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Dimanche 14 janvier 2007

Les pauvres ne partent pas en vacances. 

 

 Ceux qui ne mangent pas à leur faim sont peu sujets aux indigestions du réveillon. Pour eux, pas de trêve des confiseurs ! Pendant les fêtes, l’urgence sociale a continué son chemin. Elle s’est invitée dans le débat présidentiel avec les campements du Canal Saint Martin et la réquisition d’un immeuble vide place de la Bourse. Qu ’elle s’exprime ainsi est la bonne nouvelle de l’année qui commence. Chaque fois que se dit l’urgence d’un autre partage de richesses par ceux qui en subissent le plus durement la dégradation constante, un horizon de combat, de rassemblement et d’émancipation se dessine pour la gauche et pour la société. Chaque fois que la question sociale est oubliée, occultée par le discours sécuritaire et la tentation de dresser les petits contre les plus petits qu’eux, c’est un boulevard qui s’ouvre pour l’extrême-droite.  

 

Comme lors des émeutes en banlieue, la question sociale s’exprime avec une énergie inédite dans une des lignes de faille ouvertes par les coups de boutoir du libéralisme. La chaîne craque en ses maillons les plus faibles. Ce sont d’ailleurs de nouvelles formes et figures de lutte qui émergent. Dans le petit monde médiatique il est de bon ton de vanter l’habileté de leurs initiateurs. Ce vrai-faux compliment réduit leur succès à un bon tour. Mais ces militants sont aussi très jeunes, parfois naïfs voire maladroits. Leur réussite vient de plus loin qu’une opération bien menée.  

 

Leur force repose d’abord sur leur capacité à susciter l’implication citoyenne. Les enfants de Don Quichotte rompent avec l’indifférence tranquille et quotidienne qui devient une condition de tranquillité personnelle dans ce système où chacun enjambe des SDF comme si cette question ne le concernait pas. Elle y oppose un moyen d’agir et de s’impliquer. Belle leçon pour la gauche ! Mille discussions d’arrière-cafés enfumés ne seront pas parvenues à remettre la question sociale au premier plan. Le campement du canal Saint Martin l’a fait. Sans implication populaire et personnelle, l’action politique est impuissante.  

 

En retour, la réussite de ces mouvements les confronte à la nécessité du débouché politique. Les enfants de Don Quichotte sont en ce moment même aux prises avec cette difficulté. En interpellant les pouvoirs publics, ils ont ouvert une discussion avec le gouvernement qui leur propose un plan de mesures. Peut-on lui faire confiance ? Faut-il oublier ses soutiens patronaux, son orientation libérale et son bilan de casse des droits sociaux ? Cela implique donc de porter un jugement politique. Mais peut-on faire confiance pour autant aux partis de gauche ? Sur quelle base ? Et faire confiance à personne ? Mais quelle est alors l’utilité d’une démarche qui consiste à interpeller les pouvoirs publics pour qu’ils agissent ?  

 

La revendication du droit au logement opposable, que PRS avance dans son manifeste adopté en avril 2006, pose que la République ne peut se contenter de proclamer des droits souhaitables mais que sa raison d’être est de les réaliser. C’est la même démarche que celle de Jules Ferry faisant voter l’école laïque, gratuite et obligatoire pour tous, ce qui permet à tout parent qui verrait refusée la scolarisation de son enfant d’attaquer l’Etat en justice. Il fallut ensuite quelques années, beaucoup d’efforts et de détermination pour mettre cette loi en œuvre. Le droit au logement opposable implique de même un service public du logement, la remise en cause de la spéculation foncière en revenant sur le statut des sols, le refus de la suprématie du marché dans la fixation des prix des loyers… Proclamer le droit au logement opposable, c’est affirmer que l’intérêt général doit s’imposer face à la conjonction d’intérêts privés qui conduit à l’existence de 100 000 sans abris et trois millions de mal logés dans notre pays. C’est donc ouvrir un champ de confrontation considérable avec les forces du capital.  

 

Les tâches d’un militant politique républicain et socialiste sont donc multiples. D’abord s’impliquer, participer à la lutte sans laquelle rien ne se fera. Ensuite, contribuer à la mobilisation et à l’éducation populaire des pauvres qui redressent la tête. L’Amérique Latine montre ce que cela peut libérer d’énergie populaire contre le système libéral. Ca l’est aussi dans le cadre de la course de vitesse contre l’extrême droite. Il faut donc expliquer que le mal logement ne tombe pas du ciel, que ses victimes n’en sont pas les responsables, pas plus que les immigrés, mais qu’il est directement lié à un régime d’accumulation qui permet à certains de concentrer la richesse même si c’est au prix de la marchandisation des moyens essentiels de la vie et de la généralisation galopante de la pauvreté. Notre tâche est enfin de déterminer les moyens effectifs qui assureront le droit au logement. Cette méthode s’impose sur tous les fronts de l’urgence sociale en cette année présidentielle. Rien ne pourra être fait par la gauche et de gauche sans la mobilisation consciente et éclairée de la société contre la puissance coalisée de tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change.  

 

éditorial du journal Données et Arguments A GAUCHE du 11.01.07 par François DELAPIERRE

 

 

 

 

par François Delapierre publié dans : Editoriaux
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Mardi 9 janvier 2007
Quelles tâches avons-nous pour œuvrer pour un internationalisme laïque et républicain ?

