publié dans : Presse
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Mercredi 4 avril 2007

Pour la République Sociale   

 

 

 

Services publics et identité nationale  

 

 

Samedi prochain, nous nous mobiliserons, venus de toute la France , pour défendre l'identité nationale. Non pas en nous postant aux frontières pour y guetter l'immigrant, comme le suggère Nicolas Sarkozy. Mais en nous rendant à Firmi, dans le département de l'Aveyron, participer à la fête nationale des services publics qui a choisi d'investir l'espace d'un samedi cette commune du bassin minier de Decazeville.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel meilleur fondement en effet à notre identité nationale que le service public, vilipendé justement par les libéraux au nom du fait qu'il constituerait une " exception française " ? Or ce n'est pas cette exception sociale et républicaine que le candidat de l'UMP entend défendre. En liant la question de l'identité nationale et celle de l'immigration, il s'inscrit au contraire, comme Le Pen avant lui, dans une stratégie visant à remplacer la question sociale par la " question raciale ", ouvrant ainsi la voie à une remise en cause des fondements de notre République. L'histoire de France nous montre que l'on peut vite se retrouver sur cette pente dès lors que l'on dévie d'un millimètre du principe suivant : l'identité nationale, c'est l'identité républicaine. Point barre. C'est pourquoi nous disons qu'en France, ce n'est pas la Nation qui fonde la République mais la République qui fonde la Nation. La question " qu'est-ce que la France ? " ne nous plonge pas dans des abimes de perplexité. Nous y répondons très précisément : une communauté légale de citoyens libres et égaux sur un territoire dans lequel les lois issues de la souveraineté populaire s'appliquent à tous de manière indivisible. Cette définition politique de la Nation , conforme à l'héritage de la Grande Révolution de 1789, s'oppose radicalement à toutes celles qui la fondent sur de prétendues racines, exprimées crûment comme pureté de la lignée ou habillée des oripeaux de la religion, de la culture voire de la langue.   

Ce n'est pas là un débat théorique sans implications concrètes. Nous avons été les premiers dans ces colonnes à souligner qu'en France tout particulièrement, en raison de cette identité singulière, la crise sociale conduit à la crise politique et la crise politique à la crise nationale. Remettre en cause l'égalité des individus, c'est remettre en cause celle des citoyens qui fonde notre contrat politique. C'est percuter l'identité nationale elle-même. L'état d'urgence politique dans lequel se trouve notre pays est tissé des ces enchevêtrements. Vouloir remettre en ordre une telle pelote implique donc de saisir le fil qui commande tous les autres, celui des politiques libérales qui ont conduit à cette crise. Ce sont les remises en cause de la primauté de l'intérêt général, de la limitation des droits de la propriété par ceux de l'homme et du citoyen, de l'égalité des citoyens, de la souveraineté populaire qui mènent le pays à l'état d'exaspération dans lequel il se trouve.   

En cela, la remise en cause voire le doute sur l'identité nationale n'est pas l'apanage de quelques étrangers mais celui des Français eux-mêmes. Ce sont des libéraux bien de chez nous qui expliquent que les règles sur lesquelles était fondée la Nation républicaine sont dépassées. Nos concitoyens doivent pouvoir clarifier cette question. C'est pourquoi nous avons également dit que pour donner une issue positive à l'état d'urgence politique, il fallait que le peuple français puisse à nouveau se prononcer sur les principes politiques autour desquels il entend se réunir. Et que nous avons défendu la démarche de l'Assemblée Constituante pour une sixième République, reprise la semaine dernière l'espace d'une journée par Ségolène Royal, suscitant l'indifférence médiatique (l'information a été reléguée en page 11 du Monde !) et l'affolement d'une partie des hiérarques socialistes peu désireux d'engager une révolution qui ne se serait pas limitée à quelques aménagements des institutions de la Ve.   

