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Imaginez une gauche qui gagnerait toutes les élections les unes après les autres. Et chacune plus largement que la précédente. Si un tel phénomène existait, on peut penser que les chefs sociaux-démocrates du monde entier, dont il faut bien dire que peu ont échappé aux gamelles électorales au cours de ces dernières années, s’y rendraient par avions entiers. Pour comprendre les clés ce succès. Voire s’en inspirer.
Or cette gauche existe bien. Au Venezuela, comme d’ailleurs Lula au Brésil, Hugo Chavez vient de remporter l’élection présidentielle en améliorant à nouveau ses résultats précédents. 56% en 1998, 59,7% en 2000 et 61,35% cette fois ci ! Et il n’obtient pas cette progression en mettant de l’eau dans son vin. Chavez conforte au contraire son évolution vers la gauche en se donnant dorénavant comme objectif la construction d’un socialisme du 21e siècle. Mais sur place il n’y a point de sociaux-démocrates pour s’en inspirer. D’ailleurs, le candidat du parti social-démocrate du Venezuela, Acciòn Democratica (membre de l’Internationale socialiste), Manuel Rosales, a été désigné comme candidat commun de l’opposition, soutenu par la droite dès le premier tour.
Une recomposition politique considérable s’est opérée en quelques années au Venezuela comme dans le reste de l’Amérique Latine. Elle répond aux désastres provoqués par la mise en œuvre des politiques néolibérales sur tout le sous-continent. La gauche s’est toujours réinventée contre le néolibéralisme, ennemi commun, mais l’a fait à partir de situations très diverses. Au Venezuela, Chavez est à la tête d’une coalition de groupes faibles, disparates et peu structurés, et a tout misé sur la refondation démocratique du pays, avec la convocation d’une Assemblée Constituante, la priorité politique aux pauvres avec les actions dites « d’inclusion sociale », une mobilisation constante de la société contre l’impérialisme américain qui est ici à la fois un voisin proche et un acteur directement impliqué dans la politique nationale, organisateur de putsch à ses heures. Chavez rencontre un succès à la fois interne et externe puisque la révolution bolivarienne sert désormais de référence à la gauche dans plusieurs pays voisins, et vient de l’emporter en Equateur et au Nicaragua.
Ce résultat nous parle, car le Venezuela n’est pas une réalité exotique et lointaine. C’est une situation particulière bien sûr, paroxystique par de nombreux aspects, mais qui montre à tous ceux qui luttent pour l’émancipation humaine qu’une alternative au libéralisme est possible dans des conditions effroyablement plus difficiles que chez nous, pour peu que l’on libère l’énergie du peuple populaire. Et qui suggère aussi que le socialisme du XXIe siècle ne sortira pas du ventre désormais stérile de la sociale-démocratie.
En Europe, le désastre libéral ne s’est pas encore produit avec la même violence qu’en Amérique du Sud. En revanche, les mêmes logiques sont partout en mouvement. Les peuples européens cherchent à tâtons une autre voie et la gauche finit toujours par être délaissée quand elle est incapable d’incarner une alternative. C’est alors l’extrême droite qui progresse.
A sa façon, la réunion des représentants des collectifs unitaires pour un rassemblement antilibéral de la gauche et des candidatures communes les 9 et 10 décembre s’inscrit dans ce processus de recherche d’une construction politique qui réponde au décalage entre les aspirations du peuple et une représentation politique massivement acquise à l’accompagnement du système. C’en est même l’une des clefs car les collectifs sont à la fois les porteurs de la mémoire et du sens du « non » de gauche du 29 mai dernier et le creuset éventuel d’une recomposition politique à venir.