  

Cette question est d’importance dans la période. Sauf à être des « bougistes », c’est-à-dire des camarades qui bougent pour bouger, qui pratiquent le mouvement pour le mouvement dans un avenir sans futur, qui se déterminent par rapport aux conflits internes des organisations sans les relier à son environnement idéologique, politique et international , il est nécessaire de s’arrêter un instant pour réfléchir. Pourquoi le mouvement altermondialiste est en crise et en régression ? Pourquoi la gauche anti-libérale a ,en France, implosé alors qu’elle s’est rassemblé en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique ? Sans parler de l’Amérique latine ! Pourquoi le non de gauche au TCE (31,3% dans les sondages à la sortie des urnes),majoritaire à gauche et dans le non, implose devant la première confrontation électorale laissant la compétition se faire entre le oui de gauche, le oui de droite et le non de l’extrême droite. Dans ces conditions, quoique vous fassiez dans l’isoloir, votre acte ne sera pas à la hauteur des enjeux ! Donc, parce que vous n’êtes pas pour la politique du pire, vous ferez sans doute un vote contre l’extrême droite et la droite néolibérale.
Mais pourquoi dans le même temps, l’UFAL est en forte progression ? Pourquoi certaines organisations régressent et d’autres progressent ?
Il faudra bien un jour regarder les différences de ligne stratégique pour comprendre !  

 

Le patriotisme d’organisation ne suffit plus pour aller au bout de la réflexion politique sur la meilleure praxis (dialectique entre théorie et pratique) pour  résoudre le paradigme de la période.  

 

L’avenir n’appartiendra ni aux extrémismes de l’extrême centre, ni à la confusion idéologique, ni à ceux qui continueront avec des idées qui, majoritaires chez les militants altermondialistes et antilibéraux, sont en contradiction avec les intérêts du peuple à commencer par les couches populaires (ouvriers, employés). On peut avoir raison contre son peuple quand celui –ci suit les démagogues et autres manipulateurs, mais on a jamais raison contre les intérêts immédiats et généraux du peuple.
L’avenir n’appartiendra pas non plus à ceux qui veulent copier des solutions d’hier (la troisième république, pour les uns, ou les méthodes de l’Ancien régime comme donner le pouvoir à une alliance entre une nouvelle noblesse et un nouveau clergé contre le Tiers Etat le tout dans un consensus de bon aloi, pour les autres! ) mais pas plus à ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain c’est-à-dire jettent tous les acquis du mouvement ouvrier et du mouvement laïque et républicain largement interdépendant dans la réalité française et dans beaucoup d’endroits du monde.

Jeter le bébé avec l’eau du bain revient à se couper du peuple en général et des couches populaires en particulier qui ne considèrent, et à juste titre, le futur qu’en continuation ou en dépassement du passé et de l’existant tout en articulant les tentatives de victoires partielles avec un objectif plus lointain.
Et pour une partie de ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain dans le mouvement altermondialiste ou dans la gauche anti-libérale , ont-ils conscience de  devenir les idiots utiles du turbocapitalisme et de son idéologie néolibérale ,c’est-à-dire pire que les sociaux-libéraux eux-mêmes, ce qui n’est pas peu dire.  

 

MARCHER SUR CES DEUX JAMBES  

 De là découle la tâche principale de l’heure : organiser dans le premier semestre 2007 un travail d’éducation populaire tourné vers l’action auprès des militants tout en continuant le travail d’éducation populaire vers les citoyens. Ne pas faire comme si l’idéologie actuelle des militants suffisait à faire le travail d’éducation populaire vers les citoyens. Tenir les deux bouts du travail d’éducation populaire ! Car les citoyens ,s’ils ne sont pas capables ,spontanément ,de proposer un projet alternatif au turbocapitalisme , sont par contre tout à fait capable ,de refuser les impasses proposées par des équipes militantes aliénées par des leurres idéologiques.
Les camarades aliénés par des leurres idéologiques résistent à la critique de leur incohérence par le refus de travailler sur l’ensemble du champ de la pensée et de l’action prétextant que cela les entraînerait  dans un « proto-parti ». Rien n’est plus faux. Le refus de soutenir ou de présenter des candidats aux élections et de ne pas travailler à un programme précis suffit pour ne pas être dans le « champ politique » et de rester dans le champ du mouvement social. Notre seul objectif doit être notre travail d’éducation populaire tourné vers l’action dans le mouvement social. Mais pour cela ,nous ne pouvons pas refuser de répondre aux questions du peuple et refuser de travailler à une cohérence globale. Notre but intellectuel est de produire un ensemble cohérent de principes appliqué aux différents domaines d’intêret par les peuples. Nous ne dirons jamais assez que le mouvement altermondialiste et la gauche anti-libérale sont aujourd’hui traversés par des pensées incohérentes et donc perdantes.
Nous ne pouvons donc pas ne pas prendre ce problème à bras le corps
.   

LES ATELIERS DE FORMATION : TACHE PRIORITAIRE !

Cette tâche doit être , à mon sens, prioritaire sur toutes les autres. Elle impose, pour ceux qui en seront convaincu, de programmer des ATELIERS DE FORMATION dans les lieux de militance pour nous tous aux fins d’homogénéiser notre praxis (dialectique théorie –pratique) . Vous trouverez ci-après une proposition à discuter du contenu possible de ces ATELIERS DE FORMATION. Cette tâche qui est en cours à l’Ufal ,dans certaines entités de la gauche anti-libérale et d’Attac, dans des structures syndicales et dans des mutuelles résistantes, doit être généralisée au maximum. C’est à la multiplication de ces ATELIERS DE FORMATION là ou se trouvent les camarades que nous devons nous atteler.
 Laisser libre cours aux choix organisationnels des camarades mais leur proposer ces ateliers de formation, voilà  la tâche principale de l’heure. Etre capable de leur proposer les animateurs manquants est une nécessité. Je vous propose de nous atteler collectivement à cette tâche. Je propose ci-après les intitulés des modules à votre sagacité et vos propositions. Que ceux qui veulent être moteur dans ce travail (y compris dans les tâches politico-administratives si nécessaires !) m’écrivent sur bernard.teper@ufal.org Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ,nous travaillerons, en bonne intelligence avec toutes les structures organisationnelles, en commun à égalité de droits et de devoirs pour réaliser cette tâche qui doit s’effectuer dans le premier semestre 2007. Nous pourrons ensuite faire le point à la fin du semestre un fois connu le résultat de notre travail d’éducation populaire ,le nom présidentiel et la majorité législative.
Nous serons donc alors dans une autre séquence avec d’autres tâches à effectuer. A chaque séquence sa tâche principale.
Construisons, tous ensemble, notre chemin commun,

 

 

 

 

Bernard TEPER   

 

par Bernard Teper publié dans : Editoriaux
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Mercredi 3 janvier 2007

 

Du suicide des baleines

Analyse concernant l'échec de la candidature unitaire

Article de Bernard Langlois .Bloc note Politis décembre 2006

Pour lire l'article cliquer sur le lien :Politis

par Bernard Langlois publié dans : Presse
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Mercredi 3 janvier 2007

                  Tous nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2007....