Nicolas Sarkozy déclarait récemment sa détermination à combattre " celui qui ne veut pas respecter notre conception de l'homme, celui qui récuse l'humanisme (...), qui veut abolir l'héritage des Lumières et de la Révolution ". C'est ce que nous ferons à Firmi en défendant le service public contre le financier qui veut soumettre les biens communs du pays à la logique du profit privé, contre celui qui s'accapare le patrimoine national, refuse la solidarité fiscale ou cherche par tous moyens à contourner les lois sociales du pays. Nous y serons donc en campagne contre le MEDEF et ses relais, au premier rang desquels se trouve Nicolas Sarkozy. Nous y remplirons notre devoir de citoyens en faisant tout pour que les vraies menaces qui pèsent sur notre patrie républicaine soient enfin au cœur du débat des présidentielles alors que d'autres voudraient nous enfumer en se servant des immigrés.

 François Delapierre

 

 

 

 

 

 

par François delapierre publié dans : Editoriaux
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Jeudi 22 mars 2007

LES SYNDICATS EN FRANCE  

 

I- LE SYNDICALISME INTERNATIONAL SE RASSEMBLE  

 

Le 1° novembre 2006, il s’est produit un évènement considérable pour le monde des travailleurs, pour le monde syndical : la naissance de la CSI (Confédération Syndicale Internationale). Cette centrale mondiale  regroupe 309 organisations de 156 pays qui rassemblent 167 millions de syndiqués. C’est la première fois dans l’histoire du syndicalisme que se crée une confédération quasi unique.

Le syndicalisme international  

 

1913- Apparaît la FSI (Fédération syndicale Internationale) qui vise à regrouper les organisations syndicales du monde. Elle siège à Amsterdam. Elle est essentiellement européenne et Nord-américaine.

1917- La révolution Bolchevique en Russie, la création des partis communistes en 1920, vont bouleverser aussi le monde syndical.

Sous l’impulsion des Soviétiques, la FSI éclate en 1920 : le courant révolutionnaire crée l’ISR

(Internationale des syndicats Rouges ou PROFINTERN).

Après la guerre, le Chrétiens-sociaux créent la CISC (Confédération International des Syndicats Chrétiens.)

Le paysage syndical se divise comme le paysage politique du monde ouvrier, entre socialistes réformistes, révolutionnaires communistes, et Chrétiens.

En France, la CGT Unitaire (Communiste) se détache de la CGT (créée en 1895). Elle se réunifiera au moment du Front populaire en 1936. Les Chrétiens sont rassemblés dans la CFTC qui est née en 1919.

1945- La FSI devient la FSM qui est son prolongement ; l’ISR a disparu dans les années 30. FSI et ISR se retrouvent dans la FSM ( Fédération Syndicale Mondiale)

1949- La FSM se divise ; la CISL (Confédération des syndicats Libres) se crée sous l’influence de l’AFL-CIO (Etats-Unis). C’est la guerre froide. La CGT reste à la FSM. Tandis que la CGT-FO (Force Ouvrière), réformiste, de tendance sociale-démocrate est créée avec l’aide et les fonds de la CIA  au moment des grandes grèves de 1947. Elle est fondatrice de la CISL. La CFDT, scission de la CFTC la rejoindra en 1982.

1969- La CISC devient la CMT (Confédération Mondiale du Travail), avec la déchristianisation du syndicalisme chrétien (création de la CFDT ).

1973- La CEE amène les syndicats européens à se regrouper dans la CES ou ETUC (Confédération Européenne des Syndicats).

Les trois structures : communiste, sociale-démocrate, chrétienne, coexistent.

1989- Chute du mur de Berlin : la FSM est en crise à partir de 1990, avec l’éclatement de l’URSS.

1994- La CGT sort de la FSM , pour devenir non affiliée.

2004- CISL et CMT décident de se rapprocher et créent la CSI

Cette création constitue un bouleversement très important ; Les sociaux-démocrates, les chrétiens, ainsi que les anciennes organisations de la FSM sont rassemblés dans une même organisation. 

   

 

 

II- LE DIALOGUE SOCIAL EN FRANCE

 

 

 

Le 23 octobre 2006, le MEDEF invite les 5 syndicats représentatifs à une rencontre pour parler des sujets suivants : le contrat de travail, la sécurisation des parcours professionnels, l’assurance-chômage.