Ce matin je lis que même le journal Libération souhaite qu’ils s’entendent sur un candidat commun pour l’élection présidentielle. A sa façon bien sûr. L’éditorial de Laurent Joffrin (qui il y a un an mettait en orbite Ségolène Royal dans le Nouvel Observateur) pèse son poids d’ignorance et de mépris. « Dès lors la conclusion est simple : il est logique, sain, quelque désaccord qu'on ait avec ce courant, qu'il soit bien incarné dans l'élection qui vient. Accepte-t-on ou rejette-t-on le principe de l'économie de marché ? Peut-on changer la société sans gouverner ? Doit-on privilégier l'utopie ou la réforme ? » Les griots du système s’acharnent à présenter la gauche de transformation sociale comme une survivance archaïque, condamnée à exercer dans l’opposition son goût de l’utopie. Ils n’ont décidément rien compris au vent qui se lève. Eux-mêmes sont sans doute orphelins des modèles qu’ils ont célébrés dans leur jeunesse. Mais la gauche en réinvention est tournée vers l’avenir. Et si nous saluons la victoire au Venezuela c’est parce qu’elle nous donne le courage d’autres ambitions que celle que les puissants nous assignent.
éditorial du journal A GAUCHE du 05.12.06 par François Delapierre

« Je serai là où le devoir commande », un entretien avec Jean-Luc Mélenchon.Fondateur de PRS
Denis Sieffert et Michel Soudais
Sévère sur la victoire de Ségolène Royal et l’évolution du PS, l’ancien ministre Jean- Luc Mélenchon soutient la tentative d’union de la gauche antilibérale, à laquelle travaillent déjà ses amis de PRS au sein des collectifs. Peut-il être le candidat qui incarnera ce rassemblement en 2007 ? S’il ne dit pas « oui », le sénateur de l’Essonne n’exclut pas non plus cette hypothèse.
La désignation de Ségolène Royal est-elle un événement banal dans l’histoire de la social-démocratie française ou marque-t-elle un changement de nature ? Jean-Luc Mélenchon : C’est un changement d’époque. Aucune formation politique ne pourra l’ignorer. Car cela découle de changements fondamentaux dans le champ politique lui-même. Le cadre de
Est-ce qu’on peut charger cette désignation d’un contenu politique dans le sens de plus de libéralisme ?
Absolument. Qu’ils le veuillent ou non, les vainqueurs participent d’un processus politique qui renforce les bases du libéralisme : peu pour la loi, tout pour le contrat ; adieu
Le schisme au sein de la gauche française entre une gauche qui se veut encore antilibérale et le parti socialiste ne s’est-il pas aggravé ?
C’est le risque majeur du moment. Il existe au PS des gens dont la stratégie toujours pensée, jamais dite, consiste à organiser un partage des rôles entre une gauche de gestion et une gauche de protestation. La gauche de gestion se trouvant incapable à elle seule d’atteindre la majorité, il lui faudra alors trouver des alliés disponibles ailleurs. Pour cela, il faut en face un autre pôle de gauche qui accepte cette coupure et joue le rôle de la protestation impuissante. Il faut absolument empêcher cela. C’est la raison pour laquelle je me suis battu pour l’union des gauches sans exclusive. J’ai compris chemin faisant que l’union serait déséquilibrée avec un PS tout puissant et une poussière de partis autour. Il faut donc une candidature commune de l’autre gauche.
Cette évolution laisse-t-elle encore une place au PS à des gens qui, comme vous, considèrent que le « non » est un acte fondateur ?