Commencez l'année en vous abonnant à A Gauche ,le journal de PRS

Chaque semaine, A Gauche décrypte l'actualité politique

 avec un regard bien différent de celui des médias dominants.

Cette publication socialiste et républicaine tranche en effet avec l'unanimisme superficiel et les engouements à la mode qui dominent aujourd'hui le débat politique.

Vous n'y trouverez aucune photo de responsable politique en maillot de bain, aucune ode au monde merveilleux de la consommation spectacle et de l'argent roi.

Si notre journal vous intéresse malgré tout, et que le numéro joint vous donne envie de faire plus   
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par Pour la République Sociale 21 publié dans : Editoriaux
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Vendredi 29 décembre 2006

Jean-Luc Mélenchon sur RTL  

 

Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL le mercredi 20 décembre. Vous trouverez ci-après le texte de cette interview que vous pouvez également écouter sur le site de la radio.

  

 

 

 

 

 

 

- Jean Michel Aphatie : Bonjour Jean Luc Mélenchon.

 Jean Luc Mélenchon : Bonjour.   

 

- Donc, hier, à nouveau les organisations anti-libérales ont essayé de s'entendre sur un candidat commun. Ce soir, à nouveau, les militants communistes sont appelés à voter pour voir si Marie George Buffet peut ou non être leur candidate. Rien n'avance dans cette Gauche anti-libérale ?   

Et c'est un Socialiste qui vous commente tout ça. C'est une situation qui ne manque pas de sel, n'est-ce-pas !  

 - Qu'est-ce que le Socialiste en commentaire, qu'est-ce qu'il dit ?   

Non, je pense que c'est fini.   

- C'est fini ?   

Oui parce qu'ils ont dû faire le constat que y'avait pas de consensus sur un nom. C'est dommage !  

 - Il n'y aura pas de candidat commun de la Gauche anti-libérale ?   

Non, il n'y en aura pas. C'est dommage pour deux raisons. La première parce qu'il y avait une véritable attente dont je peux témoigner. Vous savez, je suis allé au meeting de Montpellier, le lendemain de l'investiture socialiste, et je dois dire que ce qui m'a le plus surpris c'est pas ma propre audace, c'est d'y voir 4.000 personnes, c'est-à-dire autant de monde (c'était la même salle) que ce que j'avais vu pour le référendum sur le NON. Il y en avait 3.000 au Mans, 2.000 à Caen, c'est-à-dire des masses de gens considérables ...

 - Une attente ?    

... oui, une attente. Et cette attente est déçue. La deuxième mauvaise nouvelle, c'est pour le Parti Socialiste lui-même, mon parti, parce que quand bien même ferait-il un score extraordinaire, absolument merveilleux, du jamais vu dans notre histoire -30% au premier tour de l'élection présidentielle- ce serait extraordinaire, n'est-ce-pas !   

- Ce serait extraordinaire ! Si peut-être François Mitterrand, non ?   

Jamais.   

- En 88, non ? Peu importe ! 

Le Président Mitterrand a dû faire 32 ...   

- Ah, le Président Mitterrand, comme vous dites, voilà !  

 Le deuxième mandat, oui. Supposons qu’on soit cette fois-ci à 30 %. De 30 à 51 ou à 50,1 voix, il manque encore 20 points. Il va donc falloir les trouver. Après avoir fait le vide de candidats, ce qui est une bonne chose, maintenant il faut faire le plein des voix. Et honnêtement, il y a maintenant tout un secteur de la Gauche et de la population qui ne va pas se sentir représentée. Il ne faut pas croire que, moi jesuis mécontent parce que j'ai une mauvaise tête. Je ne me suis pas senti représenté après le débat interne au Parti Socialiste. Et comme moi, des milliers de gens (ce n'est pas offensant pour notre candidate que de le dire !). Premier élément : les gens pas représentés.. Et puis deuxièmement, ce sont ceux que moi j'appelle les désorientés, c'est-à-dire une masse de gens qui ne sait plus du tout à qui se référer.

 - Et vous Jean Luc Mélenchon, savez-vous justement la campagne de qui vous ferez ?  

 

 Oui, mais moi c'est très simple. Ca présente d'ailleurs peu d'intérêt. Qui suis-je ? Une personne. J'ai une voix, un bulletin de vote, je vais dans l'isoloir comme tout le monde et je le dépose dans l'urne, voilà.  

 - Allez-vous voter Ségolène Royal -c'est ça ma question- vous, membre du Parti Socialiste ?  

Franchement, si je ne veux pas avoir d'ennui, je vous réponds : oui, on passe à l'affaire suivante. Mais ça ne serait pas honnête. Que deviennent les gens comme moi ? C'est-à-dire ceux qui comme moi, ont cette sensibilité du socialisme qui, par exemple, n'est pas d'accord avec l'abrogation de la carte scolaire ou n'est pas d'accord avec une certaine conception de l'Etat où la Loi n'est rien et le contrat est tout. Bref, toutes ces questions ont une réalité. Je peux me taire. Je peux rentrer chez moi et dire : je n'ai plus rien à dire. Je vais faire autre chose. Mais c'est une réalité : si on veut que la Gauche gagne, il faut que les gens comme moi trouvent leur place dans cette bataille. Par conséquent, il va falloir que la candidate -Ségolène Royal- trouve le temps non seulement de parler avec les autres mais aussi avec des gens comme moi.  

 - Mais, en tout cas, vous, pour cette campagne présidentielle qui s'annonce, qui va commencer, vous l'imaginez vivre à l'intérieur du Parti Socialiste en soutenant la candidate du Parti Socialiste ?

