Die linke en ordre de bataille

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Le nouveau parti de gauche s'est donné une feuille de route pour affronter une période riche en importantes échéances électorales

(Allemagne), .
Les quelque 550 délégués du premier congrès de Die Linke ont adopté ce week-end à Cottbus une feuille de route destinée à confirmer les succès enregistrés lors des dernières élections régionales qui lui ont permis de franchir la barre sélective des 5 % dans 4 Liinder de l'ouest du pays et d'acquérir ainsi une dimen¬sion véritablement nationale. «Nous ne saurions nous repo¬ser sur ces victoires. Il nous faut maintenant les confirmer et les amplifier », ont souligné à tour de rôle les principaux diri¬geants du parti en pointant les prochaines échéances qui se profilent à la fin de l'année en Bavière, puis surtout en 2009 (élections européennes en juin et renouvellement du Bundes¬tag en septembre).
Le parti issu de la fusion, il y a un an, du Linkspartei-PDS, de Lothar Bisky, et de l'Alter¬native électorale (W ASG), d'Oskar Lafontaine, compte désormais 73500 adhérents (+ 2500 par rapport à 2007). Comment renforcer encore sa dynamique? Le congrès a adopté une motion directive plaidant pour « une autre poli¬tique » qui pointe les grandes lignes des batailles à dévelop¬per. Il revendique immédiate¬ment l'adoption d'un « pro¬gramme d'investissement pour l'avenir »de 50 milliards d'eu¬ros par an, dirigé principale¬ment vers la formation, la santé, l'environnement et le dé¬veloppement des services so¬ciaux. Il décide de poursuivre la campagne entamée pour l'instauration d'un salaire mi¬nimum légal « de 8 euros de l'heure comme en France »et de lancer une vaste action contre la réforme des retraites qui envisage de porter l'âge légal de départ à 67 ans et a d'ores et déjà provoqué« l'ap¬parition massive de la pauvreté parmi les seniors ».
Sans surprise les délégués ont réélu quasiment à l'iden¬tique leurs organismes de di¬rection sortants, composés presque pour moitié de membres des deux ex-partis. En fonction du même principe, Lothar Bisky (83,3 % des voix) et Oskar Lafontaine (78 %) ont été reconduits à la présidence bicéphale de la formation. Ils se sont employés à surmonter les craintes apparues dans les rangs du parti ces derniers mois, provoquées en particu¬lier par l'absence persistante de programme, les . conditions d'une éventuelle participation gouvernementale ou encore le poids pris dans le parti par l'ex¬président du SPD,jugé exorbi¬tant par certains militants.
Dans un discours très combatif, Oskar Lafontaine a renvoyé les reproches sur l'absence de substance du parti en brandissant devant la salle le dépliant du pro¬gramme en 100 points élaboré par le groupe parlementaire de Die Linke au Bundestag.

Parmi les axes de bataille qu'il a énumérés, il s'est lon¬guement attardé sur la crise financière. « Qui entend pré¬senter un projet politique de gauche moderne doit se confronter à cette question car elle est décisive aujourd'hui », a-t-il lancé en avançant une douzaine de propositions de « régulation des marchés fi¬nanciers ». Parmi lesquelles l'interdiction des hedge fonds (fonds hautement spéculatifs),
la réintroduction du contrôle des flux de capitaux, la mise en place d'une taxe de type Tobin ou encore la taxation des reve¬nus boursiers « comme cela se pratique, justifie-t-il, dans d'autres pays européens ».
Malgré ses talents de tribun, Lafontaine n'est pas parvenu a emporté complètement la conviction des délégués. Au soir du congrès plusieurs controverses restent sous¬jacentes. Ainsi Wolgang, venu de Thuringe, déplore des orientations générales en forme de « plus petit dénomi¬nateur commun » sur des poli¬tiques redistributives « qui portent, dit-il, la marque de la social-démocratie tradition¬nelle (celle du SPD de jadis avant les dérives néolibérales impulsées par Gerhard Schro¬der ~ NDLR) ». Ce qui, à ses yeux, n'est« pas suffisant pour
lffronter les défis du dépasse nent du capitalisme financia 'isé en crise ». Sur le mêm hème mais dans un sens dia nétralement opposé, d'autre :ritiques, venues, elles, de l'ail lroite du parti rassemblé lans un « forum du socialism lémocratique », reprochent J, nanque de pragmatisme d nesures qui seraient « diffici ement finançables ».
«Les différences d'approch ont une force du parti », avai ndiqué Lothar Bisky dans sOl tllocution. Tout en prévenan outefois que la nécessair, :onfrontation d'idées ne devai JaS se muer « en combat d, ranchée entre différents cou antsidéologiques ». C'est san toute aussi là une condition es entielle pour que le parti mul icolore puisse se mettre com )lètement en ordre de bataille
Bruno Oden

Article l'Humanité du 27 mai 2008


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