Le PS a tendance à régler la contradiction entre le « non » et le « oui » de manière nombriliste. Il s’agirait de la dépasser entre gens de bonne compagnie comme si c’était une querelle de bornage de territoire. C’est risible. Il y a une décision du peuple français. Comment prendre en compte son vote et s’appuyer dessus pour modifier la donne dans toute l’Europe ? Si on ne le fait pas, la course de vitesse avec l’extrême droite sera perdue. Dans tous les pays d’Europe, l’extrême droite est en progression. Ce n’est pas un débat abstrait. Une catastrophe politique concrète est en marche. Est-ce que des gens comme moi ont leur place au PS ? Apparemment, oui. Tout le monde peut acheter une carte au PS. Soixante-dix mille personnes ont adhéré au PS et sont venues voter. Personne ne n’est soucié de les former ni de leur donner un vocabulaire de référence commun. On a vérifié leur identité, pas leurs convictions. Ce parti est devenu tellement froid ! Depuis trois ans, je n’ai jamais eu de rencontre avec le Premier secrétaire autrement qu’à ma demande, même aux pires moments de conflit. Des entretiens toujours courtois, amicaux, souvent plaisants, mais n’ayant aucune espèce de conséquence politique particulière. Tout est rapport de force. Voyez Ségolène Royal après sa victoire. Dans le discours officiel : « Aidez-moi, j’ai besoin de vous. » Aux médias, le message à transmettre aux perdants, qui ont attendu cinq jours sa réponse à leur coup de fil, cette phrase incroyable : « Avec ce résultat, il n’y a pas besoin de réconciliation. Il n’y a besoin de négocier avec personne. » C’est en effet une autre façon de faire de la politique.
Vous avez été le seul au PS à garder le contact avec cette « autre gauche ». Comment en percevez-vous l’évolution ?
Cette autre gauche s’est extraordinairement homogénéisée, sans que pour autant les groupes qui la composent se soient dilués. Elle a des référents communs, avec des mots qui sont souvent les mêmes concernant la critique du libéralisme ou du nouvel âge du capitalisme, avec aussi quelques fondamentaux de ce que pourrait être une politique alternative. Elle s’est également homogénéisée sur l’idée que c’est dans une synthèse qu’elle pourrait jouer la grande partie. Jusqu’au référendum, elle doutait d’elle-même et, au fond, s’accommodait d’un rôle de témoignage d’autant plus sympathiquement accueilli qu’il était impuissant. Avec le référendum du 29 mai, cette autre gauche a goûté à la victoire et découvert qu’elle était aussi capable de l’emporter. Il lui reste à accomplir une rupture culturelle : accepter l’idée qu’une synthèse entre ses composantes n’est pas déshonorante, qu’elle peut accéder au pouvoir et doit s’y préparer.
Y a-t-il un avenir possible au sein de cette « autre gauche » pour des socialistes comme vous ?
J’y ai toujours été bien accueilli, parce que mon raisonnement est d’une pièce. Et je demande que chacune de ses étapes soit examinée et discutée au lieu qu’il soit raillé sottement, comme le font certains dans les deux gauches. Un seul parti peut-il gagner seul contre la droite ? Non. Dès lors, comment faire gagner la gauche ? Jusqu’à présent, et sauf avis contraire, la clé, c’est le rassemblement. De toute la gauche. Donc le PS et l’autre gauche. Mais il ne s’agit pas seulement d’additionner des patrimoines électoraux, mais de créer une dynamique. Pour cela, il faut que l’autre gauche parvienne à une candidature unique. Raison pour laquelle il n’y a pas de contradiction à dire qu’on veut l’union de toute la gauche sans exclusive et que l’on est partisan de l’union de toute l’autre gauche autour d’une candidature commune. C’est ce que j’appelle l’union dans l’union. Allons plus loin : l’idéal, c’est un gouvernement de toute la gauche. Mais, au minimum, c’est un accord général de désistement. Donc une forme de compétition électorale qui le rende possible. Dans les deux sens, bien sûr. Ensuite, un groupe parlementaire a beaucoup de cordes à son arc pour agir. Le choix n’est pas aussi binaire que le croit
Lire la suite dans Politis n° 928
Communique de PRS
Un constat général
La désignation de Ségolène Royal au PS et l’incapacité pour les collectifs de trouver un candidat déséquilibre gravement la gauche. Or la gauche n’a de chance de battre la droite que si elle est équilibrée. On sait en effet qu’un PS conduit par Ségolène Royal accompagné de poussières antilibérales entraînerait ou bien un phénomène de dispersion donnant lieu à un nouveau 21 avril ; ou bien une déportation franche du PS vers la droite. Dans les deux cas, la victoire de la gauche semble compromise parce qu’à chaque fois l’union de la gauche est impossible.