L’objectif est d’arriver à des constats : un état des lieux commun, un diagnostic partagé.

Cette invitation est étonnante car depuis un an se déroule en catimini des discussions sur les accidents de travail et la pénibilité, et elles ont été bloquées par le patronat. Il semble paradoxal que ce soit le MEDEF qui rassemble les syndicats. Pourquoi ?

Parce que pour le principal syndicat patronal, cette démarche vise surtout à préparer le terrain pour les prochaines échéances électorales de 2007, comme futurs adversaires ou partenaires du pouvoir. Cela entre dans leur logique de la REFONDATION SOCIALE. La CGT a refusé de s’associer  à ces commissions de travail,

Les lois Aubry en 1998 (35 heures) avaient provoqué une vraie révolution dans le syndicalisme patronal, et entraîné la démission de Jean Gandoy qui avait déclaré : « un tueur doit me remplacer... »

Ce fût le baron Sellières.

La refondation sociale s’enlise, mais en 2002, elle est à nouveau à l’ordre du jour avec la réélection de Chirac à la présidence de la République qui satisfait pleinement le MEDEF.

En 2005, le premier ministre Villepin qui a succédé à J.P. Raffarin instaure le CNE*, puis le CPE* qui provoquent la colère des syndicats. Elle aboutit à un puissant mouvement unitaire des organisations étudiantes, d’enseignants et ouvrières en février 2006, qui oblige le gouvernement à retirer le CPE de la loi sur l’égalité des chances.

Ces textes votés sans concertation remettaient profondément en cause le droit du travail. Ils donnaient  satisfaction au MEDEF au mépris de la loi sur le dialogue social adoptée deux ans plus tôt. Après cet échec gouvernemental réapparaît le serpent de mer du dialogue social.

Deux rapports importants sont publiés :  

 

1)- Le rapport Chertier : il faut rendre obligatoire une période de concertation de 3 mois avant toute réforme sociale pour associer le patronat et les syndicats à la loi.  

Il prévoit un renforcement du rôle du Conseil Economique et Social. 

 

2)- le rapport Raphaël Hadas-Lebel : sur la représentativité et le financement des organisations syndicales.

-         les organisations syndicales doivent-être financées par des fonds publics.   

-         Ex: le chèque syndical (AXA )distribué aux salariés pour adhérer au syndicat de leur choix.  

-         L’électeur salarié est l’élément désigné de la représentativité.  

En fait, derrière cette idée de dialogue se cache un enjeu fondamental :

o       l’ordre social public  

o       La loi ou la convention

C’est le fondement du droit du travail qui est interpellé : le principe de faveur :  

 

la loi (actuellement) prime sur l’accord de branche ou d’entreprise.  

 

Un accord d’un niveau inférieur ne doit pas déroger à un accord de niveau supérieur.

Ce principe avait déjà été écorné par les Lois Auroux en 1981, par des dérogations.

L’enjeu est de savoir si c’est le suffrage, la loi, qui doit prévaloir ou si c’est la négociation entre partenaires. Cela renvoie à des rapports de force, à des relations inégales - selon les entreprises – entre le Medef et les syndicats de salariés. Le suffrage universel est une garantie que la loi s’applique également pour chaque citoyen en tout lieu, sur tout le territoire. Le contrat d’entreprise ou de branche, signé par un syndicat dit représentatif permettrait de passer outre à la loi. Il accorde la priorité à une négociation en fait faussée par les rapports inégaux ou l’absence de représentativité réelle. Le pouvoir législatif et son exécutif, l’Etat, garantissent l’égalité de tous devant la loi républicaine.

Ainsi Laurence Parisot, Présidente du Medef, a déclaré qu’il fallait réviser la Constitution (article 34). Remettre ainsi en cause le pouvoir législatif du parlement en matière de droit social et du travail, serait se mettre à la merci du patronat.

L’autre enjeu c’est la représentativité.  

Pour asseoir la légitimité, il faudrait que les partenaires sociaux soient légitimement représentatifs.