 Moi, je suis un citoyen engagé. Toute ma vie est dans l'engagement politique. Donc, je m'engagerai. Je vais essayer de trouver la forme utile. Mais vous imaginez bien, Monsieur Aphatie, qu'on ne va pas me demander d'aller faire des meetings pour expliquer des choses auxquelles je ne crois pas. Donc, ou bien on discute pour voir comment les uns et les autres s'y retrouvent ; ou bien on ne discute pas et puis je ferai la campagne dans mon coin là-bas en Essonne. Ils seront tout contents de m'avoir sous la main.
Mais je crois que ce n’est pas cela le fond de l'affaire. Le fond de l'affaire, c'est que ce pays - que ça nous plaise ou non à nous les Socialistes - est en ébullition. Personne ne peut dire, aujourd'hui : c'est sûr, voilà comment vont se passer les élections. Voilà comment ça va se finir. Non. Non. La situation est très volatile et nous pouvons nous attendre à d'immenses surprises dans cette élection.  
 

- L'immense surprise ce serait que, par exemple, la candidate socialiste ne soit pas au 2ème tour, quelque chose comme ça ?  

 Des catastrophes, on en a déjà vêcues une particulièrement meurtrissante, injuste qui nous a blessés, je crois, très profondément. On peut en vivre d'autres. Aujourd'hui, tout le monde trouve tout à fait normal de dire : ah ben oui, au 2ème tour, y'aura M. Le Pen. Donc, la question c'est de savoir qui va être au 2ème tour en face de Le Pen ? On se frotte les yeux. Quelle évolution inouïe dans le paysage politique français. Jusqu'à quelle catastrophe faudra-t-il aller pour qu'on comprenne qu'il y a une masse de gens qui a besoin d'être représentés et qui a besoin que sa vie change. C'est au point de départ de tout ce que nous vivons. Il y a la misère, la dureté de la vie, de plus en plus dure. Voyez-vous, nous venons d’entendre des gens qui pleurnichent à propos des impôts ; je leur demande de regarder dans la rue. Ca n'est pas supportable que dans un pays aussi riche, il y ait 200.000 personnes qui dorment dans la rue avec un froid pareil. Moi je suis prêt à donner ma paie pour qu'il n'y en ait plus un demain.  

- Puisqu'on en parle des Impôts .... Vous approuvez l'interview de François Hollande, ce lundi, qui a dit : si on revient au Pouvoir, les Impôts vont augmenter ?  

Qu'il dise qu'on allait revenir sur les avantages fiscaux qui ont été consentis à certains, alors là, je suis tout à fait d'accord.  

- Les avantages fiscaux ... l'impôt sur le revenu a baissé et la totalité de la pression fiscale a augmenté. Opération blanche pour les contribuables. Donc, l'impôt sur le revenu va augmenter.  

 Oui, oui, ce ne sont pas forcément les mêmes qui paient. Je trouve qu'il est normal dans un moment de difficultés que la partie supérieure des revenus paie davantage, franchement, on aurait du mal à pleurer. A l'heure à laquelle nous parlons, la première fortune de France (on va me dire que c'est simpliste ... mais pour moi, y'a un rapport entre la misère et la richesse), la première fortune de France gagne un SMIC et demi annuel par heure, même quand elle dort.  

 - C'est qui la première fortune de France ?  

C'est pas la peine de personnaliser ...  

- Ah, c'est vous qui le faites !  

Non, je dis la première fortune de France ...  

 - Oui, donc c'est personnaliser quand même.  

Moi je n'aime pas frapper les personnes, ni les montrer du doigt, on me le reprocherait. Je décris une situation sociale qui est absolument anormale. Il est absolument anormal que tant de richesses s'accumulent d'un côté, tandis que tant de pauvreté gagne de l'autre. Et ceux qui sont au milieu et qui disent : c'est à nous qu'on va prendre de l'argent, se trompent totalement. Il ne s'agit pas d'eux. Il s'agit des revenus les plus hauts. Je vous signale que c'est comme ça que Lionel Jospin avait repris l'économie en mains. C'est comme ça que nous avons créé 2 millions d'emplois. On a commencé par surtaxer les 75 premières entreprises du pays. Par conséquent, qu'on n'aille pas dire que ce pays manque de moyens pour s'occuper de chacun de ses enfants, ce n'est pas vrai.  

- Voyez, Jean Luc Mélenchon, vous êtes déjà en campagne. Vous approuvez François Hollande ; donc vous soutenez la campagne de Ségolène Royal. 

 Si ça vous fait plaisir à cette heure-ci, moi je veux bien tout ce que vous voulez Monsieur Aphatie ...  

- C'est gentil de me faire plaisir.  

... mais y'a une chose que vous ne pouvez pas m'enlever, je suis un homme de Gauche quoi. Je crois que ça s'entend.  

 - Est-ce que Jean Pierre Chevènement ne vous a pas montré le chemin ; lui, il a rejoint Ségolène Royal sans se poser de questions ?  

 Mais lui il n'est pas membre du Parti Socialiste, il devait le rejoindre. Moi, j'en suis membre. Ce que je dis seulement, à cet instant : il serait vain de croire qu'avec le canon du revolver du vote utile, on va mettre tout le pays au garde à vous, derrière une candidature. On peut le croire. Si c'est comme ça, tant mieux ! On n'a même pas besoin de faire campagne. Mais je ne crois pas que ça se passera comme ça. Donc, j'adjure mes camarades de comprendre que ça n'est pas une affaire qu'ils ont à régler avec un de leur fils rebelle, au Parti Socialiste. C'est un problème qu'ils ont avec un secteur de l'opinion de Gauche, qui ne se sent pas représentée et deuxièmement, avec une masse de gens qui ne sait que penser.

 - Jean Luc Mélenchon qui ne demande qu'à être convaincu par Ségolène Royal, était l'invité d'RTL ce matin.   

A discuter : en tout cas, ça c'est clair. C'est une offre publique que je fais là.  