PRS se bat pour l’union de la gauche,
L’intérêt de la gauche réclame que la gauche des ruptures s’identifie clairement pour les prochaines échéances par un candidat unique.
Il faut oeuvrer pour que le PS n’aille pas au bout de la ligne sociale libérale qu’il s’est fixé. Il faut donc qu’une dynamique existe qui le retienne : c’est la dynamique antilibérale à gauche. Cette dynamique existera s’il existe un candidat, car les collectifs ont une stratégie et un programme,
y compris pour ceux qui ne trouveraient pas dans la candidate du PS la réponse à l’état d’urgence social et politique qu’ils subissent chaque jour.
Pour que cette représentation soit efficace, il faut que cette gauche des ruptures se réalise politiquement ; c’est-à-dire qu’elle ait des représentants susceptibles de fournir à notre peuple un véritable choix.
Dans l’immédiat et dans la perspective des présidentielles, les collectifs recherchent un candidat unitaire qui représente un point d’équilibre entre toutes les forces du rassemblement antilibéral.
La candidature idéale est, selon les collectifs, celle qui « symbolisera l’unité du rassemblement, portera le programme décidé en commun et partagera les perspectives de rassemblement durable ».
Pour l’heure, il semble qu’aucun des candidats déclarés ne parvienne à rassembler toutes les forces. Les tensions actuelles démontrent que l’accord n’est pas fait au sein des collectifs locaux comme au sein du collectif national, pour désigner ce candidat
PRS agit et continuera d'agir pour faciliter l'Union de la gauche:
1) Conformément à l’intérêt de la gauche, les collectifs antilibéraux doivent trouver un candidat unitaire. Donc PRS fera tout pour qu’un candidat émerge.
2) Conformément à l’intérêt de la gauche, il faut que le candidat permette le rassemblement de la gauche sur une ligne antilibérale aux deux tours de l’élection présidentielle. Donc le candidat doit porter clairement une ligne d’union sans exclusive à gauche au deuxième tour.
3) . Notre ligne directrice reste celle de l’union dans l’union : le rassemblement de la gauche des ruptures n’est pas contradictoire avec l‘exigence d’une union sans exclusive pour battre la droite au deuxième tour. Au contraire, la mise en échec de l’« autre gauche » entraînerait une spirale d’impuissance et de sectarisme. Nous disons à l’inverse, comme Jean-Luc Melenchon à Montpellier « que le peuple arbitre entre les différentes orientations politiques qui sont présentes à gauche. Et que cet arbitrage une fois rendu, nous ayons la sagesse d'accepter ensuite de nous rassembler pour battre l'adversaire. Mais que le peuple tranche d'abord, et qu'il puisse le faire en toute connaissance de cause ».
4) En vertu de la configuration de la gauche actuelle, le PCF détient la clé du problème parce qu’il est la force la plus importante du rassemblement antilibéral et aussi parce qu’il a présenté la candidature qui recueille le moins d’adhésions en dehors de ses propres militants. Le retrait de José Bové n’a entraîné le retrait d’aucune force politique. Le PCF ne doit donc jamais être écarté du processus. De plus, aucune campagne présidentielle ne pourra être menée sans le PCF : il apporte aux collectifs les moyens logistiques, la force de frappe indispensable en nombre de militants pour mener campagne, les signatures nécessaires pour que cette candidature puisse voir le jour.
5) Les militants de PRS ne feront campagne contre aucun des candidats en présence – toutes les candidatures sont légitimes. PRS n’interviendra donc sûrement pas contre Marie-George Buffet puisque PRS n’est pas hostile aux partis, bien au contraire. PRS développe l’idée que l’action militante doit être organisée pour développer sa capacité d’entraînement de la population, c’est-à-dire pour remplir son rôle d’éducateur du peuple.