Or qu’est-ce qui organise ce principe ? Il est basé par la loi de 1966 qui reconnaît cinq organisations syndicales comme irréfragables . Elle permet à une seule organisation «représentative» de signer des accords sans le moindre élément d’implantation dans l’entreprise.

La représentativité : elle se mesure certes par le nombre de syndiqués, mais aussi par l'influence auprès des travailleurs dans les élections de leurs représentants. La capacité d'action est plus difficilement mesurable et relève de traditions historiques et de formes de luttes ou de négociations différentes.

Certaines organisations sont peu signifiantes aujourd’hui, comme la CFTC qui ne dépasse pas

50 000 membres, la CGC (~100 000), pour 25 millions de salariés.

Les cinq organisations reconnues et nombre d'adhérents: CFDT (808 581) ; CGT (700 926 en 2005), CGT-FO (~300 000), CGC,(~100 )000 CFTC (~80 000).

Alors que sont apparues de nouvelles centrales, comme SOLIDAIRES (93 000), l’UNSA (360 000 –

7 % des syndiqués), la FSU (1° syndicats de la Fonction publique et de l'enseignement)

Représentativité dans la fonction Publique( 2002-2004) : FSU : 18,94 %  ; UNSA : 15,51 % ; CGT : 16,34 % ; FO : 13,70 % ; CFDT : 12,75 % ; CGC : 3,31% ; CFTC : 2,18 %,

*(Les enseignants du syndicat autonome unitaire de la FEN , se sont divisés entre les nouvelles  centrales de l'UNSA et de la FSU )  

 

Les chiffres des élections prud’homales de 2002 : CGT : 32,1 % ; CFDT : 25 % ; FO : 18 %; UNSA : 5,01%.

Les élections de délégués du personnel en 2004 : CGT : 24,5 % ; CFDT : 22,4 % ; FO : 12,6 % ; CFTC et CGC ensembles : 6,1 %.

Les accords : la loi Fillion permet à un accord d’être majoritaire en fonction du nombre de syndicats représentatifs signataires ; ce qui est aussi contestable.

Evidemment, la proposition de faire reposer la représentativité sur le vote rencontre l’opposition de FO, de la CFTC , de la CGC , à l’inverse de la CGT et de la CFDT et des organisations non reconnues encore.

  

Une proposition pour mesurer la représentativité.  

 

Ce serait de procéder à des élections professionnelles de délégués du personnel, ou des  représentants des salariés à la CPAM (Sécurité sociale), le même jour dans toutes les entreprises.  

 

Les accords d’entreprise ou de branches ne pourraient être légalisées que par une majorité désignée par les élections.  

La loi républicaine resterait prioritaire sur les accords inférieurs, d’entreprise ou de branche.  

 

Le Conseil Economique et Social vient de se saisir de ces importantes questions qui devront trouver une solution conforme aux principes démocratiques si on veut redonner de la légitimité au syndicalisme en France.  

 ·       CNE – contrat nouvelle embauche 

·       CPE – contrat première embauche 

 

III -Caractéristiques du syndicalisme en France 

Le modèle français se caractérise par un aspect continu, toujours valable, en regard des pays voisins, anglo-saxons, nordiques, hormis de brèves périodes : 

 

      - un syndicalisme faible par le nombre de ses adhérents. 

 

Cela ne signifie nullement qu’il ne serait pas en mesure de rassembler le salariat. Il eût des périodes de syndicalisme de masse où les organisations syndicales regroupaient plus de la moitié des salariés.  

 

( 1936-37 – 1945- 1947 )  

 

La France est néanmoins la lanterne rouge des pays de l’OCDE avec un taux de syndicalisation inférieur à 10 % ( 8 % probablement – 3 à 5 % dans le privé en 2006). En Suède, Norvège, Finlande, les taux oscillent entre 85 à 90 %... 

 

Cette faiblesse est liée  à une deuxième caractéristique : 

 

      - la désunion ou le pluralisme syndical 

L’unité est exceptionnelle. Les périodes d’unité sont des périodes favorables au rapport de force : 

 

Unité organisationnelle (Le Front Populaire, La libération), ou unité d’action (1960-1970 , CGT-CFDT). 