 - Bonne journée !

 

 

 

 

 

par Pour la République Sociale 21 publié dans : Presse
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Jeudi 21 décembre 2006

Le paysage politique à gauche pour la présidentielle de 2007 achève de se fixer.  

 

 

Nous vivons l’épilogue de la démarche engagée par de nombreux militants et organisations pour constituer un rassemblement antilibéral de gauche et présenter des candidatures communes aux élections de 2007. L’objectif des initiateurs n’est pas atteint. Il s’est en effet révélé impossible de trouver un consensus sur un nom permettant le rassemblement de toutes les composantes. Parce qu’elle n’est pas parvenue à s’élargir, la démarche s’est régulièrement rétrécie. Il y a d’abord eu le refus de la majorité de la LCR qui a préféré présenter en solitaire Olivier Besancenot, puis le retrait de José Bové. Même moins nombreuses, les composantes n’ont pu s’accorder sur un candidat commun. Dans ces conditions, après avoir échoué à convaincre ses partenaires de soutenir la candidature de Marie-George Buffet, le Parti communiste a annoncé qu’il « prendrait ses responsabilités » et présenterait sa secrétaire nationale à l’élection présidentielle.

Pour les militants de PRS qui ont défendu la nécessité de cette « union dans l’union », cet échec est bien sûr une lourde déception. L’autre gauche manquera à la gauche. Elle n’était sans doute pas mûre pour offrir plus qu’une opération électorale mais un choix véritable au pays, transcendant ses identités particulières dans une construction politique nouvelle. Il y avait trop de désaccords stratégiques en son sein entre les tenants du maintien des partis qui la constituent, ceux qui prônent la naissance d’une formation communiste élargie, les partisans d’une espèce de PSU (le Parti socialiste unifié des années 70 qui rassemblait les courants très divers de la gauche non communiste et non SFIO) de la gauche alternative, voire ceux qui aspirent à une recomposition incluant des socialistes à l’image du Linkspartei allemand. Faute d’avoir clarifié ces questions, le débat sur le nom du candidat n’a pu aboutir à un consensus, chacun défendant celui dont il se sentait historiquement ou idéologiquement le plus proche.

Le processus par lequel les forces politiques se réorganisent pour exprimer la réalité des rapports de force sociaux est long et complexe. Il affronte ses propres inerties. Mais nous savons qu’au lendemain des chocs du 21 avril et du 29 mai, la recomposition politique de la gauche est inéluctable. Elle est même engagée. Le Bureau national du PS ouvre désormais ses réunions avec des représentants du PRG et du MRC. Le futur statut de Désirs d’Avenir, objet hybride, association politique animée par une candidate à l’élection présidentielle, fait l’objet de nombreuses conjectures. Les composantes de l’autre gauche vont bientôt faire connaître leurs orientations stratégiques. La direction du PCF maintient les choix de son Congrès qui a écarté la ligne traditionnelle de la candidature communiste à l’élection au profit d’un rassemblement de la gauche antilibérale. Elle annonce des initiatives pour les législatives. Des élus communistes réfléchissent de leur côté à d’autres stratégies. Quant aux Verts, après avoir débattu d’un rapprochement avec Nicolas Hulot, ils n’ont pas encore finalisé d’accord politique et électoral avec le PS. La LCR , elle, n’a pas encore recueilli les 500 signatures pour présenter Olivier Besancenot et connaît de vifs débats internes.   

Pour l’heure, on discerne une accélération de la tendance au bipartisme. Celui-ci est la règle dans plusieurs pays européens. Mais il est étranger à la tradition politique française. Certes l’élection présidentielle version Cinquième République pousse dans ce sens. C’était même un objectif de certains de ses promoteurs. La mécanique du vote utile semble aujourd’hui tout emporter, à gauche comme à droite, renforçant le duel Sarkozy/Royal. Pourtant notre pays a toujours connu une diversité politique beaucoup plus large : la droite comme la gauche y sont de longue date plurielles. Et une troisième force, l’extrême droite prétend recueillir les déçus des deux camps.   

Dans un tel contexte, le principal danger du bipartisme serait de pulvériser des formations peu influentes électoralement mais dont l’ancrage populaire est indéniable et de réduire les deux organisations dominantes à de simples machines électorales liés aux grandes masses par le seul biais des sondages. Pour un républicain socialiste, la première mission d’un parti de gauche est l’éducation populaire sans laquelle le changement social ne peut être ni voulu, ni pensé, ni construit par le grand nombre. Partout où elle ne s’appuie pas sur la politisation et l’implication du peuple, la gauche est en difficulté. Partout où elle parvient à le faire, elle est à l’inverse victorieuse. C’est vers cet objectif que doit se tourner la recomposition politique d’une gauche à réinventer. Non pas cultiver des patrimoines électoraux mais s’adresser à la grande masse des désorientés qui ne savent vers où se tourner. A ceux qui sauront le faire, la récompense électorale sera donnée de surcroît.

Par François Delapierre ,délégué général de PRS  

 

par Par François Delapierre publié dans : Editoriaux
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Vendredi 15 décembre 2006

AIDER


Par Jean-Luc Mélenchon 
 

 

Dans les jours qui viennent les traits essentiels de la présence de la gauche dans l'élection présidentielle seront dessinés. Depuis dimanche, le ralliement à Ségolène Royal de Jean-Pierre Chevènement après celui du PRG préfigure la centralité absolue de la candidature socialiste. L'impasse de « l'autre gauche », si elle se confirme, la certifierait. Dans ce tableau chacun est bien pleinement responsable de son sort actuel.   