6) PRS se propose de jouer un rôle de trait d’union dans toute la gauche et de trait d’union au sein des collectifs unitaires.
Discours de Jean Luc MélenchonPRS se tourne vers les collectifs anti libéraux(l'Humanité du 21/11/06)
Jean Luc Mélenchon participait vendredi 17 novembre au meeting de rassemblement antilibéral de gauche à Montpellier
Le discours de Jean Luc Mélenchon


José Bové, Marie-George Buffet et Clémentine Autain ont pronostiqué la présence de la gauche antilibérale au second tour de l'élection présidentielle,
vendredi soir lors d'un meeting à Montpellier, en présence du sénateur PS Jean-Luc Mélenchon.
"Nous sommes 4.000 personnes ce soir et la campagne n'a pas commencé, la dynamique que nous avons lancée, personne n'y croyait, mais on est
en train de gagner ce pari", a souligné le leader altermondialiste José Bové, qui aspire, comme Mme Buffet, secrétaire nationale du PCF, à porter les couleurs d'une gauche antilibérale unitaire en 2007.
"On n'est pas contraint de perdre, on a décidé de passer de la résistance au pouvoir", a ajouté M. Bové selon lequel "la gauche sera obligée de se désister au second tour pour nous".
"Nous pouvons être majoritaires, nous pouvons le faire, se fixer l'objectif d'une nouvelle majorité de gauche", a dit de son côté Marie-George Buffet.
"Les 22.000 ouvriers menacés de licenciement ne peuvent pas attendre, on a besoin de la régularisation des sans-papiers, d'un service public de l'habitat et du logement",a poursuivi Mme Buffet.
Clémentine Autain, adjointe (app. PCF) au maire de Paris chargée de la jeunesse, a égratigné la "blairisation" des socialistes, tandis que le maire PC de Saint-Denis, Patrick Braouzec, a estimé que le collectif "a la responsabilité de réussir" et sera peut-être "la seule vraie surprise du scrutin".
Après avoir souligné "sa position assez singulière", le sénateur PS de l'Essonne et partisan de Laurent Fabius Jean-Luc Mélenchon, a "souhaité le succès de cette démarche et qu'elle aboutisse à une candidature unique" car il serait, selon lui, "inenvisageable de croire qu'à lui seul,
le parti (socialiste) pourrait avoir la majorité". "Si vous vous laissez transformer en poussière additionnelle, vous aurez réglé la sortie par laquelle vous passerez ensuite", a-t-il averti à l'adresse des responsables du collectif antilibéral.
"Il n'y a pas de contradiction à vouloir cette candidature commune et à vouloir l'unité de toute la gauche", a lancé M. Mélenchon, en concluant:
"Nous sommes capables de réinventer la gauche".
Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de suivre en direct le meeting
au Mans qui s'est déroulé le 6 novembre ,
Pour ceux qui souhaitent tout simplement revivre cet événement
important pour la gauche ,
il vous est possible de visionner toutes les interventions
des responsables du collectif antilibéral .
Christian Martin ,Claude Debons,René Revol , Marie George Buffet, Eric Coquerel,José Bové, Francine Bavay,Claire Villers, Christian Piquet,Clémentine Autain, Jean Jacques Boislaroussie, Patrick Braouzec, Yves Salesse,Brigitte Haudebourg Il vous suffit de cliquer sur le lien ci_dessous.