 

Le syndicalisme français a été marqué par l’idéologie marxiste de la lutte des classes. Ce qui ne signifie pas qu’il aurait un lien intrinsèque avec le politique, qu’il serait politisé, même si d’évidence il a des rapports avec le politique au cours de son histoire. il n’existe pas dans le monde de syndicats qui ne soient pas liés à un parti politique. Dans des pays proches de la France , comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne , le syndicat est lié structurellement au parti social-démocrate. Au Royaume-uni, ce sont les Trade-Unions qui ont créé et financent le Parti Travailliste. (Bien que récemment certains syndicats britanniques aient rompu avec le New-Labour de Tony Blair).  

 

C’est impossible en France, ne serait-ce que légalement. La charte d’Amiens*, en 1906, consacre l’indépendance du syndicalisme français par rapport aux partis politiques

  

 

 

En Allemagne, à l’inverse, c’est le SPD qui a contribué à la création du syndicalisme allemand. 

 

Il ne faut donc pas confondre la radicalité et la politisation.  

 

L’histoire sociale en France a été marquée par des affrontements très violents entre l’Etat, le patronat, le mouvement ouvrier. Jusqu’en 1945, il a vécu avec le souvenir de la saignée de la répression contre la Commune de Paris en1871 : 30 000 morts, blessés, déportés. Cette histoire pèsera longtemps et lourdement sur la destinée du syndicalisme français, avec l’idée que :  

 

-         pour exister il est nécessaire de se battre.  

Par ailleurs le patronat français n’a jamais accepté le pouvoir syndical et encore moins de partager le pouvoir dans l’entreprise. C’est uniquement par la lutte et les grèves que le syndicat pourra s’imposer et être reconnu : en 1936 lors du Front populaire, à l’extérieur. C’est seulement  en 1968 que la section syndicale d’entreprise sera reconnue et ses droits affirmés en 1981 ave les lois Auroux.  

C’est par la lutte des classes que les conquêtes ouvrières ont marqué l’histoire du pays. L’empreinte variera selon les périodes et les organisations. Elle irrigue sur le long terme l’ensemble du mouvement et est typique du syndicalisme et de l’histoire sociale en France.  

La lutte n’est pas idéologique, c’est un état pratique, relevant des rapports de force avec le patronat.  

 

Les grands courants syndicaux français.  

 

-         socialiste : CGT et CGT FO ;  

-         communiste : CGTU, CGT.  

-         chrétien : CFTC, CFDT.  

-         autonome : les enseignants : ( la FEN , puis la FSU , Solidaires), l’UNSA ( Fonction publique)  

-         anarchiste : la CNT (ultra minoritaire) 

 

Le syndicalisme est éclaté en une multitude d’organisations de salariés, de non salariés, de professionnels, du syndicalisme étudiant. 

 

 

 

La charte d’Amiens et le syndicalisme contemporain.

 

 

 

 

Le 13 octobre 1906 à son congrès d’Amiens la CGT expose dans une déclaration, une série de dispositions élevant en charte des principes et objectifs syndicaux.  

 

  

Principes :

 

 

 

Le Congrès réaffirme le principe de la lutte de classes des exploités contre les exploiteurs en vue de soustraire les travailleurs à l’oppression, tant matérielle que morale, mise en oeuvre par la classe capitaliste. La CGT regroupe tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat, en dehors de toute école politique. 

 

Les moyens pour parvenir à cet ultime objectif révolutionnaire est la grève générale. Elle est la solution qui permettra d’installer le syndicat comme base sociale de réorganisation de l’économie et où le syndicat sera à la fois le groupement de production et de répartition des richesses produites.  

Le congrès précise ses objectifs en indiquant que le syndicalisme devait entraîner simultanément une double besogne  

            Réaliser les conditions permettant l’amélioration immédiate de la vie des travailleurs.  

          • Réaliser les conditions de l’émancipation intégrale par l’expropriation des biens des capitalistes.  