Côté socialiste : l'énergie d'une dynamique construite sur le remord du 21 avril s'est nourrie de toutes les révoltes contre la droite. Ensuite, une compétition âpre entre trois personnes et trois lignes a débouché sur une décision claire que personne ne conteste. Côté de « l'autre gauche » c'était l'hésitation. C'est devenu l'impuissance. A présent une débandade pleine de rancoeurs semble s'annoncer. Ici, la contradiction est complète avec l'attente exaspérée d'un ample secteur du peuple de gauche. A l'image de ces milliers de personnes qui se rassemblent dans les meetings de cette gauche, il est à la fois anti libéral et fondamentalement unitaire. Et il est surtout avide d'une recomposition qui lui donne une force politique nouvelle, à l'image de la diversité d'origine de ceux qui le composent. Cependant « l'autre gauche » est, à cette heure, en voie de pulvérisation. Les dégâts impliqueraient toute la gauche. Car si efficace et convaincant que parvienne à devenir ou non le rassemblement qui s'opère autour de Ségolène Royal, qui, pourtant, est prêt à dire qu'il suffira à entraîner la masse profonde de désemparés qui est l'enjeu de cette élection ? Qui, par exemple, est certain que le cancer lepéniste a cessé de ronger les masses populaires que l'arrogance de la droite ne suffit pas à pousser vers l'évanescence de la gauche social-démocrate ?  

En réponse à ces questions c'est la thèse en faveur de « l'union dans l'union » que je propose avec un nombre croissant de socialistes inquiets du resserrement de la gauche. Nous avons agi de toutes nos forces, de toutes les façons possibles, pour favoriser l'union de « l'autre gauche ». Nous avons voulu être un trait d'union actif et fraternel. Bien des gauchistes s'en sont contrariés. Les sectaires sont aussi de ce côté, rappelons le. Nous n'avons pas toujours été bien compris par certains de nos camarades socialistes. Beaucoup nous ont regardés avec scepticisme. Ils sourient aujourd'hui. D'autres ont demandé des sanctions contre ce qui leur paraissait être une transgression de l'esprit de parti.  

Quoiqu'il en soit, à cette heure, la dynamique se concentre d'un seul côté. De fait, par exemple, la candidature socialiste de Ségolène Royal semble avoir enjambé le oui et le non de gauche quand elle affiche ses alliances. De fait, l'autre gauche ne parvient pas à trouver le moyen de représenter l'arc de force qu'elle incarnait le 29 mai! Au contraire, le front se fractionne. D'un côté une dynamique, de l'autre côté une dépression. Tout nom proposé dans la machinerie du « double consensus » chère au « collectif national » est déchiqueté avec plus ou moins de délicatesse. Dorénavant les forces politiques constituées sont traitées avec la même brutalité. Absurde ! Quel peut-être la finalité de la violence qui se tourne depuis peu contre les communistes, leur parti ou leurs décisions collectives? Aucune recomposition de l'autre gauche ne peut se faire sans eux ou contre eux. Dans les conditions actuelles, le Parti Communiste, quelle que soit sa faiblesse électorale, est le lieu de plantation de la force nouvelle. Mais cela non plus ne lui est pas acquis pour toujours.  

Pourtant il y a urgence. Car il faut y revenir: en France comme dans le reste de l'Europe et du monde il s'agit de passer à l'invention d'une autre voie à gauche, au delà de la faillite du communisme d'Etat et du naufrage de la social-démocratie dans le social-libéralisme. Cest le raisonnement fondateur de l'association PRS que je préside. Il est proposé à toute la gauche et non aux uns pour nuire aux autres ! Ce nest pas un prétexte à dispute pour justifier des répartitions de circonscriptions. Cest le constat que je tire de ce que j'observe à ce moment de la mondialisation libérale. Ce diagnostic, je n'ai cessé de le nourrir dobservations de terrain notamment au fil de mes déplacements politiques à l'étranger, dans les forums sociaux européens ou dans l'Amérique latine des révolutions démocratiques. Je l'ai surtout inscrit dans une réalité militante avec mes camarades en allant par exemple faire un meeting à Berlin sur les enseignements du « non » français avec Oskar Lafontaine et les dirigeants du Linkspartei. Ainsi, quand mon nom a été proposé au pire moment de blocage de la réunion place du colonel Fabien samedi, mes camarades qui ont beaucoup donné de leur temps et de leur énergie m'ont pris au mot de mes propres déclarations à ce sujet. Qu'ils s'agissent d'eux, des communistes ou des républicains de gauche qui ont repris cette proposition, je sais qu'aucun n'a voulu proposer autre chose que ce qui allait avec dans leur esprit: commencer concrètement cette construction politique nouvelle.  

Trop tôt, trop tard? La réponse sur ce point aussi dépend de la décision des communistes et de leurs instances ce week-end. Ils ont la clef de ce processus. En toute hypothèse nulle force politique  ne peut penser se donner le confort du huis clos. En effet, le nombre à gauche s'intéresse de près à toutes ces constructions dont il est meilleur connaisseur que beaucoup le croient. Mais il le fait dans la limite du raisonnable. Au delà de cette limite, chacun en revient à l'essentiel: comment battre la droite et avec qui ? S'il y a deux propositions gouvernementales solides à gauche, il y aura une compétition dont la dynamique entraînera jusqu'au plus désorienté. Le Pen y perdra. Bayrou y perdra. Sarkozy sy bloquera. Et donc, toute la gauche y gagnera. Et sinon ? Oui, sinon : quoi ? La vie est si dure pour un si grand nombre ! La logique de l'efficacité politique ne quittera pas les esprits, j'en suis certain Mais  trouvera-t-elle son chemin à gauche jusqu'aux urnes ? L'utilité consistera à ly aider, quoi qu'il en soit. 