VOUS INVITE A PARTICIPER A UNE REUNION DE PREPARATION (brasserie située Avenue Foch, face à la gare à Dijon) L’ordre du jour de cette réunion sera :
La rédaction d’un tract pour populariser notre démarche, et la décision des dates et lieux de diffusion sur Dijon :entreprises, marchés …) Discuter et approfondir le programme qui sera porté dans les campagnes présidentielle et législatives (programme qui a été élaboré et discuté lors de la réunion nationale des collectifs , les 14 et 15/10 ) Débattre de la candidature commune pour les présidentielles à partir des critères (décidés nationalement lors de la réunion des 14-15 octobre) : pas de personnalité providentielle qui jouerait du vedettariat médiatique, la candidature devra symboliser l’unité dans la diversité et garantir que « notre rassemblement sera durable », elle devra porter l’ambition de cette nouvelle construction politique et le contenu du programme dans une campagne populaire et citoyenne, elle devra disputer le terrain au bipartisme, elle devra être « la plus crédible pour parler au peuple de gauche et au peuple tout simplement et pour ouvrir l’espoir d’une victoire ». Une prochaine réunion nationale des collectifs le 09-10 décembre devrait permettre de fortement avancer le débat et probablement de décider de notre candidature, la personne choisie portant la campagne à égalité avec une personne de chacune des organisations membres du collectif. Les candidats à la candidature sont : Clémentine Autin, José Bové, Patrick Braouzeck, Marie-George Buffet et Yves Salesse Poursuivre notre travail de réflexion , toujours dans cette démarche unitaire, des futures candidatures aux élections législatives qui suivront celle de la présidentielle . Nous espérons vivement la plus grande participation à cette réunion afin de développer le rassemblement le plus large possible et pour décider ensemble des choix à faire pour notre avenir. Union pour la réalisation de nos projets .
Une bonne droite mérite une bonne gauche .....! UNE VERITABLE AMBITION POUR LA FRANCE Rejoignez nos collectifs : ou signez l'appel en cliquant sur le sigle
ET DES CANDIDATURES COMMUNES
le Mardi 7 Novembre 2006 à 18 h 30 , au Bureau ,1 er étage
envoyez ce bulletin au Comité 21 pour un Rassemblement Antilbéral, BP 62 , 21160 Marsannay la Côte
Nom.............................................Prénom............................... Tel :................................Email.....................................
Adresse............................................................................................................................................................................
La gauche doit défendre la carte scolaire
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se sont prononcé tout deux pour la suppression ou l’assouplissement de la carte scolaire. La prise de position du président de l’UMP n’est pas une surprise : elle confirme la radicalisation libérale et réactionnaire de la droite (voir ci-dessous). Celle de Royal ne peut en revanche que surprendre. Une telle mesure contredirait en effet toutes les valeurs de la gauche. Du coup, Villepin a pu s’immscer dans ce débat en se posant en garant des principes républicains… tout en proposant à son tour de remettre en cause ce principe fondateur de l’école pour tous. On comprend que nos concitoyens puissent être déboussolés et se demander quoi penser et quoi faire de la carte scolaire ?
Maintenir à tout prix la carte scolaire La carte scolaire garantit d’abord la non concurrence entre établissements. Laisser les parents choisir l’établissement scolaire de leurs enfants conduirait en effet à introduire une logique de marché dans le système éducatif. Avec des consommateurs (les parents et accessoirement leurs enfants) et des fournisseurs de services scolaires en compétition pour en attirer le plus grand nombre possible. C’est le modèle que défendent les libéraux partout dans le monde. Les conséquences seraient pourtant désastreuses. D’abord, la concurrence aggraverait les inégalités. Les établissements les plus cotés recevraient en effet un afflux de demandes et pourraient en conséquence sélectionner les élèves… rejetant les moins bons dans des établissements dont le niveau baisserait dramatiquement. Il y aurait constitution systématique de ghettos scolaires. La liberté de choix est donc un double leurre. Les parents qui croient pouvoir soustraire leurs enfants à un collège qu’ils considèrent comme moins bon seraient déçus deux fois. D’abord plus la liberté serait grande, plus la