 

Cette double besogne doit conduire les travailleurs à considérer que leur appartenance au syndicat est un impératif essentiel de la transformation sociale, quelle que soit sa catégorie ou classe sociale et quelles que soient ses tendances philosophique et politique.  

Cette exigence d’appartenance syndicale implique pour le syndiqué une double règle de vie en interne au syndicat. Que le syndiqué a l’entière liberté de participer de dehors du groupement corporatif, à l’exercice de ses propres convictions politiques ou philosophiques, et qu’en contrepartie, le syndiqué s’engage à ne pas introduire dans le groupement corporatif les opinions qu’il professe en dehors.  

L’exercice d’un droit politique nouveau pour les citoyens a été un acte social fort en 1905 alors qu’un an plus tard, la CGT suspendait ses syndiqués de l’exercice de leurs opinions politiques ou philosophiques à l’intérieur du syndicat. La charte d’Amiens a mise de coté le débat politique par lequel le droit institutionnel et les politiques exécutives qui en garantissent le respect sont nécessaire à l’accomplissement révolutionnaire, notamment celui qui consiste à faire du syndicat le groupement de production et de répartition des richesses produites. Cette contradiction est structurelle à la charte car elle déclare s’adresser qu’aux seuls travailleurs salariés et conscients des luttes à mener pour réaliser l’idéal révolutionnaire d’expropriation capitaliste. Cette disposition a contribué aux dissensions syndicales qui ont donné naissance à d’autres organisations syndicales au cours du 20° siècle. Ce positionnement à l’égard du politique a conduit le citoyen à considérer le politique comme agissant sur le mouvement social de façon intéressé et dont le seul but serait la récupération électorale. Cette forme de pensée a participé de la disqualification du monde politique et par la même à son rejet.

Néanmoins, la question du projet politique soutenue par les différents partis politiques ne doit pas laisser indifférent le syndicalisme. Les étapes électorales doivent pour les syndiqués être l’occasion de faire avancer leur revendication et la possibilité pour le syndicat de confronter les programmes des différents partis politiques, à son ambition syndicale, à sa double besogne.

(Daniel Cojean, CGT RATP)  

 

LA CHARTE D'AMIENS

Le congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2, constitutif de la CGT : " La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat..." Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d'exploitation et d'oppression, tant matérielle que morale, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière.   

Le Congrès précise, sur les points suivants, cette affirmation théorique: Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l’œuvre du syndicalisme; il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale. Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d'avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d'appartenir au groupement essentiel qu'est le syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l'entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu'afin que le syndicalisme atteigne son maximum d'effet, l'action économique doit s'exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la transformation sociale.  

Déclaration adoptée le 13 octobre 1906 par le IXe Congrès de la Confédération Générale du Travail, réuni du 8 au 14octobre 1906 à Amiens. (Texte adopté par 830 voix contre 8 et 1 blanc)


IV - La C G T 

La CGT est née en 1895 au Congrès de Limoges. Ce n’était cependant pas l’acte de naissance du syndicalisme français. 

C’est après l’épisode sanglant de la répression de la Commune de Paris (1870) que des organisations ouvrières illégales surgissent et s’organisent. A partir de 1881, on compte en France cinq cent chambres syndicales de toutes natures, des associations mutualistes et des Bourses du travail.  

*1791- La loi Le Chapelier-qualifiée de terrible par Jean Jaurès-confirme la suppression des corporations et l’interdiction des coalitions et les actions qui peuvent en découler comme la grève.

  

 

 

*1884- La loi Waldeck Rousseau abroge la loi Le chapelier et autorise la création des syndicats en France. Les activités de secours mutuel et les activités syndicales sont formellement séparées. Cette différenciation sera très importante dans l’évolution du syndicalisme en France à la différence du syndicalisme germanique, nordique, anglo-saxon. 

 

Des congrès ouvriers se déroulent en 1876,1878,1879. Ces premiers congrès sont très composites : on trouve des sectes socialistes, des représentants de mutuelles, d’associations d’entraide. Deux formes d’organisations se sédimentent et s’opposent : les mutuelles qui sont les plus importantes grâce au soutien de Napoléon III et les chambres syndicales, plus radicales. Certaines mutuelles soutiennent les mouvements de grève en organisant la prévoyance et les caisses d’entraide. 