 

                         

 

 

par Jean Luc Mélenchon publié dans : Texte du collectif anti libéral de gauche
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Mercredi 13 décembre 2006

Voilà pourquoi j’ai proposé la candidature de Jean Luc Mélenchon

Par René REVOL, Vice Président de PRS,

 Porte parole national provisoire de l’appel pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes  


Signataire national de l’appel unitaire initial du 11 mai, désigné comme porte parole provisoire par l’assemblée des collectifs unitaires antilibéraux en septembre, je n’ai pas ménagé ma peine pour assurer la mobilisation nécessaire dans le pays pour que la gauche de transformation sociale se rassemble sur une candidature unitaire, appuyée sur le projet des 125 propositions versées au débat citoyen dans tout le pays. Car je suis convaincu qu’il est impératif pour battre la droite que le rassemblement nécessaire de la gauche soit fécondée par l’union des antilibéraux. C’est ce que PRS a appelé « l’union dans l’union ».
Ce qui m’a convaincu de signer l’appel du 11 mai, c’est donc le fait que celui-ci s’engageait pour une union sans exclusives, avec un rassemblement sans ambigüité contre la droite au deuxième tour, à l’inverse de la position sectaire anti-PS défendue par la direction de la LCR. Je l’ai aussi signé, non seulement du fait de la diversité et de l’unité de toutes les personnalités de gauche de valeur rassemblées sur cet appel, mais surtout du fait que le PCF, en tant que Parti, avait signé cet appel, tant je crois que cette union dans l’union est impossible sans l’implication centrale du PCF.
Or malgré la puissance de l’adhésion à notre campagne dans le pays et dans le peuple de gauche, qui s’est manifestée notamment par la participation massive aux meetings, ni les sensibilités qui ont initié l’appel, ni l’assemblée des collectifs réunis à St Ouen les 9 et 10 décembre ne sont arrivés à s’entendre sur les candidatures qui avaient été soumises jusqu’ici au débat.
Si elle se confirmait, cette paralysie serait catastrophique. L’absence d’accord sur le nom du candidat ajouté à la désignation de Ségolène Royal par le PS risque de déséquilibrer la gauche et de la conduire à la défaite en 2007. Ce ne serait une bonne nouvelle pour aucun des partis de gauche, pas plus pour mon parti, le PS, que pour le PCF, et sûrement pas pour notre peuple qui serait à nouveau privé d’une issue progressiste à l’état d’urgence politique et sociale du pays. Notre responsabilité est donc écrasante et il faut avoir le courage de faire des propositions pour en sortir.
J’ai donc proposé à la commission de synthèse de cette assemblée la candidature de Jean- Luc MELENCHON. En faisant cela j’ai la conviction d’avoir obéi à mon devoir de socialiste et de militant de gauche, facilitateur d’une union dans l’union indispensable pour battre la droite en 2007. D’abord car j’ai pensé que cette proposition était la seule qui permettait de sortir de la paralysie et d’empêcher un échec.
Chacun, lorsqu’il réfléchit sérieusement, s’accorde à dire qu’il faut trouver une candidature qui convienne au PCF. Il faut donc entendre les arguments des communistes. Or les raisons positives qui ont été avancées par les communistes pour justifier la candidature de Marie-George BUFFET s’appliquent aussi à Jean-Luc MELENCHON : une personnalité élue, nationalement connue, ayant une expérience politique nationale et internationale, capable d’affronter une campagne difficile, notamment face à des médias dont on a mesuré l’agressivité dans la campagne du Non, en mesure de parler à la population laborieuse et d’être entendue par tout le peuple de gauche, et notamment par l’électorat socialiste.
Par ailleurs, les militants de PRS, l’association qu’il préside, se sont largement engagés dans la mobilisation antilibérale depuis la campagne du Non. Leur apport et celui de Jean-Luc MELENCHON a été décisif dans le basculement de cet électorat le 29 mai 2005. Ils ont participé à la constitution des collectifs et à l’élaboration des 125 propositions. Toutes les composantes des collectifs se sont accordées pour reconnaître la sincérité de cet engagement. Aucune exclusive ne doit donc empêcher les militants du rassemblement antilibéral de répondre à la seule question qui vaille : quelle est la candidature la plus efficace dans l’intérêt général de la gauche ?
Les collectifs unitaires étaient tombés d’accord sur un objectif clair : Ils ne veulent pas d’une candidature de témoignage, ils ne veulent pas simplement d’une candidature qui maintienne l’union de différentes composantes ; ce n’est pas un président des collectifs antilibéraux qu’il s’agit de désigner ; ils veulent une candidature capable d’entraîner la majorité des électeurs populaires et la majorité des électeurs de gauche. Ils veulent une candidature pour faire gagner la gauche et engager une nouvelle politique de transformation sociale.
Or on a constaté lors du vote du 29 mai que Jean-Luc MELENCHON correspondait à un centre de gravité de cette gauche de transformation sociale qui risque de ne plus se sentir représentée. En effet, une grande partie de l’électorat de gauche, et notamment socialiste, est aujourd’hui déboussolée par la désignation de Ségolène ROYAL, qui recentre la candidature des socialistes sur un axe plus libéral et plus sécuritaire. Par ailleurs le ralliement, en échange de quelques circonscriptions, de Jean-Pierre CHEVENEMENT plonge dans le désarroi beaucoup d’électeurs républicains de gauche. Il y a donc un grand risque que tout un secteur du peuple de gauche soit en déshérence.
Une candidature authentiquement de gauche, fondée sur les valeurs républicaines et sociales de transformation sociale et d’égalité, pourrait le conjurer. La possibilité existe de fournir une nouvelle offre politique à l’image de ce qui s’est passé outre Rhin avec Oskar LAFONTAINE et le Linkspartei, en Amérique Latine avec les fronts politiques nés au Venezuela ou en Bolivie autour de CHAVEZ et MORALES, au Pays Bas avec le succès électoral du SP. Et cela aura une portée encore plus grande en France.
Ne ratons pas l’occasion historique de commencer à le faire dans la République qui a voté massivement Non à l’Europe libérale.
 

par René Revol publié dans : Texte du collectif anti libéral de gauche
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Mercredi 13 décembre 2006

Pendant que certains se résignent et se soumettent, d'autres proposent une ALTERNATIVE de GAUCHE MAJORITAIRE 

Fait politique majeur de cette fin de semaine passée !!  

Le ralliement de Chevènement à Royal pour 10 circonscriptions, c'est  une résignation à l'ordre juste qui n'est pas une valeur socialiste.La candidature de Villiers "100% anti gauche" ? Non, il est de la droite extrême, le contraire eut été surprenant.  