concurrence serait vive et plus leur progéniture risquerait d’être refusée dans le collège d’élite auquel ils aspirent. Ensuite, ils seraient contraints dans ce cas de l’inscrire dans un établissement amputé de ses meilleurs élèves, dont le niveau connaîtrait du coup une très forte dégradation. Triste bilan ! Par ailleurs, le libre choix suppose d’être bien informé, et même quasi initié… ce qui n’est pas à la disposition du plus grand nombre et surtout pas dans les catégories populaires. La ségrégation scolaire serait pour beaucoup une ségrégation sociale. Ensuite, la concurrence pousserait à la différenciation. L’étape suivante après le soi-disant « libre choix » de l’école par les parents serait le libre choix par les proviseurs des programmes et des enseignants. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans le privé, contraint de différencier à outrance son offre pour survivre, de développer des politiques commerciales et publicitaires coûteuses et donc de rechercher sans cesse des investisseurs (collectivités locales, entreprises, églises) capables de les financer. Si le public lui emboitait le pas, c’en serait fini de la mission de creuset républicain de l’école, avec les mêmes programmes et les mêmes enseignants sur tout le territoire. Enfin, la concurrence entraînerait désorganisation et gabegie. Il serait impossible de programmer un financement public national si l’Etat était rendu incapable de prévoir les besoins de scolarisation (combien d’élèves à quel endroit, dans quelles disciplines…). On aurait des classes vides d’un côté, des sureffectifs imprévus de l’autre, en fonction des mouvements panurgiques de parents souvent guidés par la rumeur, avec des coûts exorbitants pour la collectivité et de réels dangers pour l’économie productive du pays qui serait victime de l’illisibilité des formations et d’une baisse des qualifications du plus grand nombre. Lutter contre les contournements
La carte scolaire, c'est-à-dire l’obligation de scolariser ses enfants dans un établissement en fonction de sa résidence, est née avec la création du collège dans les années 1960. Ce n’est pas une lubie bureaucratique de l’éducation nationale mais la condition de l’accès égal de tous à l’enseignement.
Curieusement personne n’a vraiment défendu jusqu’ici l’hypothèse pourtant la plus évidente dans ce débat : si la carte scolaire ne parvient pas toujours à assurer l’égalité, c’est parce qu’elle est contournée, en particulier en Ile-de-France. C’est donc en s’attaquant à ces contournements que l’on résoudra le problème et non comme on l’entend en donnant raison à ceux qui trichent. Ce raisonnement est aussi fou que celui qui justifierait la suppression de l’impôt sur le revenu au motif qu’il y a des fraudeurs. Mais c’est somme toute assez logique dans la mesure où les principaux émetteurs de ce débat (médias, hommes politiques libéraux et sociaux-démocrates, experts) appartiennent tous ou presque aux mêmes couches sociales, qui sont précisément celles qui contournent à outrance la carte scolaire. Ce n’est pas un hasard si les records de triche ne sont pas atteints dans les départements les plus déshérités (comme le 93 ou le Nord) mais dans les zones les plus aisées (Paris) où les réflexes de défense sociale contre les classes dangereuses sont les plus forts, et pas toujours les plus justifiés. Dans cette logique de ségrégation, on trouve toujours, même entre gens aisés, un plus pauvre que soit dont il faut se distinguer et se séparer. Paris en est l’exemple le plus emblématique puisqu’elle connaît à la fois une boboïsation fulgurante et un emballement des fraudes à la carte scolaire (atteignant le record de 50 % selon certaines estimations). Délibérément enfouie dans ce débat, la principale source de contournement de la carte scolaire réside dans le développement soutenu de l’enseignement privé depuis 20 ans. Même s’il n’est pas le seul responsable du déraillement du système, sa croissance a accéléré dans beaucoup d’endroits la polarisation sociale des établissements scolaires. En entretenant un véritable cercle vicieux. Car à mesure que s’étend l’hémorragie vers le privé des « bons élèves » ou de ceux dont les parents sont les mieux informés ou fortunés, les établissements publics les plus en difficultés s’enlisent encore plus dans leurs problèmes. Un des principaux vices de l’enseignement privé est qu’il peut en effet trier ses élèves à son gré, selon leurs résultats scolaires ou le profil des familles. Avec des méthodes très subtiles de sélection occulte comme l’éject