 

*Le droit de grève a été reconnu le 25 mai 1864.  

La structure fédérale ( verticale) 

 

*1886 – Date de création de la première organisation : 

 

  La Fédération Nationale des Syndicats et groupes corporatifs de France et des Colonies ( FSN).   

Elle est animée par des «guesdistes».  

*Jules Guesde a créé le Parti Ouvrier Français. C’est un personnage décisif du mouvement socialiste qui a fait pénétrer le marxisme en France. 

 

Deux caractéristiques :

Deux :         les ouvriers sont rassemblés en corporations par métier (plusieurs syndicats pour un même produit, rassemblés en Fédérations).

 

 

-         le syndicat est sous l’influence directe du POF.

 

 

 

 

La structure locale horizontale

 

 

Elle se développe à travers les Bourses du travail, avec le responsable ouvrier Fernand Pelloutier.

 

 

1892 – Les Bourses se fédèrent en Fédération Nationale des Bourses du Travail, en particulier dans les villes dirigées par des socialistes. Ce seront les bases ouvrières du «socialisme municipal».

 

 

Ses animateurs sont plutôt des anarchistes.

 

 

 

 

Les anarchistes voulaient changer le monde par l’action directe, les attentats. Cette forme d’action a tourné court et entraîné

 

 

 une forte répression. Les anarchistes se réfugient au sein des Bourses qu’ils vont influencer avec un message libertaire

 

 

par Allain Graux publié dans : Editoriaux
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Samedi 3 mars 2007

Première initiative européenne pour la Constituante


C’est un sacré paradoxe. Dans les pays européens où la discussion publique sur le projet de Constitution européenne a été inexistant, on échafaude des scénarios après les « non » français et néerlandais. En France, pays où la grande controverse référendaire a passionné le peuple tout entier, point de débat.

En savoir plus sur l'initiative pour une Constituante Européenne...   

 

 

Bien sûr Chirac n’a ni retiré la signature de la France ni pris la moindre initiative. Mais la gauche aussi a été singulièrement inerte. Ainsi, aucune initiative n’a été prise par les partisans socialistes du « oui » pour interpeller la sociale-démocratie européenne au moment où celle-ci prônait partout la poursuite du processus référendaire. Et du côté du "non", beaucoup d'énergie est perdue dans des efforts de démarcation entre factions, voire vis-à-vis de l'adversaire socialiste, en négligeant de porter le mandat du 29 mai.

Il nous a donc fallu beaucoup de ténacité pour défendre depuis le 29 mai dans la gauche européenne la proposition d’une Assemblée Constituante européenne. Ce travail souterrain, qui doit tout à la responsable internationale de PRS, Raquel Garrido, s’est donné à voir vendredi et samedi derniers lors de deux journées de rencontre et de discussion au Sénat. Les délégations européennes représentaient pas moins de dix pays. La résolution finale témoigne du haut niveau de leur convergence politique. L’audition de représentants d’Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet et Ségolène Royal a montré que cette question se trouvait bien posée dans la présidentielle. Les participants ont pu constater qu’une différence fondamentale séparait sur cette question le candidat de droite Sarkozy de tous les candidats de gauche. D’un côté, la droite défend l’adoption d’un mini-traité par la voie parlementaire, de l’autre la gauche s’engage pour un nouveau referendum. Faut-il ou non construire l’Europe sur l’adhésion populaire ? C’était le point de départ de ces journées. Non seulement la question européenne est dans la campagne, mais c’est un argument supplémentaire pour battre la droite et faire gagner la gauche.