Le matraquage  des medias dominants pour un 2° tour Sarko/Ségo ? Non cela fait presque un an que cela dure...Cela ne vous rappelle pas la campagne pour le OUI au TCE ?

 LA RECOMPOSITION de la gauche antilibérale et républicaine ?     

OUI bien sur c'est cela qui compte réellement pour les militants, les femmes et les hommes de gauche, les citoyens qui subissent les attaques constantes de la Droite contre leur pouvoir d'achat, leur emploi, leur logement....

 Une proposition a été faite par Réné Revol, membre de PRS pour sortir les collectifs du blocage. Elle est responsable, fondatrice et permet d'être une étape pour le rassemblement de toute la Gauche  :  

Jean-Luc MELENCHON, candidat de la gauche antilibérale aux élections présidentielles.  

 

                             

 

   C'est un facteur DETERMINANT pour inverser le rapport de force au sein même de la gauche. C'est une nouvelle proposition, à vocation consensuelle pour aider le PCF et les autres organisations à sortir de l’impasse par le haut. Rien ne peut se faire sans les communistes, mais rien ne se fera non plus sans les autres composantes du mouvement. L’absence d’accord sur le nom d’un candidat pour les collectifs antilibéraux risque déséquilibrer la gauche et de la conduire à la défaite en 2007. Le désarroi serait grand parmi les forces populaires, aujourd’hui déboussolées par la désignation de Ségolène Royal qui place le PS sur un axe libéral et sécuritaire, éloigné des valeurs sociales et républicaines. Le désarroi est aggravé par le ralliement de J.P. Chevènement.  

Avec les militants de PRS , Jean Luc Mélanchon s’est largement engagé dans la mobilisation antilibérale depuis la campagne du Non dont il avait été l’un des initiateurs avec le slogan pourmoic’estnon ! qui avait permis de ramener une majorité d’électeurs socialistes dans le camp du Non de gauche.  

Avec Jean Luc Mélanchon ce n’est pas un président des Collectifs antilibéraux qu’il s’agit d’élire, ce n’est pas une simple candidature de témoignage, mais une candidature capable d’entraîner la majorité des électeurs des classes populaires et de gauche sur le programme de notre rassemblement. Jean Luc Mélanchon est au centre de gravité de cette gauche de transformation sociale qui doit absolument être présente dans cette élection présidentielle décisive pour l’avenir de la France. Il peut rassembler tout l’arc du mouvement, des socialistes, aux communistes et à la LCR.  

Jean Luc Mélanchon est une personnalité nationalement connue, ayant une expérience politique nationale et internationale, il est capable d’affronter une campagne difficile, face aux médias, face aux adversaires de Droite et d’Extrême-droite, il est aussi en mesure de s’adresser à la population laborieuse et d’être entendu par tout le peuple de gauche.  

La possibilité existe de fournir une nouvelle perspective politique, à l’image de ce qui s’est fait avec Oscar Lafontaine et le Linkspartei en Allemagne, avec les magnifiques victoires des fronts politiques antilibéraux en Amérique latine, avec Chavez au Venezuela, Morales en Bolivie, Correa en Equateur, et tout récemment la belle avancée du Parti socialiste aux Pays Bas (16,6 %, un gain de 17 sièges, 26 députés pour 32 au Parti travailliste social libéral). Un succès en France aurait une portée considérable pour une autre Europe et un autre Monde possible.  

        

   

 

 

 

par Pour la République Sociale 21 publié dans : Texte du collectif anti libéral de gauche
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Mardi 12 décembre 2006

 

 

 

 

 

DECLARATION DU COLLECTIF NATIONAL ELARGI       

 

 

 

 

La réunion du Collectif national, élargi aux représentants des collectifs dans la commission de synthèse, propose d'adresser le rapport de cette commission aux collectifs, aux organisations et sensibilités politiques.

 

Elle leur demande leurs avis et propositions pour dépasser le blocage actuel et aboutir à un consensus. 

 

Le collectif national est mandaté pour organiser cet échange qui doit avoir lieu dans un délai raisonnable et suffisamment court. Les modalités de cet échange et la façon dont il sera tranché nationalement seront discutées lors de la réunion du prochain collectif national. 

 

Le 10 décembre 2006 à 13H00         

 

  

 

  

COMPTE-RENDU DE LA COMMISSION DE SYHTHESE DES DEBATS

 

A l'image de ce qui est apparu dans les collectifs et qui s'est exprimé hier en séance, la commission de synthèse a acté sa volonté unanime de poursuivre le débat et de continuer à construire le consensus.

 

 Il y a eu confirmation et développement des principes énoncés dès la première réunion du 10 septembre : 

- D'abord la nécessité d'une candidature construite collectivement : dans ce sens, les architectures de campagne proposées aussi bien par Marie-Georges BUFFET dans sa lettre adressée aux collectifs, que par Christian PICQUET convergent :

. un nom choisi dans un collectif de candidats qui comprendra les actuels candidats à la candidature ainsi que les principaux représentants des diverses sensibilités,

. un collectif de porte-parole,

. un conseil de campagne pluraliste prenant appui sur les collectifs locaux et intégrant des animateurs de ceux-ci ainsi que des acteurs du mouvement social.

 

-         De même, a été réaffirmé le caractère indissociable des présidentielles et législatives, avec des candidatures qui reflètent la richesse du rassemblement. Les différentes forces politiques présentes ont souhaité rappeler que le rôle principal tenu par le PCF dans cette démarche devait se refléter dans les candidatures aux législatives, notamment par la mobilisation de tous pour la réélection des députés communistes sortants.

 

                 

 

Dans cette architecture, la question du nom n'a pas pu être réglée.

   

On connaît les trois noms soumis aux débats des collectifs locaux : Clémentine AUTAIN, Marie-george BUFFET, Yves SALESSE. 

 

Afin de débloquer la situation, a été avancée par certains l'hypothèse d'une candidature « trait d'union » qui pourrait faire le consensus de tous.

 

Dans ce cadre, d'autres noms ont été avancés dans la commission de synthèse : 

 

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