 

 

 


Appel pour une assemblée constituante européenne

Etaient présents à l'initiative pour une assemblée constituante européenne les délégués européens suivants :

 

  • Vicent Garcés PSOE Espagne
  • Andrés Perelló PSOE Espagne
  • Bernd Schneider PDS-Linkspartei Allemagne
  • Martin Hantke WASG Allemagne
  • Jean-Maurice Dehousse PS, Belgique
  • Miguel Portas Bloc de Gauche, Portugal
  • Henri Wehenkel Déi Lénk, Luxembourg
  • Jan Majičék SOK, République Tchèque
  • Oscar Reyes TNI, Pays-Bas
  • David Soldini Mouvement Fédéraliste Européen
  • Michael Efler Mehr Demokratie, Allemagne
  • Erik Wesselius, CEO, Pays-Bas
  • Gabriel Léo Enlazando Alternativas, Autriche
  • François Delapierre PRS France
  • Raquel Garrido coordinatrice de l’Initiative, PRS France
  • Alexis Corbière PRS France 

INITIATIVE POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE EUROPENNE

Réunis à Paris les 23 et 24 février 2007, à quelques semaines de l’élection présidentielle française, à quelques mois de la conclusion de la présidence allemande, à deux ans de la prochaine élection du Parlement européen, nous, responsables de divers courants de la gauche européenne, lançons un appel en faveur d’une Assemblée Constituante européenne. Nous invitons à s’emparer de cette initiative tous ceux qui veulent agir pour donner une issue positive à la crise actuelle, tirer les leçons des impasses du cours antidémocratique suivi par la construction européenne et donner enfin le pouvoir aux citoyens d’Europe.

Le projet de Constitution européenne négocié entre dirigeants européens a subi un lourd échec. Il a été rejeté par les électeurs dans deux pays, la France et les Pays-Bas, fondateurs de l’Union Européenne. Il l’aurait sans doute été dans plusieurs autres si des référendums y avaient été organisés. Car le fossé se creuse chaque jour entre ce qu’attend la majorité des citoyens européens et le cours suivi par la construction européenne.

Or la tentation existe de passer outre le résultat négatif des référendums français et néerlandais. Angela Merkel a exprimé cette volonté à plusieurs reprises. Nous refusons l’idée selon laquelle il y aurait d’un côté 18 pays favorables au projet de Constitution et de l’autre deux pays qu’il s’agirait d’encercler. Une telle attitude cherche à dissimuler le fait que, si 18 pays se déclarent favorables à la Constitution, deux seulement l’ont ratifié par référendum, que sept autres ne l’ont pas ratifié et ne sont pas prêts à le faire. Cette attitude ne peut que renforcer le nationalisme et dresser les peuples les uns contre les autres.

La tentation existe également de se passer désormais de l’avis des peuples pour poursuivre la construction européenne. Nous estimons à l’inverse que le « non » français et néerlandais doit ouvrir une nouvelle phase de la construction européenne recherchant par le débat public le soutien populaire. C’est pourquoi nous espérons mieux de la France que la proposition faite par Nicolas Sarkozy, candidat de la droite libérale à l’élection présidentielle française, d’un mini-traité, négocié dans le secret des échanges diplomatiques, et ratifié par la seule voie parlementaire.

Pour garantir la paix, construire le progrès social et promouvoir un nouvel ordre mondial, nous avons besoin d’Europe mais nous avons besoin d’une autre Europe. Il est illusoire de croire que l’on pourra la construire sans ses habitants, encore moins contre leur avis. Nous voulons à l’inverse refonder l’Union Européenne sur la souveraineté populaire sans laquelle aucune décision n’est légitime. Il faut en finir avec les négociations secrètes, les textes incompréhensibles, les institutions dans lesquelles des personnes nommées concentrent l’essentiel du pouvoir tandis que celles qui sont élues n’en ont parfois aucun. Il faut qu’enfin les citoyens européens puissent choisir l’orientation qu’ils veulent voir appliquer en Europe. C’est pourquoi nous exigeons que la Constitution dont l’Europe a besoin soit le résultat d’un large débat public dans lequel les citoyens aient le dernier mot. Nous demandons donc la convocation d’une Assemblée Constituante permettant d’adopter de manière transparente et démocratique le texte d’une future Constitution européenne qui devra être soumis à référendum.

 

par Pour la République Sociale publié dans : Déclaration et